Charlie @3

Charlie hebdoDes bagarres, des insultes, des scènes d’hystérie consumériste collective : de quoi être révolté. Être révolté du comportement aberrant des déçus n’ayant pu acheter Charlie hebdo le jour de sa sortie en raison de ruptures de stock. Être révolté contre une mentalité qui pourrit la mobilisation collective et l’émotion. L’avoir plutôt que l’être, un vieux débat.
L’union nationale des diffuseurs de presse a réagi aux critiques en publiant un communiqué fort intéressant intitulé Lettre aux acheteurs de Charlie et non seulement à ses lecteurs tant la différence est de taille, par le profil des uns et des autres, mais aussi par leur nombre respectif. Dans ce texte, il est évoqué les choix et contraintes qui ont conduit à cette situation.
Outre le nombre d’intermédiaires ayant abandonné leur commission, voire donné temps et argent, il y est évoqué un choix de la rédaction survivante de Charlie hebdo : ne pas confier à d’autres imprimeurs que le leur le travail en refusant de faire travailler d’autres sociétés « dans des conditions sociales compliquées ». Un choix cohérent avec le refus d’un mercantilisme et d’une vision libérale qui braderaient des convictions politiques sur le comptoir de vente des kiosquiers.
Un choix et le respect de ce choix, la patience plutôt que l’achat compulsif d’un produit à la mode, c’est ce qu’il faut défendre. J’espère que ces consommateurs prendront un peu conscience de l’ineptie de leur violence quand la mobilisation contre la violence reste essentielle. J’espère qu’ils liront dans Charlie autre chose que la critique d’une religion pour s’attacher à ce qui a traversé aussi Charlie hebdo : la critique d’un capitalisme inégalitaire, d’une course à la croissance aberrante, d’une instrumentalisation des humains et des animaux… J’espère.

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