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Regis @18

TeleramaJ’ai très exceptionnellement acheté Télérama qui aime en général ce que je n’aime pas, et réciproquement. Il y avait un article sur l’émission A vous de voir dans laquelle je parle de mes engagements féministes et LGBT et de déficience visuelle. Avant de faire circuler le magazine, je l’ai feuilleté et suis tombée sur un article très intéressant sur la laïcité, lala. J’en ai notamment retenu cette analyse de « l’historien et sociologue Jean Baubérot », que je ne connais pas.

« La confusion ambiante vient du fait que deux laïcités se sont superposées dans notre pays : « La première fonctionne de façon immergée, silencieuse : il s’agit de toute la jurisprudence issue de la loi de 1905, qui permet à chacun d’exercer sa religion dans le calme et la sérénité. La deuxième, émergée, bruyante, fait débat : il s’agit d’une nouvelle laïcité, très différente de celle de 1905. Alors que la loi de séparation assurait la neutralité de la seule puissance publique, celle-ci cherche à étendre la neutralité à la société tout entière. »

Moi qui ai toujours été très mal à l’aise sur la question du voile et du port de tout signe religieux « ostentatoire » dans l’espace public (les croix très voyantes et autres kippas m’ont gênée bien avant l’apparition des voiles musulmans), je me suis retrouvée un peu perplexe. Je n’ai ainsi jamais tranché la question du port du voile, laissant au législateur sa responsabilité, considérant que mon malaise manquait peut-être de fondements politiques pour qu’il se transformât en combat.
Ne trouvé-je pas dans cet article l’argument qui me manquait pour accepter que porter un « signe religieux » dans l’espace public ne fût pas contraire à la laïcité si tant est que ce port ne fût pas assimilable à du prosélytisme ? Si tant est que… Là est tout le problème, ce me semble. Autrement dit, les trois jeunes femmes tout de noir vêtues qui habitent au quatrième vivent-elles leur religion ou font-elles (délibérément ou non) du prosélytisme ? Je ne sais pas. À l’occasion, je le leur demanderai.