Bigleuse @42

Merci Isabelle pour le coup d'œil !

Merci Isabelle pour le coup d’œil !

J’ai partagé l’autre jour sur ma page Facebook une photo de la page de Genespoir, association française des albinismes, photo prise lors de notre AG où nous étions tous rassemblés. Où suis-je ? Je ne sais pas. Je ne me reconnais pas sur une photo, encore moins parmi d’autres albinos ; les traits d’un visage ni les yeux ne me sont une donnée visuelle pertinente ; une coupe de cheveux l’est un peu plus, une allure, des vêtements.
Pascale et Isabelle se sont amusées à me chercher… Avec succès, semble-t-il ! D’autres ont essayé, avec moins de succès. Et cela, je l’avoue, m’a fait plaisir ! Mon autonomie, mon aisance, font que beaucoup de personnes oublient (ou ignorent, ce qui revient au même !) ma déficience visuelle. Comme me disait un jour Christian : « Tu arrives sur le tatami en autonomie ; c’est difficile de comprendre que tu vas avoir des difficultés ».
Oui, c’est difficile à comprendre, même pour moi ! Mais des personnes, proches ou non, me prouvent chaque jour que c’est possible et, en dépit de rappels permanents, je suis souvent en difficultés dans mes relations sociales, ce d’autant que moi, je suis assez reconnaissable… sauf au milieu d’un paquet d’albinos ! Alors imaginez, vous reconnaître vous au milieu d’un paquet de non-albinos ! Est-il si difficile pour vous de vous avancer vers moi en disant : « Bonjour Cécyle, c’est Machinette… » ?
Il semble. Pourquoi ?
* Parce que vous ne saviez pas que… ? Maintenant, vous savez.
* Parce que vous ne comprenez pas ? N’hésitez pas à lire Tu vois ce que je veux dire et promis, je répondrai à vos questions.
* Parce que mon handicap visuel vous fait souffrir « quelque part » ? Là, je n’y peux pas grand-chose.
* Parce que vous n’avez pas envie que je vous reconnaisse ? Je conçois.
* Parce que vous n’êtes pas une personne attentionnée ? Ce ne peut pas être la bonne réponse. Ce ne peut.
Je souris. Oui, je souris. Pardon.

Note : Ce matin, je passais l’aspirateur. Je vois au sol quelque chose gros comme une pièce de monnaie, mais déformé. J’insiste avec l’aspirateur. Il n’aspire pas. Je me penche, tends la main pour le ramasser… non, ce n’était pas le cousin du papillon, juste une tache de lumière. Juste une tache de lumière. Je souris moins. Forcément moins.

 

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