Commémoration @11

plaqueDans mon fil d’actualité Facebook, il y a la page d’Anne Hidalgo. Rien de politique… Je trouvais son photographe de campagne assez remarquable. Il semble qu’elle n’utilise plus ses services, je suis donc obligée de lire les infos qu’elle relaie sur ce canal. Et c’est ainsi que je découvre, samedi 18 octobre 2014, cette information : « J’inaugure aujourd’hui la plaque honorant la mémoire du dernier couple exécuté parce qu’homosexuel. Le 4 janvier 1750, Bruno Lenoir et Jean Diot étaient arrêtés avant d’être condamnés à mort, pour être exécutés quelques mois plus tard. C’est bien à Paris que cette infamie a eu lieu et c’est à Paris que nous affirmons aujourd’hui que plus jamais notre ville n’acceptera la moindre forme d’homophobie. (…) »
C’est chouette, non, que Paris dépose une telle plaque ? Oui, c’est chouette mais une chose me surprend : « la mémoire du dernier couple exécuté parce qu’homosexuel ». Est-ce le « couple » qui a été condamné ou les deux personnes le composant ? Quand j’ai vu l’info, je partais un peu à la bourre pour l’Existrans. J’ai posé la question autour de moi. J’ai eu des réponses évasives de type « oui, c’est bien le couple qui a été condamné », personne, en fait, semblant entendre le fond de ma question. En rentrant le soir, j’ai remarqué que Illico reprenait la même expression avec ce titre « Il y a plus de 250 ans, la dernière exécution d’un couple homosexuel à Paris », d’autres sites et média reprenant à l’identique.
J’ai donc bandé l’œil et lu la plaque : « (…) Bruno Lenoir et Jean Diot condamnés pour homosexualité (…) ». Le pluriel à « condamné » indique donc bien qu’il s’agit de chacun d’eux et non du couple qu’ils formaient au moment de leur arrestation. Quelques recherches plus loin, j’ai confirmation que les deux hommes ont été arrêtés alors qu’ils forniquaient, ce qui n’en fait pas un « couple » au sens où on l’entend aujourd’hui et que c’est bien chacun d’eux qui a été condamné pour « crime de sodomie » (tout est ).
Je trouve particulièrement déplacé que madame la maire communique ainsi sur un versant « couple » pour nous faire entendre « amour » là où il est question de sexe, de sodomie très exactement, semble-t-il pratiquée en pleine rue. Quel déni ! Il devient urgent de réaffirmer que l’homosexualité est une forme de sexualité à part entière qui a, entre autres, le bonheur de se nourrir de lieux interlopes. Alors bien sûr que le sexe et l’amour peuvent faire bon ménage mais il n’est pas moins injuste d’être condamné à mort et exécuté parce que l’on se faisait un petit orgasme par trou du cul interposé que parce que l’on s’aimait. Ce déni renaissant de la sexualité homosexuelle nous replonge quarante ans en arrière, quand le mouvement homosexuel voulait « jouir sans entraves ». Maintenant, on ne jouit plus, on se couple. Quelle tristesse !

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