Archives mensuelles : octobre 2013

Corps @7

Michel Cymes« Allô docteurs » du 23 septembre dernier (France 5) était consacré à la boulimie. Sur le plateau, une jeune femme, Anne-Claire, témoigne à visage découvert de sa souffrance et de son parcours pour s’en sortir. À la toute fin de l’émission, Michel Cymes fait son gentil. Il lit le texto d’un téléspectateur avec ce propos liminaire :
— C’est important l’estime de soi ?
Anne-Claire opine.
— Voilà un texto pour vous « Anne-Laure est très jolie ».
Elle sourit.
— Anne-Claire…
Bingo ! Voilà une renarcissisation particulièrement réussie !

Annonces @15

Cartons de déménagementAvec l’agence de la super directrice, nous étions convenues qu’il n’y aurait pas de publicité sur Internet, car une autre agence en avait déjà mise une, notamment sur le plus grand site immobilier.
Plusieurs jours après la signature du mandat, un autre agent me fait gentiment remarquer qu’une annonce a été passée par l’agence à la directrice si dynamique et si investie dans cette vente pour mener des visites.
Je vérifie et appelle l’agence. C’est une erreur, elle va être enlevée !
Plusieurs jours après, l’annonce y est toujours. Je laisse un message un peu agacé, une personne m’en laisse un : bien sûr, ça va être enlevé. D’ailleurs, ça avait été fait, c’est mon interlocutrice elle-même qui l’a fait, ça ne peut être qu’un bogue.
Plusieurs jours après, il y a toujours l’annonce. Je passe alors par le site pour envoyer un message bien plus agacé où je leur signale combien c’est un signe d’incompétence et un manque total de professionnalisme de ne pas respecter les engagements écrits. Je n’ai eu un message que quelques jours après, plein de contrition, comme quoi c’était la faute au logiciel. Avant, il était possible de décocher des annonces, mais ça a changé récemment, donc ça a été plus compliqué, etc. Il a bien fallu plus d’une dizaine de jours pour arriver à faire respecter le mandat.
À chaque fois, c’est la commerciale la plus âgée qui s’y est collé, pas la directrice, plus aussi disponible…

Fenêtres @8

La PosteJe suis allée à La Poste pour faire une opération qui m’a menée au guichet. Deux sont ouverts. Je connais les deux guichetiers. J’espère ne pas tomber sur celui de droite, sachant que l’opération que je dois faire sera complexe. J’attends. Et j’ai de la chance : c’est celui de gauche qui se libère devant moi. J’y reste un moment le temps que mes affaires se règlent. Se succèdent à ma droite un couple qui doit revenir parce qu’il n’a pas les bons papiers, un jeune homme à qui il manque également une pièce et une autre jeune homme qui vient retirer de l’argent parce qu’un Dab lui a mangé sa carte bleue.
La conversation s’engage entre le guichetier et ce monsieur. Son français n’est pas très fluide mais je comprends à trois mètres tout ce qu’il dit. Le guichetier, lui, ne comprend pas ce qui se passe avec la carte dont il a besoin pour simplifier son travail (mais le retrait reste possible sans). Mon guichetier lance :
— Il est venu hier ! On lui a dit qu’il faut attendre. Il ne comprend pas.
La conversation reprend à ma droite… Mais le guichetier change de stratégie : il tutoie son interlocuteur qui, de ce que je suis de leur conversation, comprend parfaitement ce qui se dit, disant simplement qu’il retire de l’argent au guichet car il n’a plus de carte… et ne peut donc la présenter pour simplifier son retrait. Pourquoi ce passage au tutoiement ? Le vouvoiement, en dehors de l’imparfait du subjonctif, est tout aussi compréhensible et ce guichetier ne le maîtrise sans doute pas. Alors ? Y a bon raciste à La Poste ? Y a bon, c’est sûr !

Salade @4

La posteAlors que je vais à La poste pour envoyer des paquets, un lundi en début d’après-midi, je vois un paquet par terre dans l’espace juste devant la porte. C’est un petit sachet en plastique et en me penchant, je vois qu’il contient, disons, des herbes. Je le pose sur une table, me ravise pour ouvrir et sentir. C’est bien plutôt de l’herbe.
L’idée de remettre le paquet à un employé m’a effleurée. J’ai regardé autour de moi et reposé le paquet sur une table. Je n’en avais pas d’utilité personnelle et n’avais pas envie de me faite sauter dessus par qui voudrait récupérer son bien ou se l’approprier.
La poste révèle bien des surprises !

