Voiture @9

Boers - Préfecture de policePour le début de l’histoire d’aujourd’hui, c’est , et . Quand vous aurez lu, vous pourrez revenir ou vous pouvez directement lire la synthèse que voici : un taxi conventionné m’a joué le coup de « Je profite que sécurité sociale et mutuelle payent pour rallonger la note ». Si maintenant, vous voulez comprendre les détails, vous avez les liens ci-dessus.
Comme je m’étais adressée à la préfecture de police pour le signaler. Les boers y sont chargés de « chargés de la surveillance, du contrôle et de la répression des infractions relatives aux différentes réglementations du transport payant de personnes, très spécifiques selon les catégories de véhicules », notamment les taxis. Des mois plus tard, j’ai reçu une convocation pour une confrontation avec le chauffeur, une conductrice en l’occurrence. Il y avait une date et un horaire précis, correspondant à un créneau où j’étais en formation. J’ai donc sollicité un changement de jour, mais on m’a répondu que cela ne se faisait pas habituellement. Comme j’étais prête à venir témoigner – bien j’ai compris que c’est très rare pour ce genre de fraude – la commission s’est arrangée et j’ai reçu une nouvelle convocation.
Début janvier, me voilà donc rendue à l’autre bout de Paris, rue des Morillons (célèbre pour être le dépôt des objets trouvés), où siège la commission de discipline convoquée par le bureau des taxis et transports publics. À l’accueil, l’employé m’oriente sur une partie de la salle d’attente, séparée de l’autre par un paravent : d’un côté les clients, de l’autre les conducteurs. Il y a un peu de retard et je peux constater d’une part qu’il y a peu de clients (nous sommes deux pour une demi-douzaine de chauffeurs, mais sont jugées aussi des infractions au code de la route ou à d’autres textes), d’autre part que la conductrice que j’ai eue n’est pas là (il n’y a que des hommes).
Par des interstices des stores de la salle juste devant moi, je vois un peu la commission, une bonne douzaine de personnes. Je suis appelée à mon tour et m’assoit sur le siège pour les plaignants, une autre chaise plus centrale est réservée aux chauffeurs. La présidente, très agréable, m’informe que la conductrice n’est pas venue, mais a envoyé un courrier. Mon courriel est d’abord lu, puis le courrier de la conductrice. Celle-ci donne un motif d’absence, puis se lance dans des explications où la déformation de la réalité est teintée d’incohérence. Je passe sur les détails, mais je sens qu’elle se défausse en tenant de justifier les montants. Personne n’est dupe. Des précisions me sont demandées, des questions posées dans une bonne ambiance, parfois avec un peu de brouhaha que la présidente s’efforce de contenir. Il en ressort tout de suite nettement qu’il y a bien une infraction. La commission se réjouit que je me sois déplacée, car les clients se plaignent rarement de ces pratiques qui ne les atteignent pas directement au portefeuille du fait du remboursement intégral, et que certains ne perçoivent même pas. Je suis bien remerciée d’être allée au bout. On m’informe que j’aurai connaissance de la suite donnée à ma plainte. Après le stress de ce passage devant une commission aussi fournie, je suis partie contente d’avoir pu participer à mon niveau à la dénonciation de pratiques qui coûtent très cher à la collectivité.

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