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Biodiversité @5

CorneilleAprès les pétards, notre quartier est secoué par une nouvelle attaque : celle des corneilles. Oui, les corneilles attaquent, d’abord une dame avec son chien, puis une autre dame avec un autre chien. On ne nous aura donc rien épargné ! Vous imaginez ? La première aurait été piquée à la jambe par le bec d’une corneille. Elle est tombée et a atterri à Saint-Jo (notre hôpital local). La seconde a eu plus de chance ; l’oiseau de malheur serait juste passé dans ses cheveux. Mais quelle frayeur ! On la comprend et la population s’empare de la chose. Une pétition circule… Une pétition ? Que demande-t-elle ?
Je l’ignore ; personne ne m’a proposé de la signer. Vu l’ambiance actuelle, considérant que ces volatiles sont aussi noirs que la majeure partie de nos lanceurs de pétards, je crains le pire. J’imagine volontiers que ces oiseaux deviennent des objets transitionnels (des copains de Petit Mouton, en version bouc émissaire) qui, par leur couleur même, sont porteurs de tous les maux du quartier, de Paris, de la France, de la Terre ! Va-t-on les chasser, les exterminer avec l’idée que l’on chassera les autres, ceux qui, si j’en crois mes voisins, « se croient chez eux » et « ne sont pas humains » quand ils crient ? Des oiseaux, donc, qui vivent loin de leur milieu naturel.
Je ne peux que m’interroger sur cette « concordance des faits » : des enfants et des adolescents qui nous pourrissent un peu la vie avec leurs cris et leurs jeux, des propos racistes et xénophobes qui fusent à visage découvert, l’absence de solution immédiate (il demeure difficile de demander ouvertement l’extermination d’enfants) et cette légende urbaine qui monte et fait de nos corneilles de méchants volatiles qui attaquent les gentilles dames avec leur chien. « Gentilles dames » ? Les deux sont Portugaises… Les Portugais ne sont-ils pas historiquement impliqués dans l’instauration de l’esclavage ?
Sacrées corneilles ! J’adore leur conscience politique !

Note : J’ai pris la photo sans voir si ce sont des corneilles ou des pigeons ; quand je suis passée là en courant la veille, c’était bien des corneilles (elles m’ont crié dessus). Mais les oiseaux, cela vole… Vous me direz.