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Adieux… @7

Dans le numéro d’été de Philosophie magazine, je lis un entretien avec Imre Kertész, prix Nobel de littérature. Cet échange est très intéressant et surtout avec des passages d’une grande sensibilité, notamment quelques lignes à la fin :
« Vous avez cessé d’écrire l’année dernière. La maladie ne vous laisse-t-elle donc plus de répit ?
— Je souffre beaucoup, c’est vrai, pourtant, j’ai une raison précise de supporter ces souffrances, de ne pas en finir plus rapidement. Pensez aux suicides de Primo Levi, de Tadeusz Borowski ou de Jean Améry, à tous ces survivants des camps qui se sont donné la mort. Je ne veux pas ajouter mon nom à cette liste. Je ne veux pas qu’on puisse dire que j’aurais exécuté moi-même la sentence. C’est pourquoi je tiendrai jusqu’au bout. »
Ces mots sont d’une grande force. Ils s’élèvent contre le pessimisme, la déprime, le suicide… Ils sont durs et expriment beaucoup de souffrance, mais sont magnifiques. Ils me touchent énormément.