Archives mensuelles : mai 2013

Arc-en-ciel @6

Je viens d’avoir une révélation ! Si ! Et Jésus n’y est pour rien.
Dans mon fil d’actualité Facebook, je remarque un clip de campagne contre l’homophobie de l’Idaho : « L’amour n’est pas un crime ». Et là… Miracle ! Je comprends pourquoi ces messages mièvres sur le thème de l’amour pour lutter contre l’homophobie et défendre le mariage m’agacent au plus haut point. Parce que contrairement à ce que j’ai écrit il y a quelques jours (ici) pour étayer un raisonnement spécieux, l’homosexualité, ce n’est pas de l’amour. C’est du désir ! Oui, du désir, donc du sexe, et ça change tout !
Combien de fois ai-je entendu « Mais on nous réduit à du sexe alors qu’il s’agit d’amour » ? Foutaise ! Car bien sûr que nous sommes du sexe, et ce qui caractérise notre désir, notre « manière d’appréhender le sexe », c’est de l’extraire de la génitalité et de ne pas avoir besoin d’une certification « amour d’État » pour le vivre. L’homosexualité, c’est le sexe pour le sexe, le désir pur, du Genet à toutes les lignes.
Bon, j’avoue, ce n’est pas vraiment une révélation. C’était le fond d’un article que j’avais écrit pour feu le magazine Ex Aequo en 1998 à propos du Pacs. Mais je me rends compte que j’ai aussi succombé à l’édulcoration de ma pensée pour ne pas donner argument aux homophobes de tous poils. Je n’édulcore plus ! C’est fini. L’homophobie ne reculera pas par la surenchère normative. Elle reculera quand l’hétérosexualité nous rejoindra sur le terrain du désir. « Notre corps, nous-mêmes »… Vous vous souvenez ?

Note : Dans le clip, ne ratez pas les filles en jupe rose et les garçons en pantalon bleu. Ils font partie de mon raisonnement.

Paris @21

Lors de grands rassemblements, des toilettes et urinoirs mobiles sont installés. C’est par exemple le cas lors de grandes courses à pied. Toutefois, dans certains quartiers, notamment le long du canal du bassin de la Villette, des urinoirs ont été installés pour de longues durées. Cette mise en place a été « justifiée » par les pouvoirs publics par les traces et odeurs d’urine dans certains endroits (je confirme !)
Installer des sanisettes est plus coûteux, notamment car il est nécessaire de les raccorder aux réseaux d’arrivée et d’évacuation d’eau.
Ne voyez-vous pas un truc gênant ? Ah ! oui, les urinoirs sont conçus pour… les hommes ! Est-ce à dire que les hommes ont tous des problèmes de prostate (surtout ceux qui participent aux apéritifs et pique-niques le long de ce bassin) ? Mais, c’est un vrai problème de santé publique ! Les problèmes prostatiques des jeunes hommes ont explosé (si je puis m’exprimer ainsi). Hum, peut-être est-ce simplement parce que l’utilisation de la voie publique pour se soulager est essentiellement le fait des hommes. L’installation de ces équipements, qui ont un coût pour l’ensemble des Parisiens soumis aux impôts locaux, est une marque d’impuissance face au manque de civilité et de savoir-vivre en commun de nombreux hommes.
Bref, s’impose à la vue de tous, une réponse ciblée, moche, visant à endiguer le flot de comportements machistes d’hommes mal éduqués. Le pire est que ce n’est même pas sûr que cela suffise lors des soirées d’affluence alcoolisées.

