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Régis @9

J’étais en avance d’une petite demi-heure au judo mardi. J’ai pensé aller boire un café mais l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville était ouverte. Comme je ne crains plus les silences, je suis entrée. Je me suis assise. J’ai détendu ma respiration. Mes pensées se sont très vite faites vagabondes, un peu comme tout « remonte » (en douceur) alors que l’on va s’endormir. J’ai gardé les yeux ouverts. Un texto est arrivé. J’ai répondu. Et j’ai cherché une pensée qui collerait à cette église.
Je me suis souvenue des « intentions de prière » des Fêtez Dieu de David et Jonathan. Je me suis dit que peut-être Dieu pourrait m’aider ? J’avais un petit brin de fille en sourire dans le cœur sans chances réelles d’entrer dans le sien. « Dis, Dieu, tu m’aides ? » Cette seule perspective m’a fait presque éclater de rire ! Cela me semble si absurde de demander quelque chose de si ponctuel à Dieu, si tant est qu’il existe, bien sûr (point sur lequel mon opinion n’est pas faite).
Ce rire amorcé ne m’a plus quittée. Je me sentais bien, un large sourire aux lèvres, apaisée, sereine, comme imprégnée de mon rire. De ma joie ? Je ne sais trop comment dire. Ce qui est étrange, c’est que j’avais le sentiment qu’à tout moment ce bien-être pouvait basculer du côté des larmes, non par tristesse, mais parce que l’émotion était forte. Très forte. Et une question m’est venue : est-ce cela la foi ?
Je suis ressortie de l’église un quart d’heure plus tard et suis allée au judo. En rentrant de mon cours, j’ai envoyé un texto à un ami déjiste pour lui poser la question sans lui demander de réponse immédiate. Il me faut d’abord digérer la question… Et ne plus cesser de sourire. Jamais !