Lesbienne @10

PastreJe me suis fait un plaisir, dans mon précédent billet, de pointer la recrudescence du sexisme dans la communauté LGBT ; un minimum d’honnêteté intellectuelle (cela m’arrive) m’amène à remarquer que le mardi 1er octobre 2013, à l’occasion de l’inauguration de l’espace Geneviève Pastre au Centre LGBT Paris-IDF (ici), il y avait une bonne proportion de garçons dans la salle. Voici donc une bonne nouvelle…
Mais, à ce que j’ai vu, hormis quelques militants du Centre (et son coprésident), les hommes présents avaient connu Geneviève Pastre qui, à ma connaissance, a beaucoup milité en mixité même si elle a créé la première maison d’édition française lesbienne. Il faut dire qu’elle a commencé sa « carrière militante » à l’époque où sexisme et homophobie étaient un même combat… ceci explique sans doute cela.
Et si vous voulez en savoir plus sur cette grande dame, vous pouvez relire un billet d’Isabelle ici, ou répondre à l’invitation de Cineffable, . Et aussi, ce souvenir… lalala.

Annonces @14

Cartons de déménagementComme je l’annonçais, il y a eu d’autres péripéties avec l’agence à la directrice jeune et dynamique. Nous avions signé un mandat un mercredi et il y avait eu plusieurs visites dès les premiers jours. Le samedi, il y a une visite avec un homme seul. Il semble bien intéressé et demande à visiter le dimanche avec sa femme. C’est le 14 juillet, mais la directrice est prête à effectuer la visite. En rentrant chez elle, elle m’appelle en commençant par dire qu’elle sait que je travaille, mais voulait quand même me dire que le couple a beaucoup aimé l’appartement et va faire une offre. Elle a toujours son ton aimable, jusqu’à ce que j’aborde la question de la commission. Elle venait de me dire qu’il faudrait sans doute prévoir une baisse du prix, ce à quoi j’avais répondu que ce serait aussi à voir avec une baisse de la commission. Tout de suite, elle est plus pressée, on est quand même dimanche, un jour férié, je travaille, elle est sur un jour de repos, elle a déjà aligné sa commission avec ce que j’avais demandé, elle a dans son agence et, peux me le montrer quand je veux, une affichette avec les montants de commissions par tranches, et si elle a un contrôle, etc.
Elle sait déjà que je ne suis pas tout à fait réceptive à ses arguments. Le dernier est notamment de trop : un contrôle ? Par qui ? Les prix sont libres et si elle le souhaitait elle pourrait prendre un montant symbolique. Bref, je sens qu’elle n’aime pas être bousculée et elle sent que je n’aime pas être prise pour une idiote.
D’ailleurs, lorsque la fameuse offre est arrivée, très basse, j’ai relancé la question de la baisse de la commission. Le ton chaleureux de la directrice devenait moins agréable. Après avoir tenté plusieurs appels et toutes sortes d’arguments pour me convaincre de l’opportunité exceptionnelle de cette proposition, elle a renoncé. Je ne dois pas être si bête que je pouvais en avoir l’air à ses yeux.

Pauvres chéris ! @3

Le texte dans tous es étatsLe Centre LGBT Paris-IDF m’a invitée à animer quatre soirées littéraires (un atelier d’écriture, un jeu textuel, un jeu de piste et un pique-nique littéraire — le détail est ici) cet été, puis à organiser une session de rattrapage pour le jeu de piste plombé par la canicule. La « comm’ » a été faite sur mon nom et, bien que tout ait été annoncé comme mixte avec des références à la culture gay (j’y avais pris soin), hormis pour le pique-nique, les garçons n’ont jamais représenté plus de 10 % des effectifs.
Il est vrai que l’écriture est plutôt une activité « féminine » mais, renseignement pris, un atelier organisé par un garçon au Centre rassemble au moins 30 % d’hommes. Alors ? Un ami venu au jeu de piste m’a posé cette question avant de s’inscrire :
— C’est aussi pour les garçons ?
Pourquoi non ? Parce que je suis une femme ? Il a convenu qu’il n’aurait pas posé la question à un homme. Ma conclusion ? La faible participation masculine est l’expression d’un sexisme que je trouve de plus en plus manifeste au sein du mouvement LGBT qui, en déplaçant l’homophobie de ses fondements hétérosexistes pour en faire une affaire de mauvais sentiments sur fond d’adhésion au modèle patriarcal à travers l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, renforce les clivages de genre au lieu de les déconstruire (ce qui était sa vocation politique initiale, à mon sens). Joli paradoxe ! D’ici à ce que la roue tourne, on en verra d’autres.

