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Course @22

La course du Château, quand j'étais jeune et belle !

Faute toujours de judo (je ne me suis pas ratée !), je cours tous les matins une demi-heure pour garder la forme. Et je croise tous les matins un petit campement de deux à cinq hommes, deux tentes abritées par des arbustes derrière une petite clôture de jardin parisien. À l’heure où je passe, ces hommes sont assis sur le banc devant les tentes et, à chaque fois, m’apostrophent en des propos sexistes qui mettent l’accent sur mon éternel féminin et mon incommensurable beauté ! Et forcément, j’ai envie de sortir les poings.
Il serait parfaitement inutile d’aller discuter tant il doit leur sembler naturel que tout morceau de chair de sexe féminin qui passe est bon pour égayer leur triste journée. Je rêve parfois d’aller leur casser la gueule, ce qui serait tout aussi vain, et plus dangereux encore. Et je songe parfois faire un petit mot à mon maire avec copie au procureur parce que j’en ai ras-la-course-à-pied de démarrer ma journée par une agression verbale sexiste.
Mais je ne peux pas faire ça ! Ce sont à coup sûr des sans-papiers et je ne dénonce pas les sans-papiers (je suis membre de la LDH, quand même !) Question de principe. Mais je dénonce le sexisme ; question de principe aussi (je suis membre d’OLF, tout autant !) Je suis coincée. J’ai donc opté pour la pire des solutions : abandonner le terrain. Un minidétour me permet de mettre une haie entre eux et moi le temps de passer leur campement. J’ignore si les réflexions ont cessé. Au moins, je ne les entends pas.
Pour autant… Que faire ?