Couperet @1

L’abolition universelle de la peine de mort fait partie des causes qui me remuent les tripes et chaque fois que j’apprends l’exécution d’un condamné, je suis triste et en colère pour mon humanité. Je tiens cela notamment de Sacco et Vanzetti, film que j’ai vu jeune. Comment ne pas être profondément touché quand la caméra prend la place du condamné et que le masque de la chaise électrique vous couvre le visage ? Je ne sais pas. C’est comme chaque fois que je suis placée face au viol d’une personne ; c’est dans ma chair que je ressens la violence de l’acte, que je le partage, que je le porte, comme si cette personne violée ou ce condamné exécuté c’était moi.
Récemment, je me suis mobilisée contre l’exécution de Hank Skinner ou celle de Troy Davis. Dans ces deux affaires, les condamnés ont plaidé leur innocence pour demander la grâce. Cet argument a été largement repris par les organisations militantes contre la peine de mort. Il est très efficace, de prime abord : qui ne s’émouvrait pas que l’on exécutât un innocent ? Le hic, c’est qu’être contre la peine de mort, c’est s’émouvoir que l’on exécute un coupable ! On ne peut en effet être contre « à demi », dans les cas qui nous arrangent. Prenez un certain M K… Je m’égare !

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