Incyclicité @12

Passage piéton gergoMon quartier est régulièrement secoué par des explosions de pétards. Je dis « explosion » car, même de chez moi, au cinquième et avec mes fenêtres qui donnent sur une rue perpendiculaire au champ de tir, ils produisent un bruit assez effrayant. Nous tenons le compte de ces pétards avec ma-Jeanne, car ils sont le symptôme d’une dégradation de nos conditions de vie, les nuisances sonores ayant une fâcheuse tendance à s’accroître ces temps-ci, avec une exaspération en retour des riverains qui va croissante. Nous essayons d’alerter les pouvoirs publics (mairie, police, justice) avant que tout cela ne dégénère, sans trop de succès d’ailleurs, hormis auprès de la police, ce qui me désole.
Ces pétards nous valent aussi, ma-Jeanine et moi, des discussions enflammées. Je ne leur porte pas le même intérêt qu’elle, ils me dérangent donc peu même si je sursaute et jure à chaque fois. L’argument de ma-Jeanine, au-delà de l’expression de sa peur, que je partage, est de dire « il y a des gens cardiaques, des bébés, les animaux ». J’ai envie de dire « Et ? »
Je conçois que ces pétards sont de nature à provoquer un malaise mais, à ma connaissance, les facteurs de risque pour un cardiaque sont plus l’alcool, le tabac et le trop-gras-trop-salé-trop-sucré. J’ai bien dit « facteurs de risque » ; on peut succomber à un malaise cardiaque même avec une alimentation et une vie exemplaire (à l’aune des recommandations médicales) et même sans pétards. Quant aux bébés… Je ne sais pas… et que le chat de ma-Jeanine se carapate à chaque pétard ne me paraît pas un dommage majeur.
Mais c’est vrai que je n’aime ni les bébés, ni les bêtes. Je suis donc sans cœur. Ouf ! Je ne risque pas le malaise.

7 commentaires pour Incyclicité @12

  • salanobe

    C’est compliqué la vie en communauté ! C’est assez culturel, la façon d’appréhender le bruit. En France, c’est considéré comme une nuisance, en Espagne, c’est associé à la fête. Les gosses espagnols aiment bien « animer » les villes avec des mascletas, qui sont des lignes de pétards qui vont cresdendo, pour finir dans un bruit assez impressionnant. Ça, plus les processions avec tambours pour saint Bidule ou sainte Machine… C’est bruyant l’Espagne ! Mais personne n’aurait l’idée d’appeler la police, lorsque Rosita hurle par la fenêtre après ses gosses, à 23h, pour qu’ils aillent chercher 1kg de sucre chez Encarna. Il y aura toujours Maria qui lui répondra, à l’autre bout de la rue, qu’elle va lui en passer.

    • Cécyle

      J’ai vécu une bonne partie de mon enfance dans un village héraultais habité par des viticulteurs (français) et des travailleurs agricoles (espagnols et maghrébins). Il y avait un mur devant la maison, un mur où il faisait bon s’asseoir en surveillant d’un œil les enfants qui jouaient jusqu’à tard sur la place attenante. Moi, j’étais au lit à 7 heures. C’était bon de les entendre. la vie, depuis mon lit… Ceci explique peut-être cela.

  • salanobe

    Vous avez d’ailleurs écrit un très joli photocriture qui m’avait touché (plus que je ne l’aurais voulu sûrement), sur les travailleurs espagnols.

    • Cécyle

      Cela me plaît que ce texte vous ait touché. C’est un souvenir très fort pour moi, de ceux qui forgent mon humanité.
      Le revoici.

      • salanobe

        Ah ! Merci. J’aurais eu du mal à le retrouver. J’aimais bien les Photocriture.

        • salanobe

          Je les aime toujours d’ailleurs mais comme vous n’en publiez plus de nouveaux…

          • Cécyle

            Merci ! 😉
            L’exercice de style devenait périlleux à tenir et Sarah manquait de temps pour les photographies. Mais cela reste un tel objet blog ; peut-être un jour y aura-t-il une publication.

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