Thalasso-« thérapie » @9

Suite à la sortie du film The Sessions, Libération du 8 mars 2013 a proposé le témoignage d’une « assistante sexuelle », ces personnes qui sont payées pour fournir un « service sexuel » aux personnes handicapées. Cet article s’intitule « C’est pareil qu’avec une personne valide » ; tellement « pareil » en effet que je me demande quelle est la différence avec la prostitution.
J’ai un peu parcouru le dossier de Libération et, hormis la sérénité dans laquelle travaillent ces « assistants sexuels » (des deux sexes), il n’est guère de différence avec tout « service sexuel tarifé », ni dans la manière dont se décline l’offre, ni dans l’exposé de la demande. Alors ? À part arguer d’un « état de nécessité » (qui reste à caractériser), en quoi le désir sexuel et le besoin de tendresse des personnes handicapées nécessitant l’intervention d’un « assistant sexuel » serait-il différent du désir sexuel et du besoin de tendresse d’une personne valide qui elle a recourt à des prostitués ?

 

5 commentaires pour Thalasso-« thérapie » @9

  • salanobe

    Il n’y a pas de différence avec la prostitution. Si la femme de l’article précise que pour 100 euros elle ne suce pas et ne fait pas de pénétration, cela laisse supposer que pour plus, c’est envisageable. Je ne trouve pas la prostitution plus légitime pour les personnes handicapées que pour les personnes valides. Ni plus illégitime d’ailleurs. Je n’ai pas d’avis catégorique sur la prostitution.

    • Cécyle

      Je n’ai pas jamais eu d’avis très tranché non plus, sauf à défendre les prostituées, au sens de défendre leur dignité et leurs droits. Aujourd’hui, je constate que mes amies féministes (au sens de « les féministes dont je partage les combats ») sont toutes abolitionnistes, et que cette revendication abolitionnistes rencontre des arguments qui ne me sont acceptables, notamment celui selon lequel la prostitution serait « un métier comme un autre », « un simple échange de services librement consenti », etc. Je n’ai donc pas plus d’avis tranché mais je penche de plus en plus du côté des abolitionnistes… sans savoir si ce serait la solution pour que ces femmes ne soient plus exploitées sexuellement.

  • salanobe

    Ce n’est pas un métier comme un autre, ni un service comme un autre. En théorie, je ne trouve pas choquant qu’une personne, homme ou femme, se prostitue si c’est réellement un choix. Le problème, c’est que si ce n’est pas sous la contrainte d’une autre personne, cela reste le dernier choix pour certaines personnes en situation de détresse, sociale ou financière. Je me dis que peut être la légalisation de la prostitution, permettrait au moins à celles qui le font volontairement, de le faire en sécurité. En même temps, il faudrait que celles qui se prostituent sous la contrainte soit plus prises en considération et plus aidées. Parce qu’il ne faut pas rêver (un peu, peut-être), légalisée ou pas, la prostitution clandestine existera toujours.

    • Cécyle

      Si si, rêvons… 😉
      Ce qui pourrait être choquant, c’est de considérer que la prostitution touche à la dignité de la personne humaine. La loi, sur ce fondement, interdit par exemple le « lancer de nain », pour le plus grand malheur des nains qui pratiquent cette activité et ont perdu tout travail.
      Ces questions sont difficiles car les principes s’y bousculent… et la notion de « consentement » est si difficile à cerner. Il nous faudrait relire Iacub sur ce point. Isabelle doit avoir ça dans ses tablettes ! 😉

  • salanobe

    C’est bien pour ça que je n’arrive pas à avoir une opinion bien arrêtée. Mais je crois que le problème est insoluble. La prostitution, comme la vente de drogue, d’armes illégales, fait vivre toutes les organisations clandestines (et pas que) et ce n’est pas avec des lois ou des banderoles que l’on changera les choses. Ce n’est pas pour des raisons morales que je suis pour éventuellement la légaliser mais parce qu’à part limiter la misère de la prostitution, on ne pourra pas l’éradiquer.

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