Savoir @4

Pour entrer à la grande écoleJe n’aime que rarement le nu en art, le pire étant son prétexte en spectacle vivant, où il est trop souvent un paravent tentant de masquer la nullité du propos par une provocation « d’épate du bourgeois » et le simplisme du racolage des instincts animaux.
Dans mes cours de l’École du Louvre, je ne m’attendais pas à apprécier plus que ça le cours sur le nu féminin. Or, l’intervenante a été d’une intelligence et d’une subtilité épatantes dans ses choix. Son cours portait sur le XIXe et que l’intitulé présentait « entre volupté et vérité ». Elle y a déroulé les approches classiques, mais bien menées et approfondies opposant la glorification symbolique et mythologique à la réalité de la représentation du corps. Son cours s’est achevé sur une toile de Bonnard, Nu dans le bain, où l’artiste a représenté sa femme, Marthe, dans une baignoire. La chargée de cours nous a alors expliqué que l’épouse du peintre souffrait d’une maladie l’obligeant à se plonger une grande partie du temps dans l’eau. C’était donc une vision habituelle de l’artiste dans son quotidien et la représentation est plutôt pudique. Par des indications factuelles, des explications complémentaires sur les échos symboliques dans ses choix formels et un partage de sa vision de l’oeuvre, cette oratrice en a donné à voir une autre dimension.
Voilà un vrai moment de plaisir, où l’Histoire de l’Art prend tout son sens, loin d’une chronologie agrémentée ou d’un catalogue commenté.

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