Tonton @11

J’étais, mercredi 7 mars 2012, au meeting d’interpellation des candidats à l’élection présidentielle initié par quarante organisations féministes. Un grand moment militant ! Une belle soirée de mobilisation comme je n’en avais pas vécu depuis bien longtemps — le Bourget, 1988… « Jaurès, Blum, Mitterrand ! »… Je m’égare !
Pas tant que cela. Parmi les candidats présents, François Hollande était le plus attendu. Jean-Luc Mélanchon a été le plus « dragueur », Éva Joly la plus technique, Philippe Poutou le plus débonnaire et François Hollande le plus… Démago ? C’est en tout cas ce que j’ai crié, dans le feu de l’action, avant de récupérer à mon profit les encouragements de deux dames derrière moi : « François président ! », hurlaient-elles et je couvrais le « président » par « Mitterrand », ou le « François » toujours par « Mitterrand »…
Voilà pour l’amusement.
Au fond, Françoise Hollande n’avait pas grand-chose de novateur à dire, récupérant pour l’occasion le discours féministe du PS que l’on n’avait pas entendu depuis… Yvette Roudy. Elle était d’ailleurs dans la salle, longtemps applaudie avant l’arrivée de son champion, et pendant : les trublions dans mon genre profitaient de la moindre référence à une femme par François Hollande pour l’interrompre en scandant le prénom de celle-ci ; « Ségolène ! Ségolène ! » ; oui, j’ai osé.
À la fin de son intervention, François Hollande s’est levé et est venu sur le devant de la scène, invitant les femmes du PS présentes (les plus connues) à le rejoindre. Yvette Roudy était du lot. Il lui a donné le micro, savourant les bravos qui accompagnaient son geste. Elle a tout de suite orienté son propos improvisé sur les violences faites aux femmes, dénonçant leur multiplication, « dans les banlieues », les « voyous »… On n’a guère entendu la suite. Le dérapage a tout de suite été couvert par une salle qui, cette fois, criait fort plus par « protection » que par « indignation », sentant le dérapage venir, souhaitant, par respect pour la grande militante, l’arrêter au plus vite.
Ouf ! On y est arrivés. Yvette Roudy n’a pas eu le temps de dire les horreurs que l’on pressentait. François Hollande a repris le micro, bafouillant un à bientôt assez gêné. Gageons que ceci lui apprenne à ne pas trop instrumentaliser les égéries sur le déclin. Quant à Yvette Roudy, il ne lui reste même plus Lisieux pour pleurer. Tant pis.

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