Aïe ! @5

Code du travail DallozDeux grands thèmes de société ont été soulevés ces dernières années : la prise en compte de la douleur dans la maladie et celle de la souffrance au travail. On parle rarement de la souffrance dans le premier cas et encore moins de douleur dans le second. Pourtant, ils renvoient l’un à l’autre. La souffrance est un état où l’on ressent de la douleur (sensation ou émotion pénible).
Je m’interrogeais sur la façon dont ces mots ont pris leur place dans ces expressions et ces contextes. J’en suis venue à me dire que c’est parce que c’est leur juste place.
La douleur est un ressenti, si la médecine ne peut soigner le mal, elle peut apporter des soins palliatifs (venant du mot latin signifiant « dissimuler »). Il n’y a plus d’antidotes, de solutions, plus de remèdes. On peut soulager, atténuer, mais pas supprimer la douleur. On peut seulement la mettre à distance en changeant l’état de conscience du malade. La douleur est là, on n’occulte juste la souffrance.
La souffrance est un état dans lequel on souffre, c’est-à-dire que l’on ressent une douleur. Or, c’est bien la souffrance que l’on prend en charge, pas la douleur. On n’occulte pas la souffrance. Au contraire, on la dit reconnait, la reconnait, la met en avant. C’est par ce biais que l’on s’attaque à la source, c’est-à-dire au ressenti, à la douleur. Il ne s’agit plus de reconnaître une impuissance, mais de considérer que l’on peut agir en annonçant l’effet pour en dénoncer la cause.
Je suis assez agacée par l’utilisation d’expressions ou de mots à tout bout de champ. « La souffrance au travail » est devenue un leitmotiv parfois vide de sens dans les médias. Quand j’ai pris conscience de l’intérêt du distinguo que j’ai tenté de préciser ici, j’ai trouvé bien plus de sens à la formule. Reste que trop souvent, les solutions restent à inventer ou parfois tout simplement à mettre en place.

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