Credo @7

J’ai assisté l’autre vendredi à un Fêtez Dieu de David et Jonathan, assez agréable d’un point de vue humain, mais particulièrement ennuyeux côté « contenu spirituel ». Il était question mariage, bien sûr, tant le sujet semble aujourd’hui inévitable. Et de Saint Paul, pour qui « tout est permis, mais tout n’est pas profitable ». Le lien ? Je ne sais pas. Je n’ai pas tout compris, ce d’autant que je turbinais à autre chose.
Un instant, il était question du fait que « Dieu est amour », et que donc il ne pouvait qu’aimer les homosexuels, donc leurs amours, donc le mariage homosexuel. Et, comme une apparition, j’ai trouvé le raisonnement simpliste au point de lui en substituer immédiatement un autre ! Oui, « Dieu est amour », et c’est bien pour cela qu’il ne peut cautionner le mariage entre personnes de même sexe ! Pourquoi ? Mais c’est évident ! Parce que le mariage n’est pas amour (c’est Isabelle qui l’a dit et je suis d’accord avec elle !) ; le mariage, c’est une union, un contrat, une institution, des droits et des devoirs et l’on ne se marie pas par amour ! On se marie pour faire reconnaître une union et celle-ci n’est pas synonyme d’amour. Elle peut l’être, bien sûr, mais ce n’est pas son essence, pas son « principe existentiel ».
Ainsi, parce que le mariage n’est pas amour, s’il refuse le mariage aux homosexuels, Dieu leur reconnaît ce qui fonde le désir homosexuel : l’amour, justement ! Vous me suivez ? Si si, faites un effort ! L’amour, le grand, l’unique, devient ainsi l’apanage des homosexuels, laissant aux hétérosexuels la lourde tâche de s’unir sans avoir besoin de s’aimer là où les homos s’aiment tant qu’ils n’ont pas besoin de s’unir.
Vous trouvez le raisonnement spécieux ? Il l’est, évidemment ; mais j’ai bien le droit de m’amuser un peu. Non ?

33 réflexions sur « Credo @7 »

  1. salanobe

    « Là où les homos s’aiment tant », vous êtes bien optimiste ! A moins que vous ne fréquentiez des lieux de débauche où on peut avoir cette illusion. 😉

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      C’était pour rire ! 😉
      Votre allusion à une illusion me rappelle une phrase d’un roman que j’ai en stock, où je disais (de mémoire) que ce qui est difficile, ce n’est pas de ne pas aimer, mais de lever l’illusion (de l’amour). Je gage que le mariage en lèvera beaucoup !

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      1. salanobe

        Mince ! Je commençais à le trouver sympathique, Dieu.
        Je ne crois pas que ce soit le mariage qui lève les illusions mais le temps et l’expérience.
        Le mariage religieux n’est qu’une étape de plus dans la vie d’un croyant, après le baptême et les communions.
        C’est l’engagement spirituel indissoluble entre deux personnes, pour Dieu, dans le but de procréer.
        Ça paraît évident mais je pense que beaucoup de personnes l’ont oublié et se marient à l’église pour avoir un « beau » mariage, sans avoir conscience de la portée de cet engagement.
        On ne se marie pas à l’église par amour pour quelqu’un mais pour Dieu. Si on est croyant, il n’y a pas d’illusions mais une voie à suivre.

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        1. Cécyle Auteur de l’article

          La confusion entre amour et mariage vient certainement de cette confusion entre « beau mariage » et « amour de Dieu ». Un mariage « pour l’amour de Dieu » ne peut effectivement pas lever l’illusion de l’amour : il est amour. Mais un « beau mariage », religieux ou non, lui, s’expose à aller dans le mur car dès le départ, il n’est pas dans sa nature.
          Et là, la désillusion sera grande…

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  2. Sonatehome

    C’est bien contre cela que je me bas depuis des années : arrêter de me leurrer et croire que je suis toujours amoureuse !

