Vérité syndicale @11

BellanDans le cadre de la campagne pour les municipales, Sylvie L. m’a proposé de l’accompagner à l’assemblée générale des personnels de l’hôpital Léopold Bellan dont le site Montparnasse est menacé de fermeture. Elle avait reçu l’invitation via une conseillère d’arrondissement EELV.
J’étais ravie de l’accompagner car, en plus d’apprécier les moments que je passe avec elle, je n’avais jamais assisté à une assemblée générale « de travailleurs en lutte » (c’est comme ça que l’on dit, je crois !) L’observation intéressait ma culture politique.
Nous sommes donc parties bras dessus bras dessous dans ce joli soleil de mars, avons cherché et trouvé sans trop de souci le restaurant du personnel. Il était vide. Nous étions en avance. Nous nous sommes assises et avons devisé ; nous ne manquons jamais de sujets de conversation.
Quelques minutes avant l’heure annoncée arrivent trois femmes et un homme. On se dit bonjour et Sylvie va se présenter comme représentant EELV. L’accueil est aimable, sans plus, et la sentence tombe.
— Merci d’être venues, mesdames, mais la direction interdit la présence de personnes étrangères à l’établissement.
Misère ! ma révolution prolétarienne va encore devoir attendre.

4 commentaires pour Vérité syndicale @11

  • salanobe

    N’attendez pas trop. Mon père est mort avant qu’elle arrive. Ouvrier syndiqué, à gauche de la gauche, l’œil pétillant et la moustache rebelle, il a passé sa vie à dire : « Ça va péter, un jour. Ça va péter ! ». Et rien n’a pété. Pourtant, il était de toutes les réunions, manifestations, grèves.
    Moi, je crois qu’il n’y aura jamais de révolution, ni prolétarienne, ni verte…

    • Cécyle

      Je ne crois pas au « grand soir » et sans doute avons-nous, nous militants, une vision un peu romantique de la révolution. Je crois plus sûrement que la crise porte en elle sa propre révolution (modification des comportements de consommation, pénurie énergétique, ajustement en conséquence des mode de production), plus verte que rouge, ne serait-ce que parce qu’à un moment, nous n’aurons plus choix. L’idée serait qu’à un certain moment nous acceptions de vivre en renonçant à ce qui nous opprime. Je rêve ? J’aime ça ! 😉

      • salanobe

        J’ai plutôt l’impression que la crise oblige les gens à consommer pas cher (en faisant un raccourci rapide, donc pas très écolo) et à accepter n’importe quelles conditions de travail. La pénurie énergétique et la flambée des prix qui va avec, a surtout pour conséquence que les gens ne se chauffent pas, ou moins, qu’ils préfèrent avoir une vieille voiture diesel polluante plutôt qu’une essence et finalement, « la crise » nous apprend plus la soumission que la révolte.

        • Cécyle

          Il me semble que l’on peut espérer qu’en cette soumission germe une révolte au sens où, « ne pas consommer », quel qu’en soit le motif, est déjà une sacrée révolte. Le capitalisme a besoin de croissance ; si la crise porte à une décroissance obligée, on peut espérer qu’elle devienne une décroissance choisie qui mène à l’autodestruction du système.
          Il faut bien sûr que des politiques accompagnent ce mouvement. Il y a déjà Pascal Canfin. Un bon début ! 😉

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