Brosse @12

Je marchais avec Caddie derrière un groupe de quatre collégiennes. Le trottoir était étroit. Je ne pouvais pas doubler, en dépit de l’insistance de Caddie — un fonceur dans l’âme ! Les jeunes filles devisaient sur la demande forcément impossible d’une professeure à l’égard de l’une d’elles.
— Tu t’en fous ! On s’en bat les couilles.
Les roulettes de Caddie n’ont fait qu’un tour, le restant étant assuré par mes oreilles.
— Je te dis ! On s’en bat les couilles !
J’ai songé alors que, « de mon temps » de collégienne, on devait bien avoir des formules tout aussi vulgaires… Pourtant… Doit-on considérer que l’introduction de génitoires dans le langage des jeunes filles correspondrait à l’appropriation du pouvoir qui leur est couramment associé ? Oh ! qu’il serait doux que le féminisme ait ainsi gagné une bataille… et tant pis si le style est poissard ; cela va si bien à… non ! Pas de clichés sexistes ! Ce serait indigne de ce blog.

2 commentaires pour Brosse @12

  • Alex

    J’ai une jeune collègue qui, « féminisme oblige », transpose l’expression en disant « je m’en bats les ovaires » …. Je n’ai jamais su qu’en penser !

    • Cécyle

      Je suis dans le même cas que toi. Cette expression ne m’est pas très parlante, sans doute parce que nos ovaires, on ne les voit pas quand on se regarde les abatis ! 😉
      Ce qui est surprenant, c’est que les ovaires aient été choisis, plutôt que les seins, « attribut » féminin, encore plus visible que les couilles. « Je m’en bats les nichons » auraient pu faire une bonne alternative. Alors pourquoi les ovaires plutôt que les nichons ? Voilà un bon sujet de thèse en science du langage anti-sexiste !

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