Savoir @3

Collège de France  En écoutant un des fameux podcasts dont je me délecte intellectuellement, j’ai eu la bonne surprise d’entendre Claudine Tiercelin, ma directrice de mémoire de maîtrise en… 1994. À l’époque, elle avait quitté l’université de Paris 1 pour celle de Tours et j’étais une des deux étudiants l’ayant suivie en s’inscrivant dans la faculté tourangelle uniquement pour pouvoir travailler sous sa direction, privilège exigeant et motivant. Nouvelle surprise : j’ai appris lors de cette émission qu’elle était devenue professeur au Collège de France l’an dernier, reconnaissance de la qualité exceptionnelle de ses recherches et de sa pensée.
J’ai regardé sur le site du Collège des informations sur sa chaire (pas de mauvais jeu de mots, hein !) consacrée à la métaphysique et la philosophie de la connaissance. Autre surprise, le professeur la présentant en introduction de sa leçon inaugurale était Pierre Corvol, titulaire de l’institution depuis longtemps (en médecine) et son actuel administrateur.
Tout ceci m’a plongée dans mes souvenirs. En effet, pour l’anecdote, j’avais soutenu mon mémoire de maîtrise dans le salon de Claudine Tiercelin, qui habitait toujours Paris, nous évitant un trajet à Tours pour l’exercice. J’étais intimidée et elle m’avait mise à l’aise pour cette épreuve que j’avais réussie grâce à ses conseils et sa rigueur. J’ai aussi un jour été invitée dans le salon de Pierre Corvol dont mon frère connaissait le fils, membre de la même troupe scout. Or, les Corvol connaissaient bien l’Australie où j’envisageais un grand voyage et nous avaient très gentiment et simplement reçus pour parler de ce pays.
Je n’y ai toujours pas mis les pieds, car j’ai repoussé ce projet quand j’ai envisagé une thèse, à laquelle j’ai aussi renoncé. Toutefois, j’ai vécu deux moments forts avec deux grands éminents intellectuels français, deux grandes aventures à proprement parlé… en salon.

5 commentaires pour Savoir @3

  • Cécyle

    En première année de Droit à Paris II, j’avais un professeur d’Histoire du droit, monsieur Garrisson, qui m’avait prise d’affection lors d’un « dîner de TD », une soirée affreuse où j’avais partagé un repas aussi arrosé que convenu avec mes « camarades ». Assis en face de moi, il m’avait dit :
    — Permettez-moi, mademoiselle, de vous donner un conseil : regarder les gens dans les yeux.
    Je lui avais expliqué pourquoi je n’en faisais rien et quelques semaine plus tard, il m’avait invitée à boire le thé dans son salon. Épais tapis, fauteuils anciens, tableaux au mur… Je garde le souvenir d’un homme « vieille France » délicieux et d’un appartement d’un grand luxe bourgeois.
    Je n’ai pas renversé mon thé ni n’ai fait d’impair. Ouf !

    • Isabelle

      Oui, ouf ! Mais, ça veut dire que parfois tu sais te tenir ?!… C’est donc exprès que tu renverses ton thé sur mon tapis de classe moyenne ?! Bourgeoise ! 🙂

      • Cécyle

        Exactement ! 😉

  • Isabelle

    Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir, un immense plaisir, de revenir de vacances et voir que j’avais reçu une demande d’ami sur Facebook de… Claudine Tiercelin. J’ai regardé à deux fois, n’en croyant pas mes yeux. J’étais contente et fière, d’autant que je n’ai pas, comme les lecteurs de ce blog peuvent le constater de temps en temps, abandonné la philosophie.
    Pendant mes quelques jours de vacances à la campagne en ce mois de juillet, j’ai lu divers ouvrages et articles de philo, dont une critique de son dernier livre, que j’ai mis sur ma liste de prochaines-lectures-d’après-les-concours.
    Ce plaisir n’est pas de la nostalgie, car je ne regrette pas la période où j’étais une étudiante plus mal dans sa peau qu’aujourd’hui. C’est plutôt de l’émotion que ce contact avec quelqu’un que j’admire profondément intellectuellement et humainement, quelqu’un qui m’a permis d’avancer dans la réflexion grâce à sa rigueur et ses qualités pédagogiques, quelqu’un qui m’a donné un goût irremplaçable pour la philosophie analytique, moi qui avais choisi la philosophie après la lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra l’été (déjà !) précédant mon année de terminale.
    D’ailleurs, voilà encore une anecdote… Dans l’équipe de Claudine Tiercelin au Collège de France, il y a un professeur de philosophie dont l’épouse était ma professeure de philosophie de terminale. J’ai rencontré cet homme une fois, invitée par sa femme à boire un jus d’orange… dans leur salon !

    • Cécyle

      Belle émotion ! Merci Isabelle de l’avoir partagée.

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