Annonces @13

En mai dernier, j’ai mis en vente mon appartement. D’abord, je suis passée par une seule agence, puis au bout de près de deux mois, j’ai mis une annonce sur le site de référence de vente aux particuliers avec la mention habituelle « Agences s’abstenir ». Bien sûr, j’ai eu bien plus d’appels d’agences que de particuliers.
Pour l’une d’elles, la personne en ligne a commencé par me dire qu’elle reconnaissait l’endroit, car son agence est juste en face. Comme je pensais confier des mandats à une ou deux agences du quartier, et que c’est la plus près dans la rue, je lui ai dit que l’on pouvait se voir. Un rendez-vous a été fixé l’après-midi même, un mercredi de début juillet.
La directrice est arrivée avec son assistante, puis une commerciale est venue ensuite. C’était l’ensemble du personnel de l’agence. La directrice est une jeune femme jouant de son physique, de son sourire et présentant le profil type d’une commerciale du plus pur jus. Tout son discours vise à gagner de l’argent, toute phrase a son utilité. Sa commerciale est une femme plus âgée, s’intéressant plus aux gens et à leur trouver une place qui leur conviendrait. Ces différences donnent lieu à des échanges où on sent poindre l’agacement de la première contre le côté « old school » de la seconde.
Dès ce premier rendez-vous où le mandat est signé, la directrice a quelqu’un en tête. Elle va jusqu’à dire que ce pourrait être la vente la plus rapide qu’elle ait signée, elle se voit déjà touchant sa commission. Elle pense à une personne qui cherche depuis plus d’un an et a déjà visité de nombreux lieux. À chaque fois quelque chose ne va pas, mais mon appartement correspond à tous ses critères. Le caractère de la cliente semble bien difficile à gérer, son insatisfaction semblant pénible à supporter pour les trois femmes de l’agence face à moi. Une visite est organisée en urgence le jour même. Le lendemain, la directrice m’appelle pour m’annonce que la personne a aimé, a passé trente minutes à l’agence pour parler de l’appartement, et on fixe un rendez-vous pour que le mari visite à son tour le lendemain, même si ce n’est pas lui qui décide au final. Cela se cale donc.
Le jour dit, l’agence m’annonce que comme les clients partent en vacances le lendemain, la cliente ne veut pas avoir à se décider tout de suite, donc c’est annulé. J’ai suivi à distance l’emballement du personnel de l’agence. Elles y croyaient. Au final, ce n’est pas cette agence qui arrivera à vendre l’appartement. Mais, il y aura d’autres péripéties avant d’en arriver là.

Course @25

Course du ChâteauEn fin de mon déroulé, l’autre jour, alors que je remontais la piste cyclable (ouverte aux piétons, panneaux obligent) sur la voie de gauche, j’ai de nouveau croisé un cycliste mécontent qui m’a lancé :
— C’est dangereux de circuler à contresens.
Sans réfléchir, je me suis retournée (je sais courir en arrière, grâce au judo) et ai lancé :
— C’est dangereux d’être con !
Le cycliste était déjà loin. J’imagine qu’il n’a rien entendu. J’ai quand même vérifié qu’il n’avait pas fait demi-tour en me disant que la conne, dans l’histoire, c’était moi : outre que mon injure n’était pas très fondée, je prenais le risque inutile d’un affrontement.
Effet ceinture bleue ? J’espère bien que non ! Je ne fais pas du judo pour me battre, juste pour être bien. Et je ne conçois pas d’être bien en me battant, sauf sur le plan politique bien sûr, et avec des armes non violentes !

Savoir @14

Codes civilsL’an dernier, j’ai passé un concours d’accès à la haute fonction publique. Je m’étais préparée seule et avais tout de même obtenu des notes dont j’étais assez fière : sur cinq épreuves, j’avais obtenu la moyenne à quatre, tout juste (10 ou 10,5), mais c’était déjà un bel exploit. Ma note la plus basse était dans l’épreuve d’économie. À chaque fois, j’étais sortie avant le gong fatidique des cinq heures par épreuve.
Cette année, j’ai retenté le concours, toujours sans suivre une préparation spécifique. J’ai obtenu une note plus au-dessus de la moyenne en économie, mais cette fois c’est la seule au-dessus de la moyenne. Je suis restée les cinq heures à chaque épreuve, ayant à peine le temps de finir.
Au moins, j’ai essayé. Je ne regrette pas, d’autant que et j’ai trouvé tous les sujets très intéressants et que j’ai appris beaucoup de choses. Je ne sais pas si je tenterai le coup de nouveau pour essayer d’obtenir une bonne moyenne entre ces résultats.