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  3. l-connection

    Certes, raisonnement spécieux mais ça tient debout !
    L’Amour était jusqu’à présent un joyaux unique séparé du concept bassement matériel du mariage. Vivre sans la possibilité du mariage permettait de ne vivre que l’Amour et d’en ressentir l’essence inaltérée. Désormais, les homosexuels, par l’accès au mariage, devraient eux aussi connaître l’écueil d’autre chose que ce pour quoi ils se sont tant battu, ils vont découvrir la Raison de l’Amour.
    Alors oui, ne pas avoir eu accès au mariage peut être considéré comme la bénédiction de Dieu car il nous avait gardé le meilleur…

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  4. Locks971

    « L’illusion (de l’amour) » ?
    Voilà une idée toute nouvelle pour moi. C’est drôle, je ne me suis jamais posée la question de l’amour en ces termes
    Qu’entendez-vous par là ? Que l’amour est illusion ? Qu’il engendre l’illusion ?

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      À l’occasion d’une rupture douloureuse, j’ai écrit dans l’urgence un roman (non publié) que j’ai appelé Retour d’amour. Il rassemble les vingt-deux lettres d’amour que la narratrice n’a pas reçues, celles qu’auraient pu écrire les femmes concernées par ces ruptures.
      Chaque lettre se présente avec un court rappel des conditions de la rupture. Puis suit un commentaire où la narratrice explique le genre de lettre qu’elle aurait aimé recevoir puis la lettre suit. Voici le passage qui concerne « l’illusion de l’amour », commentaire de la présentation des faits (lettre n°2) :

      « Et après ça j’aurais voulu que Clarisse m’écrive une lettre d’amour ? Quel genre de lettre ? Et qui aurait permis quoi à part satisfaire ma vanité ?
      « Ma vanité, en effet. Car sur quel autre mobile peut-on espérer une lettre d’amour de quelqu’un que l’on n’a pas pas aimé ? Qu’il est difficile d’écrire une chose pareille ! Que cela m’est insupportable, pas de ne pas avoir aimé Clarisse, mais de rompre l’illusion.
      ‘Notre relation, extraconjugale pour elle, clandestine pour moi, me satisfaisait ; elle me permettait de ne pas cultiver mon sentiment amoureux — et réciproquement ? —, de rester dans le désir, loin de tout engagement et de ce qui aurait pu porter ombrage à celle qui incarnera longtemps mon absolu de l’amour, Fulgence, en vie alors, morte à présent. C’est pratique.
      « Oui, j’ose cet insoutenable « C’est pratique », puisque sa mort me donne la certitude qu’elle ne lira pas la lettre que je lui ai fait écrire et que je ne risque, par conséquent, aucun commentaire ni objection sur ma version de l’histoire. Je suis plus en difficulté face à cette lettre que j’attribue maintenant à Clarisse, même si j’ignore totalement ce qu’elle est devenue, et face aux dix-neuf autres à suivre ; je ne crains pas certains regards ; d’autres me tourmentent.
      « Je dois continuer pourtant, quel que soit le péril auquel me mène l’exercice, parce qu’il s’avère aussi douloureux que salvateur. Et de quoi devrais-je me sauver de ma relation à Clarisse ? Qu’elle n’était pas amoureuse, forcément ! Il n’est pas si aisé de mesurer combien l’amour côtoie l’artifice, quel que soit le feu qui l’anime. »

      J’espère que ce court passage ne sera pas trop abscons.

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      1. Locks971

        Dommage qu’il ne soit pas publié. J’aime les personnages qui se livrent à l’introspection, surtout sur un sujet aussi douloureux que celui des relations amoureuses. Cela me donne le sentiment de ne pas être complètement seule dans ma folie. ;-D

