Régis @13

Vous saviez que le mercredi des Cendres inaugure les quarante jours de carême qui se terminent à Pâques ? Je l’ai appris à l’occasion d’une messe du même nom où j’accompagnais un ami déjiste, comme j’ai appris qu’il n’y a que deux jours de jeûne pendant ledit carême (le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint) et que, le reste du temps, côté « privations » (le carême ne s’y résume, la « pénitence » se vivant par le jeûne, la prière et l’aumône), il s’agit de se passer de « quelque chose de superflu ».
Cette consigne donnée par le prêtre m’a questionnée. Qu’y aurait-il de « superflu » dans ma vie dont je pourrais me passer quarante jours ? Le prêtre a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas se donner un objectif trop important, car il serait forcément irréalisable. Il n’est donc pas question de me passer de gâteau au chocolat ou de tarte aux pommes, ce d’autant que l’on peut s’interroger sur leur caractère « superflu ». Je suppose que pour un chrétien, il s’agit de ce qui pourrait altérer sa communication avec Dieu. Je ne suis pas croyante. Ce qui me serait « superflu » se situe donc ailleurs. Où ?
On m’a suggéré la télévision, Facebook… La première me tient compagnie quand je mange, le second me permet un échange et m’est une source d’information. À l’instar du gâteau au chocolat et de la tarte aux pommes, cela participe donc à mon équilibre, et je ne peux me résoudre à considérer un élément de mon équilibre comme « superflu ». Quant à ce que je consomme (en termes de biens et de services), je vis en mode décroissance et ne consomme déjà que ce qui me semble essentiel, même si cet essentiel va bien au-delà des seules nécessités de la subsistance (je ne suis pas en mode « survie »), cet « au-delà » étant lui-même assorti de quelques « extra ».
J’ai demandé à mon ami déjiste si l’on pouvait se priver de quelque chose que l’on n’avait pas mais que l’on pourrait avoir et qui nous serait alors essentiel. Grand cœur, il m’a répondu oui. Et c’est ainsi que j’ai trouvé ! Je vais me passer de sexe. Le sexe serait-il superflu ? Il est en tout cas si facile de s’en passer…

6 commentaires pour Régis @13

  • Véronique

    … Hum… Ça me fait sourire tout ça. Parce que moi c’est mon frère, mon frère de sang, mon petit frère qui aimerait aussi que je me sacrifie comme ça à chaque année… Mais vraiment je ne sais pas quoi ! Aussi votre note me fait réfléchir : Oui je vais faire un sacrifice ? Le sacrifice de n’avoir plus jamais de frère et que plus jamais ensemble nous ne parlerons de notre mère… pour l’amour de Dieu…

    • Cécyle

      Le curé dirait sans doute que c’est tout de même un gros sacrifice ! 😉 Mais s’il vous fait du bien… Hardi !

  • salanobe

    Si vous trouvez que c’est facile de se priver de sexe, ce n’est pas une « privation » pour vous. C’est de la triche. 😉

    • Cécyle

      Ce doit être une question de sollicitation ! 😉

  • Louise

    En changeant de régime alimentaire ou « d’habitudes » (ce que je regarde, ce que je lis, qui je fréquente, etc.), on sort d’une certaine « routine » faite généralement d’automatismes. Par cet intermédiaire on peut changer nos rapports aux autres et être plus dans l’empathie, dans la compassion, dans la sérénité.
    Il ne s’agit pas véritablement de privation comme on peut l’entendre habituellement (il y a toujours un côté « punitif » dans ce mot), il s’agit de prendre un certain recul avec la vie que l’on mène, donc de s’en déconnecter pour mieux nous retrouver (certains pourraient dire « et mieux les retrouver 🙂 ») et mieux retrouver les autres.

    • Cécyle

      Dis ainsi, cela me convient parfaitement ! Vraiment. Merci.
      Je vais y réfléchir dans ce sens pour l’année prochaine. Ce n’est pas tant que je tienne au carême mais c’est l’occasion. Et la perspective que vous décrivez est fort réjouissante !

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>