Clé @6

Qu’est-ceBoudha 2 que j’ai compris ce matin ?
Il devait être 5 heures ou 6 heures, j’étais dans cette sorte de demi-sommeil qui dit que l’on a envie de faire pipi mais qu’il est trop tôt pour se lever, demi-sommeil propice au rêve, à la semi-conscience. Je m’étais endormie angoissée à propos de quelqu’un que j’aime et que j’ai perdue, avec l’envie de pleurer. J’avais pourtant bien dormi et, quand mon portable a sonné, j’avais le mot « peau » dans la tête, et un autre, dans une langue étrangère, dont je ne me souviens pas, qui en était une sorte de traduction sans en être une.
J’ai éteint la sonnerie du portable, la sensation à l’âme d’avoir compris quelque chose d’essentiel. Quoi ? Quelque chose en rapport avec cet amour perdu. Quelque chose qui me rassurait. Quelque chose qui me disait que tout allait bien.
Je suis allée dérouler. J’ai cherché dans le lit du Rhône ce que j’avais compris. La pierre du pont d’Avignon ne m’en a pas dit plus, ni le rocher des Doms, ni le Palais des papes. Mais tous m’ont confirmé que j’avais compris quelque chose de rare, de ces quelques choses qui disent le sens… J’ai repris quelques heures plus tard le chemin de Paris. Un large arc-en-ciel a accompagné le début de mon voyage. Il savait aussi. Moi, toujours pas. Le matin aussi, j’étais passée dans une église. J’y suivais quelqu’un qui y allait. C’était la messe. J’ai attendu cette personne en lisant un panneau m’indiquant que Jésus était présent, foi de lumière rouge, et qu’il m’aimait. Je l’ai senti, en effet. Il savait.
Arrivée gare de Lyon, j’ai pris le bus. La Seine savait. Tout Paris savait, la Tour Eiffel, et sa copine à Montparnasse, la rosace, et la Lune, en personne ! Et moi, je ne sais toujours pas. Peut-être que ces lignes vont me dire, et la chanson que j’ai mise en boucle et qui me ramène du côté de cet amour perdu. Un moment, la campagne bourguignonne m’a dit que j’étais sur la bonne route, bonne parce que c’était la mienne. Est-ce cela que j’ai compris ce matin ? Je ne sais pas. Je sais juste que c’était essentiel et que savoir quelque chose dont je n’ai pas conscience est une expérience sensible fort déroutante que je n’ai jamais connue.
Je sais donc quelque chose d’essentiel qu’hier je ne savais pas. Quelque chose qui m’apaise et semble transformer ma tristesse en une sensation nouvelle pour me dire que je dois avancer. Je vais aller ranger ma valise. L’hiver ne me fait plus peur. L’amour presque plus. Je sais qu’il est la seule voie. J’y vais… Je vous raconterai.

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