Course @27

Course du ChâteauJ’ai toujours craint les chiens. Petite, j’en avais même très peur ; leurs aboiements résonnent étrangement à mon cerveau. Ils déclenchent invariablement un malaise très physique. À l’époque, nous vivions à la campagne, riche de chiens de garde plus ou moins bien dressés et de chiens errants. Adulte, j’ai vécu en ville. Cela n’empêche pas les mauvaises rencontres canines — je sais, les chiens n’y sont pour rien, ce sont leurs maîtres qui… — et, quand je me suis mise à courir, mon premier souci a été de gérer mes relations avec les canidés du quartier.
J’ai très vite remarqué que, de manière générale, je n’intéresse pas les chiens, ce qui est assez rassurant. J’ai donc pris pour habitude de ne jamais passer entre un chien et son maître, pour éviter la laisse et pour pas que le chien croie que j’en ai après son maître. Et quand le chien grogne, court avec moi, me fonce dessus ou autre, je m’arrête, planque mes mains et attends l’intervention du maître.
En général, cela suffit à me tirer d’affaire sans bobo. L’autre jour pourtant, j’ai croisé sur une passerelle trois dames de mon immeuble que je connais bien. Deux yorkshires (dont un sans laisse qui me suis toujours), un chien blanc genre bichon et le dernier, une espèce de petit cabot hargneux que sa maîtresse tient d’ordinaire en laisse serrée. J’arrivais dans leur dos. J’ai dit bonjour assez fort pour annoncer mon arrivée, la dame au chien hargneux a rembobiné prestement l’animal qu’elle avait laissé dérouler sa laisse. J’ai ralenti. Le chien fonçait sur moi pendant que la dame rembobinait et lui criait déjà dessus.
— Filou !! Filou !!
Je me suis arrêtée, reculant un peu. Le rembobinage n’a pas été assez rapide. Filou m’a sauté sur les cuisses, laissant derrière lui une douleur qui a produit une belle égratignure et un fort joli bleu. Je suis repartie à cloche-pied à reculons (je sais faire !) en désignant ma cuisse à la dame, l’air contrarié ; je n’ai pas vu sa réaction.
Le lendemain, je raconte l’histoire à une voisine dont le yorkshire adore entrer chez moi quand il en a l’occasion. Son verdict a été sans appel.
— Il a eu peur !
Mes fesses, oui !!

5 réflexions sur « Course @27 »

  1. Cécyle Auteur de l’article

    Ce matin, j’ai croisé la dame à Filou. Elle attendait au feu. J’en ai profité, après que Filou ait encore cherché à me labourer la cuisse, pour lui dire qu’il m’avait laissé un joli bleu.
    — Je veux bien vous croire ! Il est comme ça. J’essaie de le tenir en laisse serrée mais des fois…
    S’il est « comme ça »… Sacré Filou !

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Elle m’a expliqué aussi que le toutou avait été adopté dans un refuge et qu’il avait vécu dans la rue. C’est vrai que ça marque, la rue; Et elle est si gentille la dame… J’ai qu’à courir plus vite ! 😉

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