Archives mensuelles : mars 2014

Adieux… @10

Vue de mon bureau du grand musée

Aujourd’hui est mon dernier jour dans le grand musée où je travaille depuis un peu plus d’une douzaine d’années… Je vais rejoindre un autre musée. Voilà un grand changement dans ma vie professionnelle, de là dans ma vie tout court. La décision n’a pas été facile, car ce sont des personnes, des repères, des lieux que je quitte pour une aventure dont les contours se dessinent peu à peu. Mais, on est venu me chercher, c’est très agréable, et je me suis dit que c’était le bon moment pour partir après d’autres essais infructueux.
J’ai vécu des périodes difficiles et des moments formidables. L’organisation du pot de départ a nécessité des choix. Cela m’a permis de faire le bilan des années passées, des personnes que j’avais rencontrées, qui m’avaient soutenue, avec lesquelles j’ai apprécié de travailler, voir pour certaines avec qui j’ai pu tisser des liens d’amitié. La liste s’est faite à partir de ces critères, centrée sur les personnes que j’avais envie de voir pour ces toutes dernières heures dans « mon » musée (avant qu’un autre ne le devienne). J’ai d’ailleurs eu le plaisir de recevoir les réponses souvent touchantes à cette invitation. Qu’en restera-t-il ? De beaux souvenirs et de nouveaux liens, professionnels comme personnels, à créer ou entretenir.
En tous les cas, me voilà attendue dans mes nouvelles fonctions. Je commence un 1er avril. Cela suscite les rires, voire l’incrédulité. De ce fait, ma future hiérarchie a annoncé mon arrivée pour « début avril ».
Gageons que cette date soit de bon augure pour mon grand bain dans de nouvelles eaux, toujours un peu troubles dans le monde du travail, parfois dangereuses, parfois heureuses, où j’ai bon espoir de me sentir comme le poisson de l’adage.

Indignés @6

SotchiLes jeux paralympiques de Sotchi ont démarré alors que la Russie s’implantait illégalement en Crimée. On se souvient combien les jeux « valides » ont suscité d’appels au boycott, notamment de la part de la communauté homosexuelle. Et là… Niet. Aucune voix ne s’est élevée pour suggérer le boycott de ces jeux, ni pour soutenir l’Ukraine, ni pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme en Russie. J’ai juste entendu sur France Info, le jour de l’ouverture, que le gouvernement français n’y serait pas représenté pour cause de conflit en Ukraine, mais pas un mot de plus.
Les partisans du boycott ont-ils eu peur de blesser ces pauvres petits gn’handicapés en appelant au boycott de leurs jeux alors qu’ils souffrent déjà tellement ? Il y a sans doute de cela, et aussi le fait que personne ne considère que ces jeux sont de « vrais jeux » autant que menacer Poutine de les boycotter risquerait de passer pour dérisoire. L’occasion était pourtant belle, avec « l’affaire ukrainienne », de donner un poids politique à ces jeux paralympiques et de faire entrer les personnes handicapées dans le monde des sportifs respectables et dignes d’intérêt.
Quant à la communauté homosexuelle, elle vient de rater une sacrée opportunité de dire que l’on peut être gay et handicapé. C’est vrai que cela colle assez mal avec un certain culte du corps. Pauvres de nous !

Gamine @13

Gite de FranceJ’ai loué un petit gîte pour deux personnes afin de prendre quelques vacances loin de Paris. J’avais tout réservé à mon nom et eu le propriétaire en ligne la veille pour convenir des derniers détails. Il devait laisser la clé sur la porte, car n’était pas sûr d’être présent pour me recevoir.
À mon arrivée, il allait partir. Il me dit étonné « Vous êtes toute seule ? » Passé sa surprise, il me présente la maison et discute un peu. Après son départ, je vois le gentil mot qu’il avait laissé sur la table pour l’accueil en son absence : « Madame et monsieur… » Et non, mon nom est celui de jeune fille ou, à mon âge, de vieille fille, question de point de vue.

