Aïe ! @7

50/50Récemment, je me suis retrouvée à correspondre par courriels avec quelqu’un souhaitant des échanges intellectuels. Cela a tourné court, avec des réponses comme « Je n’ai pas d’autres arguments. » comme le seul avancé était démonté, puis « Le second sujet sur le partage reposait sur une opinion. Vous m’avez exposé la votre (sic) de façon péromptoire (sic). Je n’ai donc pas insisté. Vous ne semblez pas remettre en cause vos propre (sic) avis bien souvent. Ce n’était donc pas la peine de continuer la discussion. »
Il était question du partage dans la relation amoureuse, mon interlocutrice ayant dit que pour elle c’était « 50/50 », je lui avais demandé comment on pouvait partager en deux les tâches ménagères (en temps, en difficulté, en aspect agréable ou pas ? D’autant que cela dépend de ce que l’on aime faire) et l’échange intellectuel, l’apport culturel, le partage de savoir-faire artistiques et si l’équité n’était pas parfois préférable à l’égalité, notamment financièrement entre partenaires à revenus très différents. J’avais détaillé mon argumentaire en écrivant « pour moi », « cela me semble », « je crois que », « selon moi », « c’est à mon sens ». La remarque était injuste et donc blessante.
Parfois, je désespère du genre humain quand certains n’arrivent tellement pas à discuter leurs opinions qu’ils ne leur restent que la violence de lapidaires jugements… péremptoires.

8 commentaires pour Aïe ! @7

  • Cécyle

    Sarah m’a raconté que les enfants les plus violents sont souvent (pas toujours) ceux qui n’ont pas les mots pour exprimer leurs émotions. Et c’est en général quand les mots me manquent que les bras m’en tombent et que je me mets en colère.
    Alors oui, je crois qu’une des sources de la violence est de manquer de mots et d’arguments. Cela doit être pour cela que l’on aime tant partager le savoir et soutenir l’éducation ! 😉

    • Isabelle

      C’est vrai qu’il y a une corrélation qui ressort de nombreuses études. Souvent, la première difficulté est que le manque de mots rend difficile la compréhension de l’autre, parfois ne permet pas du tout de comprendre, voire induit des incompréhensions. Cela est source de frustration, pouvant conduire à la colère si on en vient à croire que l’autre fait exprès d’employer des mots « difficiles » pour montrer son mépris ou pour n’être compris que de certaines personnes.
      C’est toute la difficulté des formulaires et procédures dans l’administration : ne pas être simpliste sans pour autant donner l’impression à une partie des administrés qu’ils sont méprisés.
      Ensuite, la difficulté à soi-même s’exprimer, ne pas y arriver ou être mal compris génère aussi une violence. La force devient une façon de montrer que l’on « compte » pour lutter contre la domination intellectuelle.
      Ce qui me frappe ici, c’est que quelqu’un qui demande à débattre en soit aussi peu capable. Je n’ai pas précisé, mais l’avant-dernier message que j’ai reçu de cette personne a été un étalage rapide de son cv : sciences Po, master à HEC, thèse en neurosciences… C’est d’autant plus pathétique de ne pas pouvoir argumenter, mais peut-être plus encore d’en arriver à utiliser un parcours diplômant pour justifier de ses capacités à discuter sur certains sujets. J’ai d’ailleurs répondu que cela ne m’impressionnait pas et que je n’avais pas besoin de tartiner sur mon propre parcours. Ce qui compte à mon sens est d’être capable d’en tirer quelque chose dans l’échange.
      Y a pas à dire : les diplômes, ce n’est pas l’essentiel 😉 En revanche, le savoir, l’éducation, la formation d’un esprit critique le sont.

  • eva

    Voilà un sujet qui me touche particulièrement et je ne peux qu’être d’accord avec vous deux. La maîtrise du langage permet de mettre à distance les malentendus, les quiproquos, qui quelques fois peuvent déraper et générer de la violence.
    Par contre, je ne comprends pas le rapport avec le rasta balais ? (je ne connais pas le nom exact de cet objet, alors j’emprunte la dénomination que lui donne un copain^^)

    • Cécyle

      Je ne m’étais pas posée la question car j’avais trouvé la photo fort jolie ! « Du balai » ? Isabelle sait être redoutable !! 😉

      • Isabelle

        Ah ! elle est jolie la moustache de mon balai… Voilà ce qui lui arrive quand on veut faire le ménage à « 50/50 » ! C’est bien moins pratique 😉

        • Cécyle

          Le ménage à « 50/50 » ? Hors de question : il y a des choses qui ne se partagent pas ! Je laisse tout à l’autre 😉

          • Isabelle

            Ta bonté te perdra !
            Pourtant, c’est beau de passer ensemble le balai, tes mains posées sur celles de l’autre, les yeux sur les coins et recoins du petit nid douillet abritant les amours mariables… 😉
            Tu préfères quand Roomba travaille seul en ronronnant à tes pieds ?

          • Cécyle

            Oui, j’aime la solitude dans les champs de moutons…

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