Pictogramme @5

Le 14 février prochain aura lieu le « One billion rising », journée mondiale de manifestations contre les violences faites aux femmes initiée par Eve Ensler, auteure des Monologues du vagin (toutes les infos sont ici). Vu le sujet, je ne peux que m’associer à cette action, et suis allée à une réunion préparatoire parisienne. Eve Ensler, malade, n’était pas là. La soirée y a certainement perdu en chaleur et esprit de combativité mais qu’importe ! Le sujet est suffisant important pour que je ravale mes critiques et, bien sûr, je participerai à l’une des actions parisiennes ().
Pourtant… Oui, pourtant… J’ai toujours du mal à complètement taire mes convictions et, pour cette fois, elles achoppent sur la forme très « américaine » de l’événement : intitulé de l’action dont je ne comprends même pas le sens, chorégraphie digne de Fame, clip sentimentaliste à l’esthétique « Yes, we can ! » (oui, je parle anglais parfois)… Et tout ça, ce n’est pas ma culture (politique). Je disais un moment à ma voisine « C’est dommage de céder à la culture américaine sous couvert de la lutte contre les violences faites aux femmes. » Oui, c’est dommage… Elle m’a répondu que c’était déjà bien que cela existe. On est d’accord. Et d’ailleurs, je participe.
Pourtant… Toujours pourtant ! Cela fait bien longtemps qu’un événement mondial ne se décline plus en français (Adieu ! Charles) mais comment accepter que la culture américaine, qui avance non sans une certaine violence (puisqu’elle vise à anéantir les autres cultures comme prélude à ses diktats économiques) soit mise en avant contre la violence ? J’ai du mal. Et mon petit doigt me dit que si la campagne ne prend pas tant en France, c’est parce que l’on se sent larguée, par la « comm’ » tape-à-l’œil, par l’idée de danser (ce n’est pas dans nos habitudes politiques) et par les slogans incompréhensibles… Gageons que le 14 février, les événements me contredisent et que nous serons un billion à danser dans le monde contre les violences faites aux femmes. Gageons.

8 commentaires pour Pictogramme @5

  • Louise

    J’ai bien peur que vous ayez raison.
    C’est assez étrange d’organiser pareillement cette journée mais peut-être les messages passent-ils mieux dans la jovialité que la solennité….

    • Cécyle

      Peut-être aurait-on pu penser l’événement avec des déclinaisons « locales » ? Quoi qu’il en soit, allons-y ! Si l’on s’empare de cette nouvelle forme de Saint-Valentin, il sera toujours l’heure d’en travailler la forme pour une prochaine édition.
      À jeudi !

  • Temperance

    Je partage ton opinion Cécyle. J’avais été tentée d’aller à ce meeting et finalement j’en ai été empêchée. Dommage aussi que la vedette américaine n’ai pas pu venir. J’ai vu le site et le clip et je suis aussi assez gênée par la communication à l’américaine. Beaucoup de moyens semble t-il… Trop peut être… Récemment un ami m’avait envoyé un texte et une pétition en faveur du mariage gay et pour la manif pour l’égalité. En regardant bien, ça venait d’un site canadien et je m’étais demandé ce que le Canada venait faire dans les débats ??
    One billion rising : j’interprète ça comme « on souhaite qu’un milliard (billion en us = milliard) de personnes s’élèvent contre les violences faites aux femmes  » Au passage je peux donner un coup de main pour traduire …
    Par contre programmer des choses le 14… on risque peut être d’avoir des choses à faire !!!!

    • Cécyle

      Mais que fête-t-on le 14 février ? L’ouverture du quatrième salon des Arts ménagers où les visiteurs peuvent découvrir les premiers grille-pain (1929).

  • Je découvre votre post et je suis assez d’accord sur le fait que ces opérations mondiales typées très US, ont du mal à décoller en France.

    Le pictogramme est très spécial.

    • Isabelle

      C’est vrai que le dessin est très étonnant : une femme fleur ? Enfin, le personnage est asexué. Et ce V blanc… : un livre, la victoire, au niveau du sexe ? Et on ne voit pas bien le rapport avec la danse.
      Vraiment un drôle de choix.

      • Cécyle

        Le « V » renvoie sans doute au « V-Day », « v » comme « vagin » et comme « violence », « V-Day » créé le 14 février par Eve (encore un « V ») Ensler en même temps qu’une fondation avec les droits des Monologues du vagin, pour lutter contre les violence faites aux femmes. Tout en ici (en anglais).
        Pourquoi c’est devenu « One billion rising », avec ce logo, je l’ignore.

        • Isabelle

          Merci !
          Une chose aussi qui m’a dérangée est le côté fleur et posture qui peut faire penser à la maternité avec la « naissance » au milieu des fleurs (les roses et les choux ?) d’un personnage sans cheveux et avec des formes simples comme un gros bébé.
          Bref, on ne peut pas dire que ce soit une réussite pour faire passer son message.

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