Archives mensuelles : juin 2014

Adieux… @11

Pour mon anniversaire, Ma-Jeanine m'attendait sur le palier des escaliers avec une bougie. Et elle chantait, bien sûr !

Pour mon anniversaire, Ma-Jeanine m’attendait sur le palier des escaliers avec une bougie. Et elle chantait, bien sûr !

J’ai rencontré ma-Jeanine grâce à mon amicale de locataires. On se disait bonjour, on buvait un thé, déjà je mangeais ses crêpes et puis, nous avons eu notre véritable « premier échange » : une engueulade monstrueuse, où les noms d’oiseau ont volé. Je ne me souviens plus du sujet exact mais c’était une affaire d’association et de budget. Nous ne nous sommes plus parlé quelque temps puis ma-Jeanine a perdu son compagnon. Ce décès l’a mise à plat. Nous étions inquiets pour elle. Je me suis alors invitée à déjeuner chez elle, en apportant le manger.
De fil en aiguille, nous sommes ainsi devenues amies. Je déjeunais avec elle une fois par semaine. Nous échangions quotidiennement mails et textos. Elle m’écoutait avec tant de bienveillance ! Je lui faisais parfois quelques courses ou lui prêtais mon bras pour un tour du quartier. Nous n’avions rien en commun, ni l’âge, ni la « condition sociale », ni la culture… Rien. Et nous étions amies. Je la voyais toujours avec grand plaisir. Elle aimait dire à tout le quartier « Voici ma femme ! »
Ma-Jeanine.
Nous avons découvert son corps vendredi. Sans nouvelles d’elle depuis plusieurs jours, même si cela lui arrivait de faire sa sauvage, jalouse qu’elle était de son indépendance et de sa liberté, j’ai fini par appeler mon gardien à la rescousse. Il avait des sanglots dans la voix quand il est ressorti de l’immeuble et m’a dit « Madame Djung, je n’ai pas une bonne nouvelle… » Nous avons tous des sanglots dans la voix. Ma-Jeanine était connue et aimée de tout le quartier. Moi aussi, je l’aimais, je l’aime, à jamais.
Ma-Jeanine.
Tu vas sacrément me manquer !

Intox @4

SurimiJe n’ai jamais eu une très bonne image du surimi. Je trouve que cela n’a guère de goût et je crains la composition. Un article de Que Choisir de juin m’a invitée à revoir mon jugement. Il y est dit que le surimi est fait avec des morceaux de poisson noble, que les additifs ne sont pas forcément dommageables à la santé et que globalement, c’est une source de protéines et de glucides lents sans trop de calories.
J’ai donc décidé d’acheter du surimi pour agrémenter mes salades composées du soir. Ne pouvant lire la composition dans mon supermarché (c’est écrit trop petit), je l’ai lue en arrivant chez moi. Et là… Surprise !
Le premier ingrédient, donc celui en plus grande quantité, est de l’eau. Suit le poisson (38 %) qui, additionné au reste des ingrédients, compose 60,9 % du produit. L’eau, qui représente donc 39,1 % du produit, est donc bien le premier ingrédient. Cela explique sans doute le faible taux en calories (110 pour 100 g) ; sans eau, on passerait à 180 calories au 100 g ; c’est déjà moins bien.
Enfin, j’ai payé mes 12 bâtonnets 1,42 euro, soit 7,10 euros le kilo de surimi. Ça fait cher le litre d’eau !

Brosse @24

BibliothequeJe suis passée à la bibliothèque dont j’aime bien le rayon musique car une sélection est proposée avec des notices volantes qui présentent chaque CD posé sur la table. Cela permet de faire un choix un peu plus éclairé qu’en se fiant à l’esthétique de la pochette.
Ce jour-là, il y avait plus de vingt CD. Je les ai tous regardés. Seuls trois avaient une femme comme interprète, ce qui fait moins de 15 %. J’ai pris les trois et me suis présentée au guichet pour les emprunter.
— Me permettez-vous de vous poser une question perfide ?
La bibliothécaire devant moi sourit. Je la sais syndiquée et s’exprimant toujours avec assurance et conviction.
— Quel est le pourcentage d’interprètes de sexe féminin dans le fonds de disque disponible de la bibliothèque ?
Elle ne sait pas, bien sûr, m’affirme que ce doit équivaloir les hommes, même s’il est plus difficile de faire carrière pour une femme. Puis elle m’interroge sur le pourquoi de ma question.
— Parce que dans la vingtaine de CD de la sélection des disquaires, il n’y en a que trois, les CD que j’ai empruntés.
Elle est surprise, et aussitôt intéressée à la question. Nous devisons quelques instants puis elle me promet d’en parler ; je sais qu’elle le fera.

Ailleurs @12

 passeportJe me suis rendue à l’ambassade d’un pays d’Asie afin d’y déposer les passeports de deux amies ; le service des visas n’est ouvert que le matin et elles travaillent toutes les deux. Le visa coûtait 20 euros. Elles m’ont donc donné 40 euros.
Au guichet, je tends les deux passeports à l’employé consulaire.
— 50 euros !
50 euros ? Je pense d’emblée qu’il s’agit d’un bakchich. Comme ce n’est pas moi qui ai regardé les prix, mais l’une de ces amies, je préfère ne pas relever et donner les 50 euros demandés ; peut-être les tarifs ont-ils été modifiés ? Et s’il s’agit d’un dessous de table, je ne peux de toute façon rien faire.
Une fois dehors, je contacte cette amie. Elle regarde sur Internet et découvre que lorsque le passeport est déposé par un tiers, il en coûte 5 euros de plus. Pourquoi ? Je l’ignore tant il me semble que le fait que je serve de livreuse ne génère pas de frais supplémentaires pour cette ambassade.
Si vous avez une idée du pourquoi, cela m’intéresse.