Différence @3

À l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie, Metro a consacré un article au Refuge, avec cette phrase : « (…) il ressort que la peur du regard des autres reste un obstacle majeur dans l’affirmation de son homosexualité. »
« Le regard des autres »… Il y a quelques années, on aurait plutôt mis en avant les discriminations et la peur de l’agression. Peut-être que cela revient au même (je n’ai pas lu le rapport et me fie donc au propos du journaliste) mais cette manière de le dire me semble symptomatique de deux choses.
* Le fait que le « regard de l’autre » est une contrainte sociale forte et ce, d’une manière générale. Ce « regard de l’autre » a toujours existé, comme moyen de coercition (pardon, de « cohésion sociale »), mais j’ai le sentiment qu’il n’agit plus comme une morale (« Que vont penser les voisins ? ») mais comme un « étalon » (« Je veux les mêmes seins qu’Angelina Jolie, ceux d’avant son opération, quand même »). Ainsi, ce « regard » pose une volonté de conformité à une norme là où autrefois il me semblait plus une volonté de se fondre dans la masse, une peur de se faire remarquer (un effet de l’Occupation, peut-être ?) Mais je peux me tromper. J’atteins un âge où je dois me méfier des « Autrefois, c’était… »
* En ce qui concerne plus spécifiquement l’homosexualité, il me semble que le poids de ce « regard » est un signe de la défaite (ponctuelle ?) de l’homosexualité politique, c’est-à-dire cette homosexualité qui propose un contre-modèle social, une contre-culture, une autre façon d’être au monde. Dans sa volonté de « laver plus blanc » comme gage de sa capacité à assumer ces droits nouveaux qu’elle réclame et fait des homosexuels des deux sexes des « bons pères de famille » (au sens du Code civil), une bonne part du mouvement homosexuel se retrouve coincé dans une norme qui ne lui ressemble pas, et porte de nombreux jeunes filles et gens à craindre « ce regard » qui dirait qu’ils sont différents, qu’ils ne seront jamais pareils, ce qui, soit dit en passant, est incontournable.
Vous pensez bien, qu’en ce qui me concerne, ne pas « être pareil » est une qualité ; et c’est tout à fait vivable car j’en fais depuis toujours une revendication politique non convertible en sentiment d’exclusion. C’est ma façon d’être au monde et, si le « regard des autres » m’importe, c’est le regard des « pas-pareils » qui me touche. Car franchement, que celles et ceux qui aspirent à intégrer l’ordre hétérosexiste ou y participent déjà me considèrent comme une sale gouine, je trouve que c’est un compliment !

 

Résistance @6

Les lecteurs les plus assidus de La vie en Hétéronomie connaissent un de nos credo « On ne lâche rien ! »
C’est en ce sens que lorsque Cécyle a connu des difficultés avec la MDPH, je lui ai conseillé de saisir le Défenseur des droits. Face à des difficultés dans la résolution d’un dossier lié à des attaques personnelles dont j’ai été victime dans le cadre de mes fonctions (et sur lesquelles je ne m’appesantirai pas ici), Cécyle m’a à son tour conseillé de saisir le défenseur. C’était le jeudi 23 en fin de matinée. Je clique pour obtenir le formulaire de saisine et arrive sur une page indiquant « Le formulaire est actuellement en maintenance. Il sera ré ouvert le jeudi 23 mai 2013 à 9 heures 30. Merci pour votre compréhension. » Après nouvelles tentatives, le message sera le même toute la journée. Vite des moyens pour le Défenseur des droits !

Bigleuse @30

Isabelle avait réservé un livre disponible à la médiathèque Marguerite Yourcenar, près de chez moi. Je suis allée le chercher pour elle. Je ne connaissais pas cette médiathèque…
J’ai commencé par chercher l’entrée, non signalée. De grandes portes en verre sur le côté d’un bâtiment en verre… je suis à la peine. Je me poste donc de manière à surveiller les allées et venues et trouve la porte grâce au flot des visiteurs. J’ai à la main ma canne blanche repliée, en cas de besoin (un malvoyant sans canne blanche, c’est comme un président sans projet politique : peu crédible).
Dès celle-ci franchie, je remarque au sol une ligne de guidage blanche. Je la suis. Elle mène à des escaliers. Je rebrousse chemin et remarque ce qui ressemble à des guichets avec de petites étiquettes suspendues. Je m’approche. Je longe la rangée de guichets et ne lis que « Retour ». Je m’adresse à la dame du seul guichet libre.
— Excusez-moi. Je ne connais pas la médiathèque. Je suis malvoyante. Je viens chercher un livre réservé.
Et je lui tends la carte d’Isabelle.
Aussitôt, la dame me dit qu’elle va m’aider. Elle prend le livre dans une étagère et me désigne une rangée d’écrans en face d’elle (ils sont le long de la bande blanche ; je ne les avais pas vus…)
— Il faut utiliser les automates.
— Pouvez-vous m’aider, je suis malvoyante et…
— Bien sûr !
Nous nous dirigeons vers la machine. Elle s’occupe du retrait ; je lui demande si les machines sont dotées d’un système vocal. Elle est surprise. Je lui explique que si elle me donnait des indications sonores, je pourrais utiliser seule la machine.
— Non. Mais nous avons un service spécifique pour les déficients visuels. Si vous avez un certificat médical…
— Une carte d’invalidité ?
— Oui, c’est très bien, une carte d’invalidité…
Je sentais bien que je manquais de crédibilité, même canne à la main. Elle me détaille tout ce qui est prévu. Ça m’a l’air intéressant. Je promets de revenir pour plus d’information, en prenant rendez-vous comme elle me le suggère. De retour chez moi, je regarde un peu le site des bibliothèques et télécharge la brochure « Lire autrement, 2 médiathèques parisiennes adaptées aux déficients visuels » ; on me promet un « accueil individuel » (en effet), un « accompagnement possible depuis le métro », plein de livres audio ou gros caractères, des DVD avec audiodescription et tant d’autres choses.
Et pas d’automates de retrait qui parlent ? Ce n’est pourtant pas le plus compliqué ! Quant à la signalisation extérieure de la porte d’entrée… Je leur dirai quand on sera devenus copains !

