Agit-prop’ @10

Atomkraft ? Nein danke !Quand je lisais Le Gueule ouverte, il y a… trente-cinq ans, il était beaucoup question de nucléaire. Plogoff. Tricastin. Marcoule. Creys-Malville… la belle époque des constructions à tout va ! Et j’ai rencontré sur le plateau du Larzac en 1980 des militants revenus de Gorleben, une action de résistance qui a marqué la fondation des Grünen. « Atomkraft ? Nein danke. » J’aimais le slogan sonner en langue allemande et je me souviens combien j’ai pesté ne pas pouvoir me rendre à Plogoff. J’avais 17 ans, donc encore mineure ; j’avais pu négocier le Larzac avec maman, la Bretagne était trop loin.
À l’époque, dans mon souvenir (ce qui n’est donc pas vérité), nous luttions contre le nucléaire parce qu’il était le symbole du système militaire-industriel et nous des militants avant tout pour une alternative non violente, donc antimilitaristes. L’atome ne nous faisait pas peur. On le considérait même comme une énergie propre. Par contre, nous dénoncions l’implication de l’armée, et dans l’utilisation du nucléaire, et dans la création de zone civile militarisées pour assurer la sécurité des centrales.
C’est tout du moins ainsi que j’interprétais le sens de « nos luttes ». J’imagine volontiers que d’autres considéraient l’atome comme intrinsèquement dangereux mais ce n’était pas ma position. Je n’ai ainsi jamais été une opposante radicale au nucléaire. J’avais confiance en nos ingénieurs et scientifiques pour le domestiquer. Pour les déchets, par exemple, je me souviens de la « vitrification » comme étant la solution idéale à défendre face à des solutions moins chères proposées par EDF.
Vous allez sans doute me trouver crédule mais, dans les années 70, on avait majoritairement une si forte croyance en la science capable de rendre le monde meilleur. On rêvait de « l’an 2000 » comme d’un apogée où la science aurait tout rendu simple tout en dénonçant les dangers de « big brother ». Dans ce contexte, l’ennemi était l’armée, bras armé de l’État, institution par nature vouée au totalitarisme, pas l’atome. Au fil des ans, ma positon a changé, forcément, mais je garde toujours au fond de moi cette idée que l’atome n’est pas un problème scientifique, plus un problème idéologique, voire financier.
Et le 30 juillet dernier, j’ai regardé un reportage sur Arte sur le démantèlement des centrales nucléaires. Et là, qu’est-ce que j’apprends ? Qu’il n’existe pas de solution technologiquement viable pour le traitement des déchets et leur stockage en toute sécurité ? J’en suis abasourdie. La science a failli. Ma jeunesse serait-elle définitivement révolue ? J’espère quand même que non !

 

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