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Dixit @5

J’ai, comme sans doute beaucoup, été choquée par le verdict de la cour d’Assises de Créteil le 10 octobre dernier suite au procès de plusieurs présumés violeurs en réunion. Pour autant, certaines réactions me choquent également, comme celle de Osez le féminisme ! sur Facebook. Je lis : « Ce verdict envoie un message catastrophique à l’ensemble de notre société. Aux victimes de viol : porter plainte ne sert à rien ! Aux violeurs : il est permis de violer ! »
C’est la dernière phrase qui me pose question. Si ces prévenus ont été acquittés, quoi que l’on en pense, ce ne sont pas des « violeurs », car ils ont été reconnus non coupables. Je ne connais pas le dossier. Je suis donc obligée de m’en remettre au double principe de la « présomption d’innocence » et de « l’autorité de la chose jugée » et de considérer ces hommes comme innocents.
Quant aux trois qui ont été condamnés à des peines avec sursis… C’est sans doute là que le bât blesse. N’est-il pas du devoir d’OLF de le préciser et ne pas, par son amalgame, mettre en cause deux principes de droit qui, en d’autres procès, seront plus favorables à la cause des femmes, deux principes qui nous protègent toutes et tous contre l’arbitraire ? Je vous en laisse… juge.

Note : Et s’il s’agit bien de viols collectifs (« en réunion », dit le Code pénal) et non pas de « tournante » (ce qui tend à amoindrir la portée criminelle du viol), il serait de bon ton que les avocats des victimes utilisent les bons mots, même au petit matin sur France Info. L’une d’elles a en effet dit deux fois « tournante » avant de se reprendre et parler de « viol »…

Autre note : Je vous invite à lire l’article de Libération « Procès des tournantes (sic) : Nina n’est pas Christine Angot » , signé de l’avocate de Nina : un autre point de vue qui, étrangement, n’a pas eu bonne presse chez les fans Facebook d’OLF… Ah ! quand la réalité est autre que celle que l’on se raconte. Dommage.