À table ! @3

Meuh !J’avais en tête une image très nature du salon de l’agriculture. Un espace où les petits Parisiens découvrent les vaches, leur taille, leurs couleurs, leurs odeurs… Je n’avais pas mis les pieds dans ce salon depuis une visite scolaire, dont j’ai un tel vague souvenir que je ne suis plus très sûre qu’il corresponde à la réalité. L’occasion se présentant d’y aller en compagnie d’une ingénieure agronome, j’ai suivi la transhumance des nombreux visiteurs jusqu’à la porte de Versailles.
Bien sûr, c’est aseptisé et propre (ouf), on n’est pas à la ferme. Il n’y a pas non plus trop de folklore paysan. Mais ma plus grande surprise a été de constater l’omniprésence des marques. Non pas des marques de vaches, car on dit plutôt races et il y en a pas mal, et toutes les bêtes ne sont pas marquées au fer. Je parle bien des enseignes commerciales.
Cela commence dès le métro avec l’ensemble des panneaux publicitaires achetés par un grand groupe de distribution gérant hypermarchés et maintenant supermarchés. Dès l’entrée du pavillon 1, le plus couru avec les animaux de la ferme, on tombe aussi sur l’affichage d’une marque d’œufs.
Les braves bêtes sont entourées de stands : de syndicats paysans, je comprends, mais de distributeurs de viande, voire de producteurs de laitages ou d’une chaîne de restauration rapide. L’emplacement est un des plus grands, avec quizz sur les huiles utilisées pour les frites et autre propagande pseudo nutritionnelle pour ses hamburgers, pardon « un parcours d’information, à la fois ludique et pédagogique, sur ses bonnes pratiques environnementales et qualité par filière », avec l’animation par des représentants des fournisseurs. Il y a même la possibilité de devenir « témoins qualité » pour suivre pendant une journée le périple de produits de la ferme au restaurant en passant, j’imagine, par l’usine et échanger avec tous les bons petits soldats à la solde du grand clown. Ces mêmes fournisseurs pouvant avoir leur propre stand pour expliquer la production de frites industrielles, films avec logo à l’appui.
Et le succès est au rendez-vous. Une longue file d’attente, la plus longue, se tenait devant l’autre des plus grands stands, celui d’un grand groupe agroalimentaire, pour une distribution d’un petit sac avec logo de la marque contenant des produits gratuits. « Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée » : quand les yaourts tombent du ciel mercatique, les enfants n’ont plus d’yeux pour les bestiaux. Comme Perrette avait perdu sa fortune rêvée, j’ai encore un peu plus perdu de naïveté.

7 commentaires pour À table ! @3

  • Cécyle

    Il est où mon « petit sac » ? Car si tu ne me l’as pas ramené, tu y retournes fissa ! Un samedi, que du bonheur ! 😉

    • Isabelle

      Tu veux que je joue les moutons de Panurge en me noyant dans le troupeau ? Diantre, t’es vache ! 🙂

      • Cécyle

        Tu sais comment je suis… Toujours en quête de preuves d’amour ! 😉

        • Isabelle

          Et un yaourt industriel serait plus une preuve d’amour qu’un gâteau maison ? Bouh ! 🙁

          • Cécyle

            Ben, oui, je mets de la cannelle dans mes yaourts maison ! 😉

          • Alex

            Quand je fais des yaourts maison (si si ça m’arrive ;-)), je fais un lot nature et un lot extrait de vanille : tip top !
            Je conseille d’ailleurs comme yaourt de base les délicieux yaourt de la ferme de Grignon, qui avait d’ailleurs un stand au Salon de l’Agriculture, mais difficile à trouver car tout petit et coincé entre les stands des géants de l’agroalimentaire…

          • Cécyle

            Alex, on voit que tu sais parler aux filles qui n’aiment pas la cannelle ! 😉

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