Ailleurs @6

Non loin du Pic de BernadezJe vous ai narré mon aventure de perdition en montagne, évoquant rapidement mon retour sur les bonnes traces sans plus de détails. Retrouvant un sentier, j’étais arrivée dans un hameau et j’avais rencontré une femme âgée, ne sachant pas m’aider, mais appelant des hommes à la rescousse. Elle me mena à une table où deux autres femmes discutaient puis arriva le mari de l’une d’elles.
Henri se présenta et m’indiqua comment retourner à ma voiture. J’avais fait un gros détour et je devais remonter un col où j’étais passée pour reprendre la bonne vallée. En discutant, il évalua qu’à mon rythme les trois heures de marche me permettraient d’arriver avant la nuit au véhicule. En quelques minutes, je me retrouvai avec un ravitaillement en eau, la photocopie couleur du sentier de la vallée où j’étais que je n’avais pas, et sur leur insistance, un paquet complet de barres de céréales. Nous aurions pu parler encore un moment, mais les femmes pressaient Henri de me laisser partir, inquiètes que je n’arrive pas avant la tombée du jour à ma destination. Il me reconduisit par un chemin réempierré avec d’autres habitants dans le cadre d’une association du hameau et je partis avec gratitude et reconnaissance.
Au final, j’atteignis la voiture alors même que la nuit tombait, après avoir mangé quelques barres et croisé des marmottes et un renard pour finir en beauté la journée.
Revenue à Paris, j’envoyais un mot aux bons soins du facteur pour Henri dont je ne connaissais pas le patronyme, avec juste l’indication de l’association dont il faisait partie et le nom du hameau dont j’avais trouvé le rattachement à une commune et donc le code postal correspondant. Comme nous avions parlé de Paris et du musée où je travaillais, j’avais joint des invitations au cas où ils y passeraient…
Je reçus avec plaisir une réponse des semaines plus tard. Henri et son épouse, Jacqueline comme le l’appris, étaient très contents de la lettre et du récit de mon bon retour au gîte, touchés de l’envoi des entrées, et me proposant de loger chez eux si j’avais envie de revenir randonner dans les parages. Ils me racontaient les péripéties du courrier, car c’était un nouveau facteur qui avait eu à le distribuer et ce n’est que grâce à un voisin qu’il était bien arrivé.
J’aurais plaisir à les revoir et en tous les cas, contrairement à Maxime, j’ai eu envie de répondre, même si je ne l’ai pas fait, la lettre n’appelant pas de réponse immédiate. Je ne sais pas si j’oserai accepter leur proposition, mais j’aimerais le faire, sachant quelle gentillesse je trouverais. La simplicité et la spontanéité de la relation à l’autre ont balayé en quelques minutes toutes les émotions encore fortes vécues quelques instants plus tôt.

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