Bonheur @12

Quand je pense que j’ai attendu quarante ans pour faire du sport… !
Alors que je déroulais un matin, je me suis souvenue que quand j’ai commencé le judo, je ressentais le besoin de faire une sieste les jours où j’avais cours. Et maintenant, je déroule une demi-heure les lendemains de cours pour récupérer, avec une dizaine de minutes d’étirements et assouplissements à suivre, qu’il pleuve, vente ou que la touffeur de l’orage à venir soit étouffante. Incroyable !
Oui, cela l’est au vu des quarante années où l’activité physique m’était une horreur, mélange de souvenirs de collège et lycée, ballons pris dans la figure, cordes à sauter où je m’emmêlais les pieds, vestiaires sans intimité, règles trop douloureuses… J’aimais pourtant marcher sur la poutre, ou rouler autour des barres asymétriques. Mais je n’ai jamais réussi à monter à la corde, même à nœuds, et nombre d’exercices demandés me semblaient hors d’atteinte. Et puis, j’étais plutôt tête que jambes. Alors ? Pourquoi chercher plus loin ?
Je mesure d’autant le chemin que j’ai parcouru ces dix dernières années et mon plaisir au sport est si grand ! Au judo, d’abord, qui m’est une véritable source de jouvence. Je n’ai pas vraiment la sensation de progresser tant les contraintes de mon corps englué dans ses déséquilibres me paraissent fortes. Mais de temps à autre, je prends conscience d’une chose que j’ai pu faire : hier, j’ai tenu sur un pied pendant un exercice de jujitsu. Tenir sur un pied en bougeant l’autre. Oui, je peux. Incroyable !
Je mesure aussi combien l’hygiène de vie qui va avec cette activité sportive, et que j’ai construite petit à petit, convient à mon équilibre et à mon bien-être : plus de tabac, pas d’alcool, des nuits de huit heures, une alimentation variée, équilibrée qui sait marier tofu et gâteau au chocolat, six heures de sport par semaine, une heure au moins de marche par jour, cinq kilos perdus cette année… Je sens bien que d’aucuns vont trouver que je mène là une existence bien austère quand j’y vois toujours plus de liberté, parce que quand ma chair se sent bien dans mon corps, mon esprit, mes affects, carburent à plein !
Incroyable ! Mon bonheur se nourrit d’endorphine. Si j’avais su… On ne refait pas l’histoire ; je sais. Il me reste au moins cinquante ans à vivre. J’en profite !

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