Caviardage @6

Ouiiiinnnn !On nous vante le « cloud », cette technologie permettant d’utiliser des contenus stockés ailleurs, quelque part dans le monde sur des serveurs, plus seulement pour des sites Internet, mais aussi des musiques, photos, etc. Parfois, on ne nous demande même pas notre avis pour l’utiliser. Ainsi, avec le logiciel que j’utilise pour gérer et écouter musique et vidéo ne télécharge plus d’office les balados auxquels je suis abonnée. Il faut configurer la récupération du fichier. Je sens que je vais y procéder, car s’il est intéressant de ne pas avoir systématiquement le fichier sur son disque dur, il l’est bien moins d’avoir par défaut un mix d’émissions de France Culture. Micro-coupure de ligne internet ? Défaut du système ? Régulièrement, en plein milieu d’émissions, le lecteur passe d’un balado au suivant. En plein débat sur l’économie du web, je passe à la notion de vie bonne chez Plotin, à l’histoire de la Grande Guerre, puis au conseil de Claude Halmos à une mère dépassée par ses rejetons… Certes, des liens ne sont pas forcément absents, mais je préfère les trouver moi-même, sans zapping, non mais !

Corps @11

Radio France auditoriumEn rejoignant Isabelle sur un lieu de grande débauche gustative, je tombe en arrêt devant un énorme panneau qui orne la Maison de la radio. Je lis : « Nouvel auditorium. Un son si pur que vous entendrez votre cœur palpiter. »
Bigre ! J’avoue que j’ignore ce qu’est un « son si pur » ? Dois-je comprendre de cette allégation commerciale que c’est un son qui me permet d’entendre battre mon cœur ? Pour une place à 48 euros (le prix des meilleures places), il me semble que je fais aussi bien la nuit dans mon lit quand la ville éteint son fond sonore et que je peine à m’endormir. Et puis, quel intérêt d’aller écouter Berlioz ou Kurt Weill si c’est pour que mon cœur fasse plus de bruit ?
Je chipote, je le sens. Il n’est pas écrit « battre » mais bien « palpiter ». Quand je me réveille en sursaut la nuit parce qu’un pétard a déchiré l’air, il palpite, mon cœur… Et quand une jolie fille passe sa main sur ma peau, il en fait tout autant. Je vous accorde (musique oblige) que ce n’est pas cher, 48 euros, par rapport au prix de la main d’une fille… Allez ! Tous à l’auditorium de Radio France ! Nos cœurs méritent bien quelques palpitations et, à défaut de fille… vive la musique !

À table ! @11

MacaronPour mon anniversaire, Sylvie L m’a offert une très belle boîte de macarons achetée chez mon chocolatier préféré. Je suis gourmande, vous l’aurez compris. Pour limiter le nombre de macarons que je mangerai à chaque fois, j’ai l’idée de les congeler. Au moment où je vais le faire, je remarque de la buée dans la boîte, comme quand on a sorti quelque chose du congélateur… Je les remets au frais et profite de ma promenade du jour pour passer chez mon chocolatier, étiquette des macarons en main.
Je fais d’abord remarquer à la vendeuse que la DLC n’a pas été indiquée. Elle en est sincèrement surprise. Je lui demande ensuite si les macarons ont été congelés, lui expliquant ce que je souhaite faire. Sa réponse manque d’assurance, elle me parle de les garder au frais, les manger dans les six jours, qu’elle ne veut pas que je m’empoisonne avant de lâcher sous le flot de mes questions :
— Nous les conservons à -19°.
Ils sont donc congelés à l’origine, ce qui ne me choque pas mais n’est sans doute pas un argument commercial avérant la qualité (pourtant indiscutable) des macarons. Je lui fais remarquer que ce n’est pas mentionné sur l’étiquette, ce qui est contraire aux obligations légales. Elle me dit qu’en effet, cela devrait être indiqué, pour éviter que les gens recongèlent.
Elle me propose un chocolat. J’avais mangé trois macarons juste avant ; je décline. Elle me met le chocolat dans un petit sac « pour plus tard ». Quand j’ouvre le paquet, il y en a deux, des escargots. Voilà un bien délicieux rappel à la loi !

Jardinage @7

Deve main verteUn beau dimanche de juin, j’ai découvert une buvette tenue par une association dans un jardin partagé. Une amie d’une amie participe au groupe qui officie ce jour-là. Il y a, en extérieur, un comptoir, un évier, des tables, des chaises, le matériel (verres, assiettes, etc.) étant stocké dans des placards fermés par des cadenas à code. Le verre de thé à la menthe est à cinquante centimes et la part de gâteau bio maison à deux euros. Il fait beau, les personnes sont sympathiques, les enfants jouent sans gêner personne, bref je passe une belle fin d’après-midi, débarrassant au passage des assiettes ou nettoyant un verre. Les uns et les autres partent au fil du début de la soirée, contents de ce moment partagé. À la fin, nous sommes trois à rester discuter. Les affaires sont rangées sauf une théière, que nous mettons donc dans un des placards, tous restés ouverts. Puis, chacune interroge les autres pour savoir qui connait les codes pour fermer les placards. La seule qui fait partie de l’association est là pour sa première journée et n’a pas les numéros des autres membres, partis en comptant les uns sur les autres pour mettre la touche finale à la fermeture. Heureusement, la troisième a le numéro d’une amie qui lui donne les codes et m’en transmet un pour fermer un cadenas qui résiste un peu. Je crois que c’est un peu comme ça que l’on en vient à s’engager dans une association. Peut-être ai-je trouvé un nouveau lieu d’accueil ? À suivre.