Vérité syndicale @11

BellanDans le cadre de la campagne pour les municipales, Sylvie L. m’a proposé de l’accompagner à l’assemblée générale des personnels de l’hôpital Léopold Bellan dont le site Montparnasse est menacé de fermeture. Elle avait reçu l’invitation via une conseillère d’arrondissement EELV.
J’étais ravie de l’accompagner car, en plus d’apprécier les moments que je passe avec elle, je n’avais jamais assisté à une assemblée générale « de travailleurs en lutte » (c’est comme ça que l’on dit, je crois !) L’observation intéressait ma culture politique.
Nous sommes donc parties bras dessus bras dessous dans ce joli soleil de mars, avons cherché et trouvé sans trop de souci le restaurant du personnel. Il était vide. Nous étions en avance. Nous nous sommes assises et avons devisé ; nous ne manquons jamais de sujets de conversation.
Quelques minutes avant l’heure annoncée arrivent trois femmes et un homme. On se dit bonjour et Sylvie va se présenter comme représentant EELV. L’accueil est aimable, sans plus, et la sentence tombe.
— Merci d’être venues, mesdames, mais la direction interdit la présence de personnes étrangères à l’établissement.
Misère ! ma révolution prolétarienne va encore devoir attendre.

Clavier @14

L'est pas beau mon pouce ?J’avais besoin d’un rendez-vous avec mon ostéopathe de référence. Je ne le vois que peu, mais c’est toujours d’une grande efficacité. Comme je quitte mon emploi actuel, j’ai pris un téléphone personnel que j’ai utilisé pour joindre le cabinet. Sur le répondeur, j’avais indiqué, par habitude, de me rappeler sur le numéro de mon portable professionnel.
C’est ainsi que je me suis retrouvée avec un appel sans message sur ce premier numéro et un message sur l’autre. Mon nom n’était sans doute pas bien passé à l’enregistrement, car l’ostéo m’indiquait qu’il avait appelé le premier numéro mais qu’il n’avait pas reconnu la voix charmante sur le répondeur. Il terminait par « Je t’embrasse. » Donc, clairement, il m’avait confondue avec quelqu’une d’autre.
Au moins, c’est toujours plaisant d’entendre que l’on a une charmante voix.

Arc-en-ciel @8

Petit Mouton en noeud pap pour sa Cécylou !Un court échange sur la page Facebook du blog « Parlons des femmes noires » alors que j’étais aux Journées annuelles de Genespoir, association française des albinismes, m’a fait m’interroger sur ce que signifie « être noir ».
En bonne logique, on peut penser qu’il s’agit d’avoir la peau noire mais Korotimi, femme albinos noire, a la peau blanche. Elle n’en est pas moins noire (elle me l’a confirmé et c’est également le point de vue du blog suscité). Un noir peut donc avoir la peau blanche. Et un blanc peut-il avoir la peau noire ? En Guadeloupe, il semble que l’on nomme ces noirs à l’esprit blanc des « Bounty », du nom de la célèbre barre chocolatée. Mais il semble que le terme inverse, soit celui désignant un blanc à l’esprit noir, n’existe pas… Dommage, je me le serais bien approprié.
Ceci étant, que pourrait signifier avoir « l’esprit blanc (ou noir) » ? Pas grand-chose, sans doute, mais je n’ai pas trouvé de meilleur terme pour indiquer que la couleur de la peau ne serait pas ce qui nous ferait noir ou blanc. Ce serait plus les représentations et systèmes de domination attachés aux noirs et aux blancs qui feraient le noir et le blanc. Ainsi, et pour faire très très court, être noir serait « être opprimé » et être blanc serait « être celui qui opprime ». C’est court, certes, mais cela reste globalement juste.
Pourtant…, des noirs oppriment et des blancs sont opprimés. Un noir qui opprime serait donc assimilable à un blanc… mais personne ne le considérera jamais comme blanc ! Pas plus que l’on ne considérera comme noir un blanc opprimé, comme si le fait d’avoir la peau noire ou blanche nous place d’un côté de l’oppression et que même en changeant de côté, on ne change pas de couleur de peau.
Reste, bien sûr, le « type » et, sans doute que si l’on voit Korotimi noire alors que sa peau est blanche, c’est parce qu’elle a les traits typiques des noirs et les cheveux crépus. Mais il y a beaucoup de personnes à la peau noire qui ne présentent pas ces caractères, alors que certains blancs conservent de leur afro-descendance quelques-uns de ces caractères…
Je sens bien que Petit Mouton, qui est blanc et dont certains congénères sont noirs, se gratte l’étiquette sur fond de « Ouh là là ! C’est fooooottttt ! » Mais justement, les moutons noirs sont du côté des opprimés… comme les albinos, d’ailleurs, que les opprimés noirs découpent parfois en morceaux. Alors… Alors… Le noir blanc serait-il de valeur encore plus inférieure que le noir noir ? Allez savoir ! Et quand le noir se fait jaune pour briser la grève du noir rouge, qui vaut quoi ?
Tu as raison, Petit Mouton ! « Allez les verts ! » et les Martiens seront bien gardés.

