Manque @2

Je fais très attention à ce que je mange. Très peu de graisses. Des fruits et des légumes. Des protéines végétales plutôt qu’animales. Côté sucres, c’est plus dur à gérer… Mon besoin d’en manger est parfois compulsif, au moment du dessert, parce que c’est bon, parce que le sucre appelle le sucre, parce que… j’ai peur de mourir d’inanition ! Avec la graisse que je stocke autour du ventre, j’ai un peu de marge et pourtant, cette peur est réelle.
Mais qu’est-ce que cela veut dire « mourir d’inanition » ? L’expression n’est pas si courante et tellement ancrée en moi. J’ai demandé à maman si cela lui évoquait quelque chose : la guerre, bien sûr. Et l’après-guerre où l’on invitait les enfants à manger pour grandir, pour prendre des forces, manger des choses « nourrissantes » pour « ne pas mourir d’inanition ». La guerre, toujours et encore. Je suis pourtant née en 1963. La guerre, le rationnement, bien que je ne les aie pas directement vécus, étaient présents dans les esprits et je me souviens par exemple ma grand-mère nous faisant des escalopes à la crème et aux champignons où l’escalope prenait toute l’assiette là où j’aurais préféré plus de crème, et surtout plus de champignons.
Aurais-je peur du manque moi qui n’ai jamais manqué de rien (on parle nourriture, bien sûr) ? Il y a sans doute de ça même si, de plus en plus, j’arrive à ce que mon frigo soit vide et mes placards pas si pleins… Je veux comprendre, en tout cas, car je me rends compte qu’avoir faim n’est pas une sensation si désagréable et que si je perdais trois ou quatre kilos, je ne m’en porterais que mieux. Mais je dois me convaincre que je ne peux pas mourir d’inanition. Alors, je fais des expériences. Mardi dernier, j’ai dû déjeuner de bonne heure (12 heures 30) et je suis allée au judo à 19 heures. J’avais limité ma portion de pâtes à 50 g et mis que trois ingrédients dans mon dessert (une pomme, deux biscuits et deux carrés de chocolat). Et, ô ! surprise, à 20 heures, j’étais toujours en vie. Quel bonheur !

6 commentaires pour Manque @2

  • Isabelle

    Ouf ! Oui, quel bonheur !
    Et je t’interdis de te mettre en danger !! 😉

    • Cécyle

      Tu dis ça pour que je mange un peu plus ? 😉

      • Isabelle

        N’en profite pas ! 😉

  • Dans Nord perdu, page 99, Nancy Huston écrit : « Ces souvenirs étaient morts d’inanition. Un souvenir, il faut lui rendre visite de temps à autre. Il faut le nourrir, le sortir, l’aérer, le montrer, le raconter aux autres ou à soi-même. Sans quoi, il dépérit. »

    • Isabelle

      Ouf Cécyle, tu ne cours donc a priori aucun risque : tu reçois un peu de visites, tu te nourris, tu te sors, tu t’aères, tu te montres, tu te racontes… Si tu comptes arrêter tout cela, tu m’appelles : je te rendrai visite et t’offrirai un gâteau au chocolat sur une margelle de la fontaine de la place des Innocents en plein courant d’air en n’omettant pas un peu de poudre de perlinpinpin dans ma recette pour te faire parler.
      Juste, préviens-moi, le temps que j’en achète ! 😉

    • Cécyle

      @ Michèle Chazeuil — Serait-ce à dire que ce qui nous nourrit, nous, ou nos souvenirs, serait la considération que l’on se, que l’on nous, porte ? Il va falloir que je lise cette Nancy, que je ne connais (presque) que de nom.

      @ Isabelle — J’ai tout noté ! 😉 Pour la poudre, je crois que ton sourire saura faire les étincelles nécessaires !

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