Pucer @16

Saint JosephAu manque de zèle peut parfois s’opposer des excès de zèle assez surprenants…
Je suis allée à l’hôpital Saint-Joseph faire un examen. Je connais l’endroit. On passe une porte et l’on arrive devant un comptoir convexe découpé en quatre guichets. À main gauche contre le mur, un écran tactile où l’on choisit son ticket d’appel. Des chaises tout autour pour attendre, et des écrans suspendus. Je ne lis aucun des écrans, même en position debout. Je choisis donc d’arriver avec ma canne blanche afin de me simplifier la vie.
J’entre, je m’arrête à côté de l’écran tactile. J’attends. Très vite, de derrière le guichet, une agente m’interpelle.
— Choisissiez un ticket !
— Excusez-moi, je ne lis pas l’écran.
— Oh ! Pardon, je n’avais pas fait attention !
Elle se précipite, prends mon ticket, m’installe sur une chaise.
— On va venir vous chercher.
Quelques minutes plus tard, un agent sort de derrière le guichet et vient vers moi. Il prend mon ticket.
— Vous avez quel numéro ? S315. Je viens d’appeler le S314.
Il repart en me rendant mon ticket. J’entends le bip indiquant que le numéro a changé. Il ressort de derrière le guichet et viens me chercher.
— Voilà. S315. C’est à vous !
Ne pouvait-il pas m’emmener la première fois et s’économiser cet aller-retour en changeant le numéro quand nous serions installés ? Il aurait pu. Il ne l’a pas fait. La seule explication que j’y vois est que les procédures sont si figées, codifiées, pour éviter la contestation, j’imagine, que cet agent les a suivies à la lettre quitte à se retrouver dans une posture bien surprenante, presque ridicule. C’est cela la robotisation des agents publics ? Je le crains.

 

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