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  5. Locks971

    Ce qu’il y a de bien avec vous qui vivez en hétéronomie, c’est que je suis obligée de me balader avec un dictionnaire maintenant. Alors « abscons ». Ah ! Ok non, ce n’était pas trop abscons. 😉
    J’en reviens à l’amour. L’illusion ne vient-elle pas du fait que l’on veuille faire coïncider une expérience très individuelle, à un concept qui englobe le tout. Je rencontre quelqu’un, je ressens des choses fortes ou inconnues, et le besoin de nommer se fait sentir et je l’appelle l’Amour. Avec pour corollaire (j’ai cherché le sens de ce mot dans le dico là aussi, lol) « pour toujours », « âme soeur », « grand amour », « mariage », etc.
    S’il existe 7 milliard d’humains sur terre, et qu’il existe alors aussi 7 milliards de façons d’aimer (au moins), ne serait-ce cela l’Amour ? L’ensemble de l’expérience humaine sur le sujet. Alors dans ce cas, oui, l’amour à mon échelle est illusion, puisque seulement une infime partie de ce tout.
    Un homme sage m’a dit un jour que c’est comme quand on écoute la radio. On se branche sur une chaîne, on écoute, et puis on change de chaîne. La chaîne a-t-elle pour autant cessé d’émettre ?
    Pour moi, c’est ça l’Amour. Quelque chose qui existe indépendamment de nous, et à laquelle on est connecté, ou pas. Une personne, une fleur, une musique, une odeur, sont autant de portes d’accès. La question que je me pose est la suivante : Peut-on y accéder sans passer par des intercesseurs ?
    Pour le coup, c’est à mon tour d’espérer que mes propos ne seront pas trop abscons.
    (Yes ! Deux fois dans le même paragraphe)

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      L’amour serait Dieu, alors ? 😉
      Je vous renvoie plus haut au commentaire de Salanobe sur le « beau mariage ».

      Il me semble que pour la relation amoureuse, ce qui fait que l’amour est amoureux, c’est le désir. Celui-ci est (presque) facilement identifiable. Mais vous avez raison, l’amour à suivre est affaire de personne. Ce qui me gène, ce sont les définitions (ou les pratiques) où l’on sent une volonté de s’approprier l’autre. Avant tout, aimer me semble ouvrir un espace de liberté… mais c’est un sujet récurrent en hétéronomie tant on (je crois pouvoir associer Isabelle ici), on aime bien se triturer l’abscons ! 😉
      Et l’illusion vient aussi des représentation de l’amour… Celle-ci, par exemple ! 😉

      Quant à vous faire dégainer votre dictionnaire, forcément, j’en suis ravie ! 😉
      (et je partage votre « dommage » sur le fait que certains de mes romans dorment dans mon ordinateur 😉

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      1. Locks971

        « Se triturer l’abscons ». Je n’ai pas trouvé cet usage sur mon dictionnaire. Bien que j’en comprenne tout de même le sens, je sais m’avouer vaincue devant plus fort que moi, donc je m’incline.

        Concernant le mariage, je reste très terre à terre.

        « Le mariage permet de résoudre à deux les problèmes qu’on n’aurait pas eu tout seul. »
        Je suis assez d’accord avec ça. Donc le choix pour moi se résume à « Est-ce que j’ai envie de m’e…… avec ces problèmes là, ou pas. J’ai choisi « Ou pas ».

        Mais j’ai envie de tomber amoureuse. Tomber, vaciller, tituber, plier…Tous ces moments comme vous dites où des espaces de liberté s’ouvrent et nous engloutissent. Même si on en ressort comme un vieux crachat.
        J’aime l’image d’espace de liberté.
        Quand au désir… L’amour et le désir ne sont pas deux notions que je relie automatiquement…Je n’ai pas d’avis tranché, mais je reste prudente.

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  6. salanobe

    Ouf, « tomber, vaciller, tituber, plier », tous ces mots me font plus penser à amour inconditionnel, soumission, perte de ses moyens, plutôt qu’espace de liberté.
    Est-ce le mariage ou la vie de couple qui vous pose problème ?
    Si c’est la vie de couple, effectivement il y a des arguments pour et contre, et c’est une question de préférence. Ça ne se discute pas.
    Sinon, quels seraient les inconvénients supplémentaires du mariage par rapport à la vie de couple (à part les formalités administratives et les coûts de la cérémonie et éventuellement du divorce) ?

