Gamine @14

Bacs jardinJe fréquente finalement assez peu les « gens normaux » et c’est chaque fois un dépaysement qui se révèle onéreux. La dernière fois, c’était au jardin partagé dont je gère la messagerie. Je suis descendue donner un coup de main car nous devions installer six bacs en bois pour l’aménagement de l’extension du jardin. La mairie nous avait livré un gros tas de terre. Il s’agissait donc de construire les bacs et de les remplir.
Nous étions huit au départ. Quatre hommes et quatre femmes dont Françoise notre présidente qui supervisait les travaux (dure tâche !) Les hommes se sont d’abord emparés de la construction des bacs pendant que les femmes se demandaient déjà comment elles allaient pouvoir casser la terre qui avait durci et formait des blocs. Ils ont transporté les éléments nécessaires pour le premier bac puis, en grands architectes, ont bâti pendant que je transportais avec Françoise les montants pour les bacs suivants.
Le premier bac construit, ils se sont attaqués au second pendant que deux femmes donnaient de la bêche et de la pelle pour casser la terre. Je les ai rejointes. Nous avons rempli le premier bac. Une a dit :
— Les hommes se déshabillent.
Un a répondu :
— Le meilleur moment !
Je n’ai pu me retenir :
— Pas pour tout le monde !
Les femmes ont ri, pas les hommes. Chacun a repris sa place.
Les trois premiers bacs construits, les hommes nous ont rejointes sur le tas de terre situé à l’emplacement des trois bacs restant à construire, profitant que nous transportions les seaux de terre pour s’emparer de nos pelles comme si elles n’attendaient qu’eux. J’ai protesté. On m’a répondu qu’il y avait assez de travail pour tous ; j’ai répliqué que le coffre était plein d’outils, qu’il suffisait d’aller chercher. Les femmes ont pu récupérer leurs outils. Une brouette était là. Porter des seaux ne plaisait pas aux hommes. Il n’y avait pourtant qu’à peine dix mètres à parcourir entre le tas de terre et le bac à remplir. Ils se sont donc mis à quatre pour trouver le moyen de faire monter la brouette sur le bord du bac afin de déverser le contenu à l’intérieur. Une demi-heure plus tard (nous avions rempli le deuxième bac avec nos seaux), ils ont renoncé et vidaient la brouette à la pelle.
Le troisième bac était plein. Il s’agissait à présent de construire les trois derniers bacs qui devaient donc prendre place à l’endroit du tas de terre. Discussion… Palabres… Pendant ce temps, avec Françoise, nous avons transporté le reste des montants de bois. Ma-Jeanine est arrivée avec le café. Merci ma-Jeanine. Je les ai regardés un temps chercher une solution (ils formaient un cercle, les femmes s’étaient toutes écartées), tenter de déplacer la terre avec des râteaux, passer la terre d’un bac à l’autre à la pelle pour ne pas utiliser les seaux, confondre une pelle avec une bêche, poser un niveau ici, admirer, reposer le niveau là, utiliser de nouveau la brouette en la vidant à la pelle… Je ne suis pas retournée les aider. J’avais eu ma dose de suffisance masculine et de partage sexué des tâches !

4 commentaires pour Gamine @14

  • salanobe

    Je voulais expérimenter un carré surélevé cette année mais je n’ai pas eu le temps. Ils sont à quelle hauteur vos bacs ? Ils ne vont pas être plus remplis de terre que ce que l’on voit sur la photo ?

    • Cécyle

      Pour la hauteur, j’irai mesurer en descendant tout à l’heure.
      Nous avons ajouté une couche de terreau la semaine suivante. Ils sont donc plus remplis.
      Je n’ai pas encore eu de retour sur leur côté pratique (ou non).

  • salanobe

    Je vois bien le côté pratique et les avantages pour la production mais je trouve bizarre de les avoir collé par deux, limitant ainsi l’accès de tous les côtés. Il y a peut-être un intérêt qui m’échappe à cela.

    • Cécyle

      Les bacs sont conçus comme ça. Il y a cinq montants par bac, quatre pour faire le tour, un cinquième au milieu. Pour renforcer la structure ? C’est ce que j’ai imaginé. Une fois imbibée d’eau la terre doit exercer une certaine pression…
      Mais je ne suis pas une grande spécialiste ! 😉 Je poserai vos questions à Françoise à son retour de congés.

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