Pucer @13

Un chroniqueur du Magazine de la santé (France 5) du 11 décembre dernier a évoqué les nouvelles règles en matière de transmission numérique de données médicales entre professionnels de santé. L’idée est de faciliter cette communication, pour des soins plus efficaces. Bonne idée ?
L’objection qui lui a été faite était centrée sur la confidentialité de ces données. Il a donc passé cinq minutes à expliquer que les données étaient protégées et que des sanctions étaient possibles. Je n’en doute pas. Par contre, à aucun moment ne lui a été posée la question de l’éviction du patient dans la communication numérique entre professionnels de santé.
Bien sûr, le téléphone existe déjà et j’ignore ce que mon kiné peut dire à mon généraliste. Mais leur communication passe aussi par écrit : un descriptif des symptômes d’un côté ; un bilan de l’autre. Le courrier m’est remis. Il est en général scellé. Et je le décachette, considérant qu’il est de mon droit de savoir ce qu’il se dit. L’un de mes spécialistes, par exemple, dicte ses comptes rendus devant son patient. Il s’arrête pour vérifier que l’on comprend. Et ma confiance en lui est pour le coup totale.
Mais dans le cas de transfert de données numériques directes, ou via un « dossier médical », va-t-on m’en envoyer une copie ? L’un des grands pouvoirs des médecins tient à ce savoir qu’ils ont (ou n’ont pas) et dissimulent souvent derrière un discours abscons. Beaucoup défendent l’idée que le patient ne comprend pas grand-chose — ce qui est vrai — et en réduisent d’autant leur information. Je crains fort que le passage à la communication numérique n’exclue un peu plus le patient : celui qui n’a pas de connexion, celui qui ne comprend pas, celui qui ne sait pas que cette communication existe ; si tant est, bien sûr, qu’il ait accès à ces données.
L’avenir nous dira ce qu’il en est.

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