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    1. Locks971

      « Tomber, vaciller, tituber et plier »…cela voulait-il dire amour inconditionnel et soumission : Non.
      Perte de moyens : Oui.
      Mais cela reste selon moi complètement compatible avec la liberté. Je fais plutôt référence à cet état dans lequel on se trouve et qui chamboule notre confort et ordre établi. Ce truc qui nous gêne et qui est synonyme de transformation.
      Ni le mariage, ni la vie de couple ne me pose de problème. J’ai envisagé l’un et expérimenté le deuxième. Ce ne sont pas des choses que je rejette. Mais elles n’ont pour moi qu’une importance relative.
      J’ai lu quelque part que durant la période esclavagiste, les esclaves qui n’avaient pas le droit de se marier à l’église (non pas qu’ils l’ai voulu non plus), scellaient leur union en se tenant par la main et en faisant quelques pas ensemble sur un chemin. Pour moi cela n’est pas plus que ça. Les institutions religieuses ou étatiques n’ont rien à y voir.
      Quant à la différence entre mariage et la vie en couple. Je me pose encore la question. Qui a eu un jour l’idée, ou le besoin de figer sur un bout de papier une union. C’est comme un refus que la dite union soit quelque chose de vivant et donc de changeant et potentiellement de périssable. La peur est-elle la raison de tout cela?

      Et pour être un peu plus personnelle, ce sont là des réflexions. Rien à voir avec ce que j’ai déjà vécu.
      Et c’est peut-être pour ça que j’ai choisi « Ou pas ». C’est le seul moyen compatible aujourd’hui pour moi (hypothétiquement) avec l’espace de liberté décrit par Cécyle.

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      1. salanobe

        C’est l’État, par le biais de la religion qui a eu le besoin de figer (c’est bien le mot) ça.
        C’est justement l’intérêt, de créer des contraintes, une morale, d’établir un ordre, tout en laissant croire aux gens que c’est le summum de l’apothéose du bonheur et qu’ils en redemandent.
        C’est le mariage qui garanti l’ordre d’une nation et la soumission des peuples.

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  7. Locks971

    Waouh! Je crois que j’ai raté un chapitre. Entre la première phrase et la dernière.
    En quoi le mariage garantit-il l’ordre et la soumission des peuples ? Voulez-vous dire par là que c’est un moyen de canaliser l’énergie amoureuse et/ou l’énergie sexuelle ? Ou alors peut-on aller encore plus loin et carrément dire que c’est l’état dans son ensemble qui « garantit l’ordre et la soumission des peuples ».
    Cela me fait penser à un texte que j’ai lu (décidément, il va falloir que je note tout ce que je lis et où je le lis) où il est fait mention d’une loi avant la révolution qui disait que tout homme jugeant une loi inique pouvait ne pas la respecter. Il paraît que c’est une des lois que les révolutionnaires ont supprimé.
    Comme quoi…

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  8. salanobe

    L’idée de départ est qu’un homme marié est un homme responsabilisé, avec femme et enfants à charge. Il va se sédentariser, travailler pour nourrir sa famille et ne surtout pas prendre les armes et se rebeller parce qu’il n’est plus seul.
    Une femme mariée (le plus tôt possible), enfin honnête femme dévouée à son mari et ses enfants, va rester à la maison à faire la cuisine et changer les couches. Plus besoin de penser, son mari est là pour ça.
    Tout ça après avoir signer le registre à l’église pour être recensés.
    Si ça ce n’est pas du contrôle et de la soumission.
    Même si la société a évolué, ça reste quand même l’idée de base du mariage.

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  9. Locks971

    « C’est l’État, par le biais de la religion qui a eu le besoin de figer ça ».

    C’était avant ou après la séparation des deux ? (Ok, pas vraiment séparés mais on nous demande de faire comme si).
    Je suis sceptique quant au fait de considérer l’État ou l’église par ailleurs) comme une entité à part entière. Car derrière cette « entité », se cachent des hommes et des femmes avec leur peurs et leurs faiblesses. C’est pour cela que je me pose la question.
    Il me semble qu’aujourd’hui, l’Homme se retrouve confronté à ses peurs. Et cela est vrai aussi bien à l’échelle individuelle que collective. Aucune solution institutionnelle (donc figée) ne viendra au secours de l’individu (unique par nature), et c’est pour moi là la plus grande illusion. Faire croire qu’une loi puisse vous prémunir de vous sentir seul, ou incompris ou malheureux. Face à cela, nous sommes seuls au monde.

