Croissance @3

Mon bailleur, social, a décidé de changer toutes les chaudières de notre îlot. Le jour du RDV, arrive à heure dite l’ouvrier chargé d’installer mon nouveau chauffe-eau, employé du chauffagiste qui vient de décrocher le contrat d’entretien de nos trois cent cinquante chaudières. L’homme est souriant, d’emblée très poli, presque révérencieux. On échange un bonjour. Il évoque en deux mots la chaudière. Il va dans ma cuisine. Je lui demande s’il a besoin de quelque chose. Il répond « merci », toujours très souriant. Puis je lui demande pour combien de temps il en a.
— Je comprends pas, madame.
Et moi, je comprends qu’il ne parle pas français. Peu m’importe tant qu’il fait bien son travail… Sauf qu’il va avoir du mal à m’expliquer le fonctionnement de la nouvelle chaudière dont je ne peux pas lire l’écran (j’ai vu ça chez Ma-Jeanine). Peut-être qu’alors le chef de chantier (cravate et classeur à la main) ou un autre gars qui lui parle français et traduit pour l’ouvrier dans ma cuisine viendront m’expliquer ? Suspens. J’écris ce billet en direct. Au pire, j’appellerai mon gardien…
Peu m’importe, donc. Eh bien ! Non. Il m’importe que mon bailleur, établissement public, sous-traite ses travaux de plomberie auprès de sociétés qui emploient des travailleurs au noir. Qu’est-ce que j’en sais ? Nouveau marché. Homme ne parlant pas français. Secteur du BTP. Les trois ingrédients me paraissent suffisants. Je peux me tromper, bien sûr… Mais une question me taraude : comment embêter mon bailleur et son sous-traitant sans que cet ouvrier n’en fasse les frais ? Je l’ignore.

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