Ailleurs @11

New York mars 2014Je suis récemment partie quelques jours à New York. Dans le minibus servant de navette entre l’aéroport et l’hôtel, le conducteur, noir américain, a mis de la musique. C’était du zouk, musique que je n’écoute que fort rarement. Nous ne prêtions pas attention aux paroles jusqu’à nous rendre compte qu’elles étaient en français.
C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés à arriver sur Manhattan un jour de mars, avec un beau soleil, au son de « Joyeux Noël » version antillaise. Un dépaysement complet !

Lesbienne @11

Paris pride 2000Parmi les clichés autour des homosexuels, surtout les garçons, il y en a qui touchent la musique. Techno-dance ou opéra ? Et l’on imagine volontiers que ce sont ceux qui écoutent de l’opéra qui se marient (quel joli cœur est mon esclave !) alors que les adeptes de la techno-dance seraient plutôt versés sur la fête. Ah ! Les fêtes et boîtes de pédés… Sacré mythe qui nous met de si délicieuses plumes dans l’…, au moins dans l’idée que les hétéros s’en font.
Eh bien, je crois tenir la preuve que vraiment ces clichés n’ont pas lieu d’être. J’ai trouvé, par hasard, dans le bac « dernières acquisitions » de la bibliothèque Vandame un double CD « Paris Pride 2000 » en me demandant comment les guérilleros anti-Djendeur n’avaient pas déjà mis la main dessus. À force de chasser le poil, ils en oublient que le pédé est imberbe, sauf s’il est bear, bien sûr… je m’égare.
Donc, magnifique double CD ! Et les années 90-00, c’était de sacrées années de fête, non ? Vote du Pacs, meilleur contrôle de l’épidémie du Sida, sortie de Cul nu, courts érotiques avec une magnifique introduction d’Isabelle… Que du bonheur ! J’écoute donc, avec l’idée que cela va mettre du baume à ma matinée de travail. Et là… comment dire ?
Je ne suis pas allée à un mariage depuis des lustres (le siècle dernier, je pense) mais ce CD me paraît tout à fait conforme à la sélection musicale que l’on y trouve, danse des canards en moins ! Tout était donc bien en germes : le fameux « esprit de fête » d’hier n’était que la prémisse des soirées dansantes mariage d’aujourd’hui (Y a même Mecano, pour les filles ! Redoutable !)
Je n’ai plus qu’à espérer que mes courts érotiques soient la prémisse de mes nuits de demain… Qu’est-ce que ce serait chouette !

Cuisine @14

InterrogtationVous avez remarqué ? Isabelle signe surtout les billets « Réclamation @ » et moi « Bigleuse @ » ; serait-ce à dire que quand on n’est pas bigleux on réclame plus ou que quand on réclame on est moins bigleux ? Ou alors, quand on est bigleux, la réclamation est un facteur identitaire là où la bigleuserie ne l’est pas pour le valide ? Ou alors… ?
Je vous laisse trancher !
(Oui, je sais, Petit Mouton, c’est une question très compliquée. Ne t’inquiète pas, Isabelle t’expliquera !)