Brosse @17

Après mon témoignage à Saint Merri, pour les 40 ans de David et Jonathan, j’ai eu deux types de réactions : les premières, et les plus nombreuses, ravies et fières de mon propos féministe et revendicatif dans le chœur d’une église ; les secondes m’ont cruellement rappelé combien la condescendance et la compassion étaient les pires ennemies de nos combats pour le changement.
— Tu as été très bien, Cécyle… Impayable !
— Parfaite ! Ne change rien.
— C’est comme cela que l’on t’aime…
Des choses dans le genre, et le ton surtout, ce foutu ton qui dit l’essentiel, et surtout que mon discours était aussi un piège car, en me permettant de m’exprimer ainsi, il a été possible aux bons croyants sexistes et réacs de justifier leur suprématie, reléguant mon propos à un faire-valoir. J’enrage de m’être fait instrumentaliser ; et j’en suis triste car je sais que ce n’était pas l’intention de celui qui m’a donné la parole, bien au contraire.
Et se pose par ricochet la question du « comment faire ? » : si je m’exprime, je cautionne le pouvoir en place ; si je me tais, je lui laisse une totale impunité.
Je ne sais pas me taire. Tant pis. Je serai triste encore plein de fois… et fière en même temps.

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