Cuisine @6

Après Quentin qui nous avait demandé un affichage par titre des billets, voilà que Pascale nous a suggéré d’offrir la possibilité d’un abonnement RSS billet par billet.
Après quelques recherches et tentatives avortées, vous pouvez désormais vous abonner aux commentaires des billets que vous souhaitez suivre (en bas de chaque billet) si vous trouvez qu’il y a trop de flux sur un abonnement général aux commentaires du blog (dans le bandeau, en haut à droite).
Pour les blogueurs qui chercheraient le code pour Atahualpa (3.5.3), le voici :

%comments-rss(‘RSS des commentaires du billet’)%
Il se place dans Apparence => Atahualpa => Post Info Items => « FOOTER: Homepage » + « FOOTER: Multi Post Pages » + « FOOTER: Single Post Pages ».

Credo @7

J’ai assisté l’autre vendredi à un Fêtez Dieu de David et Jonathan, assez agréable d’un point de vue humain, mais particulièrement ennuyeux côté « contenu spirituel ». Il était question mariage, bien sûr, tant le sujet semble aujourd’hui inévitable. Et de Saint Paul, pour qui « tout est permis, mais tout n’est pas profitable ». Le lien ? Je ne sais pas. Je n’ai pas tout compris, ce d’autant que je turbinais à autre chose.
Un instant, il était question du fait que « Dieu est amour », et que donc il ne pouvait qu’aimer les homosexuels, donc leurs amours, donc le mariage homosexuel. Et, comme une apparition, j’ai trouvé le raisonnement simpliste au point de lui en substituer immédiatement un autre ! Oui, « Dieu est amour », et c’est bien pour cela qu’il ne peut cautionner le mariage entre personnes de même sexe ! Pourquoi ? Mais c’est évident ! Parce que le mariage n’est pas amour (c’est Isabelle qui l’a dit et je suis d’accord avec elle !) ; le mariage, c’est une union, un contrat, une institution, des droits et des devoirs et l’on ne se marie pas par amour ! On se marie pour faire reconnaître une union et celle-ci n’est pas synonyme d’amour. Elle peut l’être, bien sûr, mais ce n’est pas son essence, pas son « principe existentiel ».
Ainsi, parce que le mariage n’est pas amour, s’il refuse le mariage aux homosexuels, Dieu leur reconnaît ce qui fonde le désir homosexuel : l’amour, justement ! Vous me suivez ? Si si, faites un effort ! L’amour, le grand, l’unique, devient ainsi l’apanage des homosexuels, laissant aux hétérosexuels la lourde tâche de s’unir sans avoir besoin de s’aimer là où les homos s’aiment tant qu’ils n’ont pas besoin de s’unir.
Vous trouvez le raisonnement spécieux ? Il l’est, évidemment ; mais j’ai bien le droit de m’amuser un peu. Non ?

