Pédé ! @7

FNJe fais partie d’une association de défense des droits de l’homme. Je vais aux réunions une ou deux fois par an, histoire de dire bonjour. J’y suis ainsi allée le mercredi qui a suivi les élections européennes. Il était bien sûr question des résultats et chacun a pu s’exprimer sur son ressenti.
Cela a été l’occasion pour moi de construire un peu ma pensée sur l’attitude à adopter vis-à-vis du front national et de ses électeurs. J’avais été agacée par les réactions outrancières de nombres d’organisations politiques, syndicales, associatives. Les superlatifs me semblent déplacés, autant que les jugements moraux. Autrement dit, la diabolisation du FN, stratégie que j’ai longtemps soutenue, me paraît aujourd’hui hors de propos et, si bien sûr l’idéologie qui sous-tend son projet politique et son phrasé populiste est à dénoncer, seul un projet politique digne de ce nom me semble de nature à lui faire opposition.
Nous avons ainsi été nombreux à constater et déplorer le vide idéologique qui fonde aujourd’hui l’action des partis de gouvernement. Nous sommes tous comme au bout du rouleau, désemparés face à l’omnipotence de la consommation (et du système libéral qui va avec) comme fondement actuel du lien social. N’ayant jamais gouverné, le FN est donc vierge d’action et propose des solutions qui certes n’en sont pas mais qui ont l’air d’en être.
Et nous, on fait quoi ? Pour ma part je soutiens le projet d’EELV que je sais la seule manière d’éviter le mur mais qui a bien du mal à se « vendre » ; « décroissance », forcément, cela a un air de régression ; face à la restauration de « la grandeur de la France », on ne fait pas le poids ! Et je fais quoi d’autre ? À mes camarades militants des droits de l’homme, je me suis laissé aller à une certaine désertion en indiquant que si n’importe quel candidat socialo-schmoll était au deuxième tour face à Marine Le Pen, je voterais blanc tant j’en avais marre de sauver un PS qui se moque de moi !
Mon voisin a vivement réagi en m’indiquant que voter blanc c’est voter FN (analyse que je ne renie pas), ajoutant que le FN était un parti essentiellement antisémite (quelqu’un a ajouté « et raciste », qu’il n’a pas repris) et que ce que je venais de dire était le signe que la « contamination » fonctionnait. Bigre ! Me voilà donc « contaminée », non par le sida mais par l’antisémitisme… J’ai trouvé la deuxième partie de sa réponse déplacée, et blessante. Personne n’a appuyé ma protestation, après laquelle il m’a ostensiblement tourné le dos (il était assis à ma droite). M’aurait-il de cette manière fait soupçon d’antisémitisme si mon homosexualité lui avait été moins évidente ? Je ne crois pas au hasard des mots que l’on utilise.

2 commentaires pour Pédé ! @7

  • cloudine

    Et ben didonc, mon colon !!!
    C’est viscéral chez certains : ils voient une femme (aïe, marde, déjà ça coince) lesbienne non honteuse, ils te chopent la 1’occasion pour lui être désagréables – C’est à dire montrer leur hostilité sans la montrer.
    La pire des âneries serait de faire des tableaux comparatifs : nombre de synagogues dégradées / nombre de centres LGBT dégradés.
    Enfin, si le parti mal barré de la marine n’est pas raciste, qu’est-ce qu’il leur faut ??

    Fais gaffe à ne pas te laisser contaminer par la bêtise du voisin-assis-à-droite. Y a pas de thérapie.

    • Cécyle

      Bienvenue en Hétéronomie ! 😉
      Pas de souci pour la contamination. J’ai mis une capote sur mon cerveau depuis très longtemps. J’ai eu peur un temps que cela n’empêche toutes les idées de me nourrir, mais en fait, c’est vraiment top, la capote. Ça ne limite pas tout ce qui touche au plaisir ! 😉

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