    Peut-être après tout que ce sont les moins courageux d’entre nous qui font les lois ?

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Merci pour tous ces échanges ! 😉

      Une précision sur le mariage civil.
      Il s’agit avant tout d’un contrat passé entre deux personnes destiné à gérer des biens, contrat validé par une autorité publique, l’État. État qui au passage établit la filiation, filiation qui n’a pas vocation de donner de la sérénité psychologique aux enfants mais bien d’organiser la transmission du patrimoine.
      Le mariage ainsi défini a été balisé juridiquement dans le Code civil, juste au début de la Révolution industrielle. Il a été ainsi le meilleur allié du développement du capitalisme : travail gratuit des femmes, service sexuel, patrimonialisation à tout va, transmission familiale des biens.
      Il n’est donc pas question d’amour, juste de patrimoine et de système de production.
      Le fait de vouloir « enrober d’amour » cette institution capitaliste par essence (le capitalisme se définit au départ par la « propriété privée des moyens de production ») fait porter à l’amour des symboles biens éloignés de « l’amour de Dieu » auquel correspond le sacrement chrétien du mariage.
      Et c’est bien pour cela qu’il me paraît aberrant de parler d’amour quand on parle de mariage.

      Sur la vie de couple, j’ai une question : ne peut-on pas vivre à deux sans former un couple ? 😉
      Il me semble que la solidarité, l’entraide n’ont pas besoin du couple. Et l’amour non plus ; car, à mon sens, le couple est un espace clos. Attention !! Je ne parle pas ici des questions de « fidélité sexuelle » auxquelles je suis plutôt attachée. J’espère simplement qu’il est possible de s’aimer en ouvrant un espace de liberté et non un espace d’oppression (le mariage, par exemple).

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      1. Locks971

        Bon, concernant la vie de couple, je suis d’accord. Et la prochaine fois je vous laisse parler. C’est bien plus clair quand c’est vous qui le dites.;-).
        Et ça me laisse de l’espoir pour la suite. Qui sait?
        Pour ce qui est du mariage chrétien, je suis moins convaincue de « l’amour de Dieu » auquel il correspondrait. Ou du moins ai-je des doutes quant au rôle incontournable que l’église dit devoir y jouer.

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      2. salanobe

        Si on vit à deux, on forme forcément un couple, marié ou pas, non ?
        Je trouve que c’est un peu contradictoire de défendre la liberté dans la relation amoureuse et d’être attachée à la fidélité sexuelle. Il est assez difficile d’accepter l’infidélité, surtout de l’autre (la sienne, on la vit plutôt bien) mais si on considère que la personne avec qui on a une relation ne nous appartient pas, on ne peut pas lui demander l’exclusivité de son corps et de son plaisir.

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        1. Cécyle Auteur de l’article

          @ Salanobe. Non, justement… À mon sens, dire que l’on forme un couple revient à cette arithmétique : 1 + 1 = 1. Et je ne sais pas compter ainsi. Car alors, je comprends que l’un et l’autre ne compte que pour un demi… 😉
          Quant à la fidélité sexuelle, je préfère qu’elle me soit donnée (et que je la donne moi-même), comme une évidence. L’autre ne peux pas m’appartenir ; cette idée m’est totalement insupportable; et réciproquement. Il est totalement libre de lui-même (et réciproquement), sexuellement, affectivement, et ce sont nos choix respectifs, librement et spontanément exprimés, qui font la relation. La relation alors ne fait pas un couple, mais reste bien une relation entre deux personnes.

          J’aime beaucoup l’idée d’ensemble de Locks971 (ci-dessous). Cela colle bien, en effet.

