Colère @7

Une œuvre vient d’être vandalisée au musée du Louvre-Lens, un chef d’œuvre La liberté guidant le peuple. Il semble que l’atteinte soit légère et le tableau a pu être immédiatement restauré. Mais, c’est l’iceberg qui cache la bêtise assez quotidienne, une bêtise qui me fout en colère…
Dans ce même musée, j’ai visité début janvier la galerie où se trouve la peinture de Delacroix. Il y avait du monde et à un moment, j’ai surpris un homme d’une cinquantaine d’années faisant le beau devant ses proches en racontant une blague et, surtout, en caressant les fesses d’un kouros (ou couros, et au pluriel kouroi), une statue grecque d’homme nu. Je l’ai interpellé en lui disant qu’il ne faut pas faire ça. Il a réagi en disant « Je sais, mais ça ne fait rien ! » « Mais, si, ça abîme. » Vexé, l’homme m’a demandé un peu agressivement « Vous êtes de la sécurité ? » « Pas besoin pour respecter les œuvres. » Il est parti avec une dernière bravade peu crédible : « Je suis dans la police. » Ce qui lui a valu un « Honte de la police ! » en réplique.
Cette crétinerie est hélas ordinaire, entre ceux qui caressent des sculptures, abîmant des statues millénaires avec leur sueur, jusqu’à ceux qui grattent les tableaux pour estimer si la couche est épaisse.
Espérons que cette histoire sensibilise un peu certains et facilite la préservation des œuvres.

11 réflexions sur « Colère @7 »

  1. Louise

    Je pensais qu’il était strictement interdit de toucher quoi que ce soit dans un musée et que les gardiens avaient pour mission de réfréner les ardeurs des visiteurs ? (d’ailleurs dans certains musées, la seule inclinaison suspecte d’un buste s’accompagne d’un MADAME ! explosif alors je n’ose imaginer ce qu’un geste déplacé sur un auguste séant pourrait entrainer comme réaction !!!!! Une crise d’apoplexie ?)
    je suis donc très étonnée que ce geste n’ait pas suscité une réaction des gardiens.

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    1. Isabelle Auteur de l’article

      Oui, c’est strictement interdit et les agents de surveillance ont pour mission d’empêcher ce genre de geste. Là, il y avait beaucoup de monde et pas un agent de surveillance à proximité immédiate. Quand il y a autant de monde, on ne peut pas tout surveiller. D’où mon intervention.
      C’est pourquoi aussi, il y a souvent des barrières de mise à distance (barres à quelques centimètres du sol par exemple). La difficulté aujourd’hui des musées est d’accueillir un public de plus en plus qui « joue » avec les oeuvres, comme cet homme, ou se donne bonne conscience sous le prétexte que « c’est que du faux ». Je ne sais pas d’où vient cette idée tenace et totalement… fausse, mais elle fait des dégâts.

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        1. Isabelle Auteur de l’article

          Il convient de se méfier des mots… « Copies », « faux » se retrouvent dans les musées, mais comme œuvres ! En effet, prenons l’exemple des statues grecques et romaines. Nombre de statues grecques ont été détruites, car en bronze, fondues quand de besoin, notamment pour la guerre. En revanche, nombre de statues romaines en marbre nous sont parvenues et nous permettent de connaître la statuaire grecque. En effet, les Romains ont effectué des copies des statues grecques ensuite disparues. Ces copies sont considérées comme des œuvres en soi, car elles ont été réalisées par des artisans à l’époque de l’Empire romain…
          D’autres œuvres sont des copies d’un artiste par un autre, notamment pour s’entraîner.
          Toutefois, quand on le sait, ces œuvres sont présentées comme telles. De plus, certaines œuvres ont été restaurées à des périodes (au XIXe siècle par exemple) où on allait loin, jusqu’à parfois « reconstruire » ou « compléter » des œuvres, en ajoutant un nez ou un bras manquant par exemple. Quand on le sait, l’information est donnée, soit sur le cartel, soit en tous les cas dans les documents scientifiques.
          Au final, ce qu’il n’y a pas dans les musées français à prétention véritablement scientifique, ce sont des faux (objets d’une époque différente à celle indiquée) dont on sait qu’ils sont faux que l’on présenterait comme vrais…
          Concernant les chevaux de Marly, les originaux sont au Louvre et dès le XIXe siècle, les statues extérieures ont été remplacées par des moulages. Les « faux » ne sont donc pas au musée.
          En extérieur, il peut y avoir des copies, ne serait-ce que pour protéger des intempéries. A contrario, c’est, par exemple, le souci des statues de Maillol dans les jardins du Carrousel, qui sont bien des « vraies », car c’était un souhait de l’artiste de les placer là, sans mise à distance ou sécurité particulière. Beaucoup de visiteurs jouent avec (en montant dessus le plus souvent), ne serait-ce que pour prendre des photos « rigolotes ». Mais, certains les vandalisent.
          Est-ce que c’est clair tout ça ?

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          1. Cécyle

            Très clair ! Merci ! 😉
            Je fais partie des gens qui pensent que notamment certaines statues sont des « faux » (au sens de moulages récents) pour éviter que l’original soit détérioré par les méchantes manières des visiteurs. J’ignore d’où me vient cette idée… fausse !

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