Agit-prop’ @7

SénatJ’ai reçu un mail via mes réseaux sur un sujet que je tairai mais que je vais néanmoins partager avec vous. Le mail, et non le sujet, donc. Je lis :
« Pour le moment, le sujet n’a pas déclenché de remous incontrôlés dans la presse et dans l’opinion. Il nous semble primordial pour le moment — et tant que nos opposants ne se sont pas saisis de l’affaire — de faire durer le plus longtemps possible ce silence médiatique pour augmenter les chances de faire avancer ces amendements. Ceci passe aussi par une absence de communication sur les réseaux sociaux.
« Nous vous demandons donc – si vous le voulez bien — de rester discrets. »
Je vous avoue qu’il me démange de dire de quoi il s’agit tant cet appel au silence me semble une piètre façon d’envisager le débat démocratique. Je comprends que certains soient un peu traumatisés par les débordements homophobes autour du vote de la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. Pour autant, dans ce que j’en sais, il semble que les débats autour du mariage se sont éternisés suite à la fort mauvaise gestion politique de ce dossier de la part du gouvernement et des associations, à parité, sans que la publicité autour de cette loi ne soit en cause. Il semble.
Et voilà que la réponse apportée aujourd’hui, sur un autre dossier, est d’appeler au silence pour éviter que les opposants au projet puissent s’organiser. Une des bases, des clés, de la démocratie a toujours été la « publicité » (au sens de rendre public) les débats, les projets, les actions : elle en est l’essence et le garant. EELV, d’ailleurs, porteur d’un amendement sur le sujet, n’hésite pas à communiquer. Les associations qui appellent au silence se rendent-elles compte de l’atteinte qu’elles portent ainsi à la démocratie, se rendent-elles compte des arguments qu’elles fournissent à ceux-là mêmes qui s’opposeraient à leur projet et aux principes de justice et d’égalité qui vont avec ?
Je crains que non ; mais cela ne les dédouane pas car, à ce petit jeu de courte vue politique, ces associations scient la branche sur laquelle notre système démocratique est assis, plutôt que de le défendre en acceptant ses règles les plus élémentaires. Elles donnent du grain à moudre aux populistes de tout poil et se font les alliées inconscientes de ceux qu’elles prétendent combattre. Ah ! l’inconscience ; en politique cela ne pardonne pas.

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