Mariage @21

Puisque je suis dans mon dictionnaire, j’en profite pour regarder le sens de mot « famille » : un ami me suggérait récemment que je faisais partie de la sienne, car aujourd’hui (entendre « avec le mariage pour tous »), la famille change de forme, s’ouvre… Et je lui répondais que non, il n’était pas ma famille mais un ami, car je ne veux pas « de la » famille, tant je la considère comme la cellule de base du système capitaliste (lieu de production fondé sur le travail gratuit des femmes) et de l’ordre patriarcal.
Pour cette fois, le Grand Robert est gentil avec moi.
(1) — « L’ensemble des personnes (enfants, serviteurs, esclaves, parents) vivant sous le même toit, sous la puissance du pater familias. »
(2) — « L’ensemble des personnes liées entre elles par le mariage (…), par la filiation (…) ou, exceptionnellement, par l’adoption. »
(3) — « Succession des individus qui descendent les uns des autres, de génération en génération. »
Tout y est ! Et j’ai effectivement une famille ; c’est un état de fait. J’en porte le nom. Je ne la renie pas. Mais je n’en veux pas au sens où si elle marque mon histoire personnelle, je souhaite au maximum m’en affranchir, ou tout du moins ne rien faire pour l’entretenir. Parce que je sais combien la famille est un espace sclérosant, lieu de toutes les violences, un espace politique en tout contraire à mes convictions libertaires.
Mais la famille évolue, me dit-on… J’arrive ainsi au sens figuratif : « Ensemble d’êtres (ou de choses) ayant une origine commune, des caractères communs, présentant entre eux certaines analogies. » Ne puis-je appliquer cela à mes amis, à mes connaissances et ainsi « faire famille » sur un autre mode ? Je ne le crois pas, car je n’ai pas de relations « collectives » aux autres. Je vois mes amis un par un, jamais plus de deux ensembles, et mes amis ne sont pour la plupart pas les amis de mes amis. Je n’envoie jamais de mails à tout ou partie de mon carnet d’adresses. Je ne vais pas aux fêtes d’anniversaire et ne mélange pas les réseaux.
Autrement dit, mes amis ne sont pas « famille ». Chacun est unique. Et mes relations sont individuelles, particulières, singulières. Je ne les assemble pas. Et si j’avais une chérie, qu’en serait-il ? Pas de mariage, bien sûr ; pas de vie commune non plus ; mais une relation précieuse et personnelle.
Mais, quand même, la famille… entends-je encore. Quand même quoi ?

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