Élection @21

Parisien 17/12/2013Le Parisien du 17 décembre 2013 consacrait un article aux élus qui vivent dans les logements sociaux. L’article dans la version papier, moins fourni que celui-ci, reprenait les propos de Bertrand Delanoë faisant argument d’un conseiller de Paris communiste, ouvrier et locataire de plein droit eu égard à sa situation sociale avant son élection. Est-il toujours légitime à l’être ? Au vu de ses indemnités d’élu, sans doute que non. Mais au vu de la précarité de sa situation sociale ?
Je trouve la question posée ainsi intéressante, car elle débarrasse le débat des considérations populistes qui l’entourent. Et je la trouve d’autant plus intéressante que je me la suis posée.
Je suis locataire HLM, 28 mètres carrés, 358,62 euros* par mois, charges comprises. Je bénéficie de ce logement en conformité avec ma situation sociale somme toute assez précaire. Je déclare mes ressources quand on me le demande. Elles demeurent conformes aux critères d’attribution d’un logement social.
Imaginons que je me présente aux municipales (il n’est pas trop tard !) ; et que je devienne conseillère de Paris. Mes indemnités d’élue, si j’en crois les commentaires des uns et des autres, devraient me porter à quitter mon logement social. Ce que je. Et qu’est-ce que je fais alors, dans six ans, quand je ne serai pas réélue et que je perdrai mes indemnités pour revenir à ma situation actuelle ? Ou dans douze ans ? Je fais une demande de logement social ? Même prioritaire, je n’obtiendrai (peut-être) un logement que dix ans plus tard…
Ne croyez pas que ces hypothèses soient farfelues ; je me suis réellement posé ces questions et ma précarité m’a semblé une cause suffisante pour renoncer l’idée de me présenter. Et si vous vous demandez encore pourquoi une grande partie de nos élus sont des libéraux et des fonctionnaires dans un mouvement continu de professionnalisation de la politique, vous avez la réponse. Tant qu’un statut de l’élu n’existera pas, seront exclus celles et ceux dont la précarité sociale est en jeu.

* Le prix de mon mètre carré est plus cher que celui de certains de ces élus car je suis entrée plus tard dans mon logement. Le mètre carré augmente chaque année dans les mêmes proportions mais pas sur la même base de départ. Certains logements HLM à Paris sont également encore en loyer 48.

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>