Annonces @10

À la recherche d’un nouvel appartement, j’épluche les annonces immobilières. L’une d’elles m’intéressant, j’envoie un message par courriel à une agence. J’ai signé avec l’initiale de mon prénom et mon nom complet. Du coup, seule mon adresse électronique indique mon prénom. La réponse de l’agente commence par « Bonjour chère Isabelle » (je pense qu’un homme ne se serait pas permis cela). D’emblée, je me dis, ça commence mal !
J’appelle cette femme pour lui demander des renseignements sur l’appartement et prévoir une visite. Elle ne connait pas trop le dossier et se mélange dans les informations avec d’autres appartements. À ma question sur l’isolation phonique, elle m’affirme que c’est la meilleure, car l’immeuble date des années 70 (« avant ce n’était pas terrible et après ça a merdouillé, si je peux dire comme ça »). Déjà, j’ai des doutes sur sa crédibilité à énoncer des énormités pareilles. Nous convenons tout de même d’un rendez-vous le lendemain à une heure donnée.
Le jour dit, j’arrive en avance en bas de l’immeuble à quelques minutes à pied d’où j’habite actuellement. J’attends et ne vois personne arriver. Je ne suis pas sûre du numéro où la joindre, car il est parmi d’autres numéros appelés dans mon portable. J’ai laissé les informations à la maison, car je n’imaginais pas en avoir besoin, n’ayant pas de raison d’avoir du retard. D’ailleurs, il me semble logique que s’il y a un souci, elle me joigne. Après plus de vingt minutes d’attente, je rentre chez moi.
Un petit moment après, elle me rappelle. Je lui dis, un peu agacée, que je l’ai attendue en vain. Elle soupire « Je me suis embrouillée dans mes fiches ! » Puis, argumente qu’elle a pris les personnes qui arrivaient sans vérifier qui elles étaient et a donc dû montrer l’appartement à des personnes arrivées très en avance, car elle avait des rendez-vous tous les quarts d’heure. Je ne sais pas par où sont passés les autres puisque je n’ai vu personne, mystère… Elle tente de se rattraper en me proposant un rendez-vous le lendemain, le premier de la journée « il n’y aura personne avant, pas de risque comme ça ». Mais, bon « quand même, un petit coup de fil de votre part aurait permis d’éviter le problème ». J’ai dit que je rappellerais si j’étais intéressée. Je n’ai pas eu besoin de beaucoup de réflexion pour me dire que je laissais tomber, autant d’incompétence ne pouvant donner aucune confiance pour la suite. Tant pis « chère Stéphanie ! »

Bigleuse @29

Samedi après-midi, je suis allée faire une longue balade à pied. Le soleil n’était pas au zénith mais j’ai très vite chaussé mes solaires tant avec l’âge (vous savez, le jubilé !) la photophobie s’accroît. Tout au long de ma promenade, je trouvais que mes lunettes s’ajustaient mal, comme si les branches avaient besoin d’un petit coup de vis ou de chaud.
En arrivant chez moi, je me suis rendu compte qu’en fait la monture était cassée net, près du nez, autour du verre. Alors, forcément que l’ensemble était moins stable ! Je suis ressortie aussitôt commander les mêmes chez mon opticien. Je suis attachée aux verres montés dessus et les montures descendent assez bas pour que le point de blocage de mon nystagmus soit protégé de la lumière.
Le modèle, bien sûr, ne se faisait plus… Mon opticien, qui me connaît bien, m’a proposé aussitôt des montures adaptées à mon nystagmus et même plus enveloppantes que les précédentes. Quant aux verres, c’étaient exactement les mêmes.
— Et d’un point de vue esthétique ? Elles me vont ?
Il n’osait pas trop répondre. Je lui ai expliqué que je ne pouvais pas en juger et que j’avais besoin de lui, vu l’urgence : ni Isabelle ni Sarah n’étaient dans les parages. J’ai bien senti qu’il était embêté, peu habitué à trancher dans un choix si personnel.
— Elles sont plus rondes. Je trouve qu’elles vous vont mieux que les précédentes.
J’ai un peu insisté, arguant que mes copines allaient débouler s’il se trompait. Il a maintenu sa position. Et j’ai acheté mes lunettes…
Verdict ? Sarah et Isabelle ont approuvé a posteriori, et la photo cartonne sur Facebook ! Peut-être que je vais aller le voir pour le rassurer ?