Jardinage @6

SaladeHier, en rentrant chez moi, j’ai vu mon jardinier (celui que je reconnais à sa casquette et qui me dit, quand il me voit courir, « Ça, c’est du sport ! ») dans le massif devant l’entrée de l’immeuble. Il était cassé en deux et, au moment où il s’est relevé, j’ai eu mal pour lui. Il était de dos, je ne l’ai pas salué.
Ce matin, en rentrant de dérouler, il était de nouveau là, avec un collègue. Je me suis arrêtée. On se parle d’ordinaire sans que je n’arrête ma foulée. C’était l’occasion de s’en dire un peu plus. À mon bonjour, il s’est relevé.
— Vous semblez avoir bien mal au dos !
— Oh ! oui.
Il m’a alors raconté qu’il est un ancien maraîcher, qu’il a commencé si jeune, qu’heureusement c’est sa dernière année, puis a enchaîné sur sa mère, qui a 80 ans et vit pliée en deux ; sa vie a été difficile, les marchés le jour, Rungis la nuit. Je ne l’arrêtais plus et je commençais à avoir froid. Je finis par glisser un « Bonne journée ! » que les deux jardiniers reprennent en chœur. Je m’écarte et ajoute « Prenez soin de vous ! »
— C’est la première fois que l’on me dit ça ! s’exclame mon jardinier, « prenez soin de vous ».
Je reviens, très touchée par sa remarque, ravie de la mienne.
— Je viendrai vous le dire tous les matins alors !
Il rit, son collègue également. Ils plaisantent tous les deux sur le fait qu’on n’en fait plus des femmes comme moi. Son collègue me met en garde.
— Il ne va plus vous lâcher !
Nous rions encore un peu et je finis par partir, tout sourire, avec le souvenir aussi d’un billet d’Isabelle sur cette jolie formule « Prends soin de toi »… La voilà, la vie que j’aime. Vraiment.

 

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