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      3. Isabelle

        Historiquement, le mariage est un rapport de possession de patrimoine, voire d’individus (enfin de la femme par l’homme). L’héritage est lié au mariage, validant qui peut y prétendre ou non.
        Dans la religion catholique, les mariages n’étaient avant, en gros (selon mes souvenirs d’histoire du droit) les XIIe-XIIe siècle, que des unions dans les bois sans prêtre et juste un témoin. L’Église l’a inscrit comme sacrement pour marquer la vie des individus et créer une obligation non plus seulement matérielle, mais morale.
        Une institution est une création intellectuelle (religieuse, juridique, morale) contraignante pour tenter d’assurer une certaine stabilité de la vie en commun… pour le meilleur et pour le pire.

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        1. Cécyle Auteur de l’article

          Merci pour ces précisions.
          C’est bien quoi je pensais… J’ai d’ailleurs un édito à faire sur le sujet ! 😉

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  10. Locks971

    Etre en couple (amoureux), c’est un choix de vie qui devrait être défini à la base. Dans quelles circonstances sommes nous un couple, et dans quelles autres j’existe en tant qu’individu libre ?
    C’est pour cela que la notion d’espace de liberté de Cécyle me plaît beaucoup. Si on prenait le modèle mathématique des ensembles, le couple est-il l’espace où les deux éléments qui le constituent se chevauchent, ou est-il un espace plus grand qui les englobent et les laisse intacts individuellement.
    Après pour la fidélité sexuelle…
    Encore une fois, le sexe et le désir font appel à des mécanismes encore obscurs pour moi.

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  11. l-connection

    Vous êtes toutes douées en arithmétiques on dirait.
    Je vous pose une autre règle d’algèbre en matière de couple: 1+1=3
    à savoir que deux individus forment une entité qui elle aussi a sa réalité, évoluant tous trois dans une cohabitation tacite. Chaque individu apporte à cette entité sa propre liberté (celle justement qui ne doit cesser d’exister), ses forces et ses faiblesses, et par une alchimie qui n’est autre que « l’équilibre » (celui-ci étant sans cesse instable mais visant constamment l’idéal d’une balance exacte), l’entité formée par ses deux individus prend vie, existe, et elle peut revêtir de multiples noms comme le couple, l’association, l’union, l’entraide,…. Elle est mouvante, et je ne pense pas que les deux individus qui la génèrent en demeurent intacts. Forcément, de toute relation vient une expérience, un enseignement, des peurs et des joies, et c’est pour cette raison qu’un même individu ne pourra jamais vivre une union identique selon sa progression en âge et selon l’autre individu bien sûr.
    Mais quelle belle aventure ! Et peu importe l’issue, on en ressort toujours grandi, enfin, c’est mon point de vue…

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Je crois que je n’ai pas envie de ce troisième ; je n’ai en tout cas jamais ressenti mes relations amoureuses ainsi et quand l’autre aspirait à ce couple, premier ou troisième, je suis toujours partie. L’aventure, à chaque fois, ne m’en a pas semblé moins jouissive ou périlleuse. Peut-être, tout simplement, ne suis pas faite pour « l’union » ! 😉

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  12. l-connection

    je ne pense pas qu’on soit faite ou non pour l’union, chacun la sienne en faite, non?
    Si on repart sur les calculs, on retrouve les possibilités suivantes finalement:
    1+1=1 c’est la relation fusionnelle dans laquelle les individus n’ont plus vraiment leur place
    1+1=2 les deux individus s’additionnent et privilégient l’individualité
    1+1=3  »  »  »  »  » et créent un « foyer » qui représente la 3ème entité

    Personnellement, j’aime bien l’option 3. Mon individualité est essentielle, ma liberté en fait (dans le respect de l’Autre bien sûr), exister par moi-même, mais mon couple est tout autant important, une réelle source.
    Mais pour en revenir à ton sujet initial, finalement, la bénédiction, c’est d’avoir le choix de sa façon de vivre sa relation.

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Non, non, je ne m’ « additionne » pas ! 😉 J’en suis incapable ! Je retire donc l’opération mathématique. Ou alors, je reste sur quelque chose de très simple 1 = 1. Et quand le désir pointe le bout de son nez, je m’en repais avant de repartir.

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    2. Isabelle

      Que de beaux échanges, merci !
      Certains m’ont rappelé des souvenirs de cours de mathématiques et de logique, notamment de théories des ensembles.
      Je pense que la relation mathématique fausse la vision que l’on peut avoir de la relation entre deux être humains, car on additionne des individus pour obtenir quelque chose qui est une relation s’incarnant dans des objets ou des constructions intellectuelles (philosophiques, religieuses, juridiques, administratives) comme un lit double, un compte joint, une imposition commune…
      Prenons la relation d’amitié : il y a deux personne et des relations entre elles, des sentiments (qui ne sont pas extérieurs à chacun des individus), des connivences (partagées mais n’existant pas sans les deux personnes qui les ont), des traces (un gâteau au chocolat, une carte postale, un blog, un virement bancaire, un Petit Mouton), existant parce que les personnes ont existé et vécu cette relation. Certaines de ces traces laissent plus ou moins de marques dans les individus, dans l’espace social (l’état civil…), dans la réalité (miam, on mange du gâteau !) Tant que la relation dure, il y a… une relation, qui se dissout si elle cesse.
      Pour une relation amoureuse, c’est pareil. Soit on choisit de partager le plus de moments possibles, d’avoir une relation très exclusive vis-à-vis des autres, etc. et la relation est forte (ce qui n’a pas de corolaire en arithmétique et peut correspondre à une bijection – jamais complète en réalité – en théorie des ensembles). Tant qu’il y a relation, il y a deux personnes en « fusion », quand la relation cesse, il y a deux personnes séparées. Soit on a une relation moins forte (identiquement représentée en arithmétique) et deux personnes pendant la relation comme avant et après.
      Dire « couple », « relation », « ami », « partenaire », « époux », « copine », « moitié », etc., c’est simplement décrire une qualité de relation, pas créé une entité extérieure. Elle a juste un nom et une inscription matérielle et intellectuelle différente.
      Comme Cécyle, je ne crois pas au premier et au troisième, ce sont des créations plaquées sur des réalités, des cadres pré-pensés auxquels se raccrocher pour nommer ce que l’on veut ou croit vivre. En ôtant tous les oripeaux religieux, sociaux, etc., il y a deux personnes et une relation entre elles qui n’existe que par elles. L’avantage de penser que l’on est toujours seulement deux dans une relation à deux est de ne pas se leurrer sur ce que l’on croit, ce qu’il faudrait croire, faire, penser, etc.
      En effet, si je sais qu’il n’y a pas un cadre pré-pensé, je dois à chaque fois m’investir personnellement dans la relation.
      En revanche, sinon, je dois me dire : parce que je sors avec une fille qui m’a plu et à qui j’ai plu (d’après ce que je sais), je dois être amoureuse, ressentir du désir, penser à la vie commune et maintenant au mariage ; si je suis mariée, je dois être fidèle, dire à l’autre quand je sors et rentre et organiser des vacances communes ; si je suis une gouine rebelle a relation « ouverte », j’accepte que l’autre est d’autres relations sexuelles sans que cela me blesse. Le souci est que dès que je ressens ou pense quelque chose qui n’est pas dans la liste, je peux me le cacher un temps et souffrir en me leurrant, et, le jour où ça pète, m’en prendre plein la gueule.
      L’autre option est donc de se demander ce que l’on cherche et trouve dans la relation et si cela rend heureux (si c’est le but, sinon s’interroger sur la correspondance avec la finalité de la relation) et demander à l’autre ce qu’il cherche et trouve. Ce n’est pas facile, car les illusions et les normes sont plus simples à vivre, mais c’est se donner la possibilité d’une relation à l’autre plus conforme à ses aspirations.
      Seul à vivre sa naissance, seul à vivre sa mort, seul à décider quelles qualités de relations vivre avec les autres ou à accepter ce qu’ils veulent ou peuvent bien y mettre.

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      1. Cécyle Auteur de l’article

        Ah bien ! Tu nous gâtes aussi ! 😉
        Merci.

        J’aurai juste cette conclusion, même si ton long commentaire ouvre à beaucoup de réflexions ! « Jouir sans entraves » ! 😉
        Ou… Un, deux, trois… jouissons !

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