Lens @7

J’ai découvert il y a peu de temps la médiathèque Marguerite Yourcenar qui s’avère pas si loin de chez moi et offre des fonctionnalités aux personnes déficientes visuelles. En cherchant l’heure de fermeture un vendredi, j’ai remarqué que cette médiathèque, contrairement aux bibliothèques que je fréquente d’ordinaire, est ouverte le dimanche (sauf l’été). Et me voilà embêtée.
J’aime bien l’idée d’en faire ma promenade dominicale mais est-ce que cela ne contrevient pas à mes principes ? Le dimanche, il me semble conforme au droit du travail et à l’idée que je me fais des nécessités économiques et sociales que certains commerces de bouche de proximité soient ouverts le matin, certains lieux de restauration aussi. Je n’ai jamais rien redit à ce que les établissements culturels le soient aussi : cinéma, théâtre, musée, salle de concert… Alors, pourquoi pas une bibliothèque ?
Parce que ce n’est pas dans l’usage ? L’argument, en la matière, peut me suffire sans être totalement satisfaisant. Alors ? Je ne sais pas encore si je profiterai de cette ouverture dominicale. J’ai jusqu’au 1er septembre pour trancher !

9 réflexions sur « Lens @7 »

  1. Cécyle Auteur de l’article

    Dimanche, je suis allée chercher un CD à la Médiathèque… Il semble que j’ai tranché, même si mes avis sont rarement définitifs.

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  2. salanobe

    Ah ! Que faîtes-vous du lien social ? Des conditions de travail qui se dégradent ? Car si on accepte et généralise le travail le dimanche, l’étape suivante, c’est quoi ? Accepter d’être payé moins parce que si on travaille quelques heures de plus, finalement, on a le même salaire. Accepter des conditions de travail où la cadence et le rendement se font au détriment de la sécurité des salariés…
    Près de chez moi, il y a une boulangerie et une supérette ouvertes le dimanche matin. Et devinez qui travaille le dimanche ! Des femmes et uniquement des femmes.
    Ce sont elles qui ont les emplois les plus précaires, les moins payés, et qui sont prêtes à accepter n’importe quoi.

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Je n’ai aucun argument à vous opposer ! 😉
      Je posais simplement la question pour le « secteur culturel »… Dois-je aussi renoncer aux musées ?

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      1. salanobe

        Bien sûr si on travaille dans le secteur culturel, la restauration, la santé… on sait dès le départ que les horaires et les jours de travail seront « décalés ». Mais le simple argument que pour une bibliothèque « ce n’est pas dans l’usage », est suffisant pour moi. Le fait de considérer que c’est « presque pareil que », ouvre la porte à d’autres « oui, mais c’est tout comme ».

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          1. salanobe

            Moi non plus, ça ne m’arrange pas et je ne voudrais pas me faire passer pour plus exemplaire que je ne le suis 😉 mais si on n’arrive pas à faire des efforts au détriment de nos petits intérêts, comme espérer que ceux qui ont bien plus d’intérêts à exploiter des personnes changent leur façon de faire.
            Je serais même suffisamment radicale sur le sujet, pour interdire tout travail dominical (sauf le secteur de la santé).
            Isabelle, où vous travaillez, il n’y a pas de personnel qui s’occupe du ménage ou de la maintenance, qui travaille le dimanche ?
            Effectivement, ils doivent avoir une majoration du taux horaire et gagner une misère et demi au lieu d’une misère.
            Pour peu que ce soit une femme seule avec des enfants, cela doit lui coûter un bras pour les faire garder ou elle peut les laisser seuls même si c’est un peu dangereux parce que « si elle n’est pas contente, y en a d’autres qui rêveraient d’être à sa place ! ».

          2. Isabelle

            Concernant les bibliothèques, justement l’usage est assez limité… en général. Environ 17% à 18% de la population est inscrite à une bibliothèque et il y a 20% des usagers qui ne sont pas inscrits. Ouvrir le dimanche s’inscrit dans une politique de lecture publique, pour toucher un plus grand nombre de personnes. Il suffit d’aller dans une bibliothèque en semaine pour constater que le nombre de lecteurs présents n’a rien à voir avec celui du samedi.
            Je pense que c’est une voie pour ouvrir à un public plus large.

            Il est clair que là où je travaille il y a du personnel de maintenance (touchant prime dominicale) pour certains équipements, mais le personnel est réduit. Concernant le ménage, c’est pareil, mais avec des marchés extérieurs plus défavorables. Faut-il pour autant fermer ? Les « dimanches gratuits » notamment attirent essentiellement un public francilien (contrairement aux jours de semaine) et battent des records de fréquentation. Cela correspond donc à une sortie, si ce n’est culturelle au moins touristique, qui n’est pas celle du centre commercial. Cela me semble plutôt positif.
            La question du travail décalé des femmes et en particulier de la garde est importante. Je suis d’accord qu’il y a un souci. Je note que le week-end, les agents de nettoyage sont plus des hommes, mais cela n’enlève rien à la problématique générale des emplois à temps partiels ou en plannings décalés, souvent précaires, qui sont essentiellement occupés par des femmes…

          3. Cécyle Auteur de l’article

            J’ai l’impression que la réponse dépend du côté où l’on se place.
            * Si l’on est dans une dynamique d’ajustement du système, alors il me paraît important que les lieux culturels soient ouverts de manière à ce que le plus grand nombre puisse y accéder sans trop de contraintes d’horaire dans le respect des droits des travailleurs, bien sûr.
            * Si l’on est dans une dynamique de changer le monde, alors on supprime le travail dominical, hormis les secteurs « vitaux » comme la santé… Mais même dans ce monde idéal on ne peut se limiter à la santé. Me vient à l’esprit les transports, par exemple… Que serait une société éco-responsable et juste où les transports collectifs ne fonctionneraient qu’aux heures ouvrables ?
            Et même si j’ai un faible pour les positions de principe, je me demande si l’on pourra un jour changer le monde sans que le plus grand nombre n’ait pas eu, au préalable, accès à la culture et au savoir…

    2. Isabelle

      Je travaille depuis des années un week-end sur deux, donc samedi et dimanche. Mon emploi du temps est construit sur cette base d’alternance. Cela me convient très bien et j’ai une prime pour le travail dominical. La grande différence est dans les conditions dans lesquelles les personnes travaillent.
      Je crois que pour le lien social, il est plus intéressant que des personnes se retrouvent à la bibliothèque ou au musée plutôt que d’aller dans les centres commerciaux.
      C’est pourquoi, je pense qu’il faut refuser la généralisation du travail le dimanche, notamment en s’opposant à l’ouverture des commerces pour privilégier des lieux non commerciaux ouverts le dimanche.

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