Écrivaine @15

Puisque j’en suis à démystifier la chaîne du livre, parlons un peu des libraires.
Ce sont eux qui permettent de vendre les livres, de les mettre en valeur, d’offrir un large choix, de conseiller les lecteurs, etc. Depuis la « loi Lang » le prix du livre est dit « unique » (on ne peut accorder une remise supérieure à 5 %) de manière à protéger les « petits » (par le chiffre d’affaires) libraires des négociations que peuvent se permettre les grosses chaînes. Cela protège aussi les auteurs, payés au pourcentage du prix hors taxe du livre.
Les libraires achètent le livre à l’éditeur, avec une remise de 30 % à 40 %. Les « gros » (par le chiffre d’affaires, toujours) passent par des intermédiaires, diffuseurs et distributeurs (ce n’est pas la même chose) qui rognent sur la marge des libraires et des éditeurs mais qui assurent un réel service de mise en valeur. Mes ventes s’en sont positivement ressenties quand les éditions gaies et lesbiennes ont investi dans un distributeur-diffuseur ; car le livre, si l’on n’en fait pas la promotion et si on ne le distribue pas, n’a aucune chance d’être vendu. Voilà d’ailleurs une bonne raison de ne pas éditer à compte d’auteur… c’est un autre sujet.
Les libraires donc. Avec 30 % à 40 % de marge, ils sont bien servis, non ? On pourrait en effet le croire mais il n’en est rien. Ils ont d’abord les frais liés à leur entreprise (salaires, locaux, etc.) Puis, quand ils commandent un livre, même ceux qu’ils ne commandent pas vraiment mais que le distributeur place d’office dans leurs rayons, ils le paient. Le livre leur est repris (et remboursé) s’ils ne le vendent pas dans un certain délai, mais ils ont fait l’avance. Et surtout, à l’aller comme au retour, ils s’acquittent des frais de port. Sur un livre vendu à 5 euros TTC, donc 4,73 euros HT, un libraire qui a une marge de 30 % paie le livre 3,31 euros. Il dégage une marge de 1,41 qui se réduit à 1,16 euro s’il applique les 5 %. Avec ses 1,16 il paie le port pour faire venir le livre dans sa librairie et, si vous souhaitez vous le faire expédier, il vous offre le port car sinon, vous allez acheter vos livres là où on vous l’offre.
Verdict. Si vous achetez l’un de mes roses chez LivresBoiBel.com, elles perdent de l’argent à vous le vendre. Pourquoi le font-elles alors ? Parce que tous les livres ne sont pas à 5 euros et qu’elles espèrent que votre commande, la fois prochaine, leur permettra de dégager un peu plus de marge… Les grosses librairies en ligne, elles, jouent aussi sur le volume, mais dans d’autres proportions ! Et bien sûr, les éditeurs leur font des conditions commerciales très attractives (marge à 40 %) et acceptent pour le coup de passer par des plates-formes qui économisent à ces libraires de passer par des circuits d’expéditions coûteux.
On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu !

3 réflexions sur « Écrivaine @15 »

  1. Cécyle Auteur de l’article

    Si vous n’avez pas encore lu Bulletin rose, sachez que je l’ai écrit sur une intrigue conçue, pensée et bichonnée par Isabelle !

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