Kendo @8

Sur un tatami, il est des judokas plus ou moins « rudes » ; le genou d’Isabelle en sait quelque chose. La « rudesse » est souvent inversement proportionnelle au niveau de judo de chacun (je vous laisse donc imaginer ma tendresse en kimono !)
Avec le temps, j’ai appris à repérer celles et ceux que je considère comme dangereux, soit les « rudes » incapables de modérer leurs ardeurs en fonction de leur partenaire. Dans mon cours du jeudi, j’évite ainsi M, une jeune femme en vert au judo vindicatif et P un jeune homme en marron au judo que, pour le coup, je qualifierais de violent. Et, l’autre soir, M et P ont fait ensemble un randori debout. Devant la fougue de M, P s’en est donné à cœur joie. M a un peu râlé, mais n’a pas lâché prise et a fini en larmes dans le vestiaire. Elle n’a pas été blessée physiquement. Mais elle a été blessée, dans sa chair. Je ne sais pas dire autrement.
Un moment, elle m’a dit « J’ai craqué quand j’ai pensé que si je me faisais agresser dans la rue, ce serait comme ça. Et je ne pourrais rien faire. »
Ouille !
Oui, c’est dur d’entendre cela, et de le ressentir. Il m’est arrivé, au sol notamment, alors que j’étais coincée sous un gars, de me dire que je ne pouvais rien faire, même avec quelques rudiments de judo. Et Sensei, quand il nous montre le mardi un peu de jujitsu version défense, nous explique toujours qu’une fois l’agresseur déstabilisé, ce qui nous sauvera, c’est notre vitesse de course.
Fuir. Oui, fuir. Toujours fuir… pour sauver sa peau. Que faire d’autre face à la violence ? Mordre ?

7 commentaires pour Kendo @8

  • clau

    Moi ce qui me dérange, c’est que certains ont toujours besoin de montrer leur supériorité dans tous les domaines.
    En même temps, P est un frustré qui n’exprime sa violence que dans le sport.
    Mais là ou ça me gêne vraiment, c’est qu’il « s’en prenne » à M pour l’exprimer, ce côté « c’est moi le mec », tu ne peux rien contre ça.
    Le gros con dans toute sa splendeur.

    • Cécyle

      Présenté ainsi, je crains qu’il ne soit pas question de « connerie » mais de l’expression pure et simple de la domination masculine. J’ai toujours préféré les interprétations politiques ! 😉

  • clau

    Je ne l’entendais pas ainsi non plus !
    « MON » con ici, désigne celui qui refuse l’égalité, celui qui conserve la mainmise sur les femmes.
    Le bof 🙂

    • Cécyle

      Refuser l’égalité n’est pas une position d’imbécile, c’est une position politique. Pourquoi ne pas dire « sexiste », plutôt que « con » qui désigne une partie de mon anatomie qui ne mérite pas telle assimilation ! 😉

  • clau

    Rien de politique pour moi ici !
    Ce sont des hommes reproduisant un schéma familial.

    • Cécyle

      Comment la famille pourrait-elle produire un « schéma » si elle n’était pas un espace politique autant que la cellule politique de base d’un espace plus grand, l’ordre social ? « Politique », cela ne se résume pas à un débat télévisé. « Politique », c’est l’organisation dans laquelle nous vivons, l’ordre social, avec tout ce qu’il faut pour que cela fonctionne : du culturel, du répressif, de l’économique, des institutions, etc.
      J’ai l’impression d’enfoncer une porte ouverte… Je ne détaille pas plus.

  • clau

    😉

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