Régis @16

Le condamné à mortMa maman m’a appris un mot, il y a quelque temps, « synchronicité ». Le Grand Robert ne le connaît pas et propose « synchronie » (« Représentation d’événements considérés comme simultanés. ») Antidote, par contre, propose pour « synchronicité » « Caractère d’un évènement symbolique qui se produit à un moment significatif dans la vie d’une personne. » C’est bien ce que j’en avais retenu, l’idée d’une synchronie qui produit du sens (maman est psychanalyste, alors, forcément). On peut dire aussi coïncidence, lui conférer ou non un caractère magique, divin. Il s’agit en fait de relever ou non tous ces « hasards » qui donnent un sens particulier aux choses. L’opération est très subjective, bien sûr. Je suis sujet, donc subjective, vous l’aurez remarqué. Et ce matin… (le 24 juillet 2014).
J’écris un billet pour la Cocotte enchantée (oui, je vous confirme que j’en suis le scribe) ; elle évoque l’agonie de deux heures de Joseph Wood lors de son exécution sur décision de justice. Et au moment même où j’écris le mot « condamné », les doigts déjà en route pour saisir « à mort », ma playlist lance, à la fraction de seconde près, La douceur du bagne, extrait du Condamné à mort, de Genet, donné par Jeanne Moreau et Étienne Daho. Quel bel hommage ! J’en suis émue.
Et si vous n’avez pas lu Le Condamné à mort, je vous invite à profiter de l’occasion, que la chaîne continue pour accompagner tous ces condamnés à mort que l’humanité s’obstine à exécuter au péril de ce qui la fonde. Quant à la version théâtrale de Daho et Moreau, je vous la recommande aussi !

3 commentaires pour Régis @16

  • Un petit commentaire qui apportera de l’eau au moulin de ce billet. « Synchronicité » est un terme forgé par Jung (Karl Gustav) pour exprimer une coïncidence significative ou une correspondance : « J’emploie le concept de synchronicité, dit-il, dans le sens spécial de coïncidence dans le temps, de deux ou plusieurs événements sans relation causale et qui ont le même contenu significatif ou un sens similaire, et ce par opposition à synchronisme qui indique simplement l’apparition simultanée de deux phénomènes (…). »
    ( In : Die Synchronicité als ein Prinzip a-kausale Zusammenhänge. C. G. Jung et W. Pauli. Zürich, 1952.)

  • Pascale

    Pour compléter, voir l’article de Wiki sur la Synchronicité n’est pas mal fait : ici.

    Pour Genet, le Condamné à mort est disponible ici :
    (en attendant bien sûr d’acheter le recueil 😉 )
    Pour la mise en chanson, j’aime beaucoup la version de Marc Ogeret, .
    Aussi celle des Têtes Raides (en entier), .
    Voir également l’unique film de Genet, qui n’est pas sans rapport avec le poème : Un chant d’amour (1950), autorisé à la diffusion seulement en 1975, ici

  • Cécyle

    Merci Michèle et Pascale pour toutes ces infos. Je ne suis pas fan des deux versions du Condamné à mort mais le film de Genet est magnifique ! Du désir homosexuel à l’était pur. Merci 😉

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