Courage @2

AnniversaireJe fais partie des six mille Parisiens qui ont été privés d’électricité près de huit heures le vendredi 20 septembre 2013. Nous avions eu déjà deux coupures de deux heures chacune, la veille, une l’après-midi, l’autre en pleine nuit. Pour Paris, cela fait beaucoup, mais je suis équipée : des bougies, une frontale, une lampe tempête, une radio sur piles, un téléphone qui n’a pas besoin d’électricité pour fonctionner donné par Isabelle (et j’ai toujours ma ligne France Télécom), un pack d’eau de secours, une rallonge de 30 mètres pour me brancher dans les parties communes (les deux réseaux ne sont pas les mêmes)… Je peux faire face ! Et je me souviens d’une rédaction de 5e avec comme sujet « Vous êtes chez vous. Une panne d’électricité survient. Que faites-vous ? » J’avais répondu que j’allumais une bougie et continuais la lecture d’un livre sur Angela Davis puis consacré ma rédaction à la lutte pour les droits civiques. Déjà, toute petite…
Quand la panne est survenue (14 heures 30), j’ai tout de suite eu le réflexe d’aller me balader deux heures… Puis je me suis fait appeler par Isabelle, suis allée mettre le frais qui pouvait s’abîmer chez Ma-Jeanine (sans ouvrir le congélateur, bien sûr), suis allée avec Tranquille dans le local de mes locataires faire le plein d’énergie et relever mes mails et suis remontée chez moi vers 19 heures, toujours sans électricité. J’ai cuisiné des courgettes à la frontale, ai reçu plein d’amour par téléphone… Tout allait donc bien. Eh bien, non. Tout n’allait pas bien. Une drôle d’angoisse me courrait dans le ventre. J’étais pourtant en sécurité, avec des voisins que je connais bien, des amis et de l’électricité à moins de 500 mètres, une connexion Internet pas loin non plus. J’avais la possibilité d’écouter la radio ou la musique sur la tablette ; je ne l’ai pas fait. J’avais du temps pour ma leçon de créole ; et je n’ai rien fait. Et j’ai pris la frontale pour aller faire pipi (ma salle de bains est noire) alors que je circule d’ordinaire la nuit sans lumière chez moi…
Quand l’électricité est revenue à 22 heures 30, j’ai senti comme un soulagement ; il y a d’ailleurs une clameur dans la rue. Et depuis, je ne comprends pas cette angoisse qui ne correspond à rien que je connais. Je la trouve d’ailleurs assez idiote cette angoisse-là, au sens de « particulièrement infondée ». Mais c’est sans doute le propre d’une angoisse… Alors ? Je ne sais pas. Et j’espérais qu’écrire ce billet m’en dirait plus. Ce n’est pas le cas. Au moins pour l